Nucléaire : pour la piscine de Belleville/Loire, Nicolas Hulot n’est pas au courant de tout

En réponse à un député de l’Yonne, le ministre de la Transition Écologique et Solidaire a précisé qu’il sait qu’un projet de piscine existe, qu’il sait aussi que plusieurs suites sont retenus et a précisé que les autochtones seront les premiers prévenus. Mais, que finalement, il n’est que ministre et c’est EDF qui choisit…

L’association Sortir du Nucléaire a déjà fait le jumelage !

Voilà quelques semaines on apprenait par le journal local, La Voix du Sancerrois, que la centrale de Belleville-sur-Loire, déjà installée sur une superficie de 170 hectares, avait étendu sa réserve foncière après qu’une « superficie importante de terrains ait été à vendre autour de la centrale ».  Des agriculteurs et EDF se seraient ainsi répartis les parcelles. Pour le service com du site « l’acquisition de terrains fait partie d’un processus à plus long terme que l’échéance de l’éventuel projet de piscine ». Ce peut être aussi un moyen d’augmenter la zone de sécurité afin d’interdire l’approche d’éventuels zadistes.

La piscine intéresse trois départements et deux régions, au moins

Une piscine sous la pluie pour la Printemps de Bourges.

Si l’emprise de la centrale se situe bien sur les communes de Belleville/Loire et de Sury-près-Léré, elle se trouve à la limite de trois départements, le Cher, le Loiret, en Région Centre-Val de Loire, et la Nièvre, tandis que l’Yonne n’est qu’à quelques encablures, pour la région Bourgogne-Franche Comté. Une situation géographique idéale pour les projets d’installation d’une nouvelle « piscine » du fournisseur d’énergie. D’autant que la structure possède des conditions d’accès facilitées par un réseau ferroviaire à proximité. Une situation qui peut permettre, si nécessaire, aux députés des trois départements concernés de s’intéresser de près au projet, qu’il existe sur ce site là ou pas. Comme ses collègues du Cher et du Loiret ne semblaient pas trop vouloir s’embarquer sur le sujet, c’est le député LR de l’Yonne, Guillaume Larrivé qui a posé une question, la n°6784, au ministre de la transition écologique et solidaire à la fin du mois de mars dernier. La réponse est parue au journal officiel voilà quelques jours et, le moins que l’on puisse dire c’est qu’on n’apprend rien de nouveau… Une réponse qui ne pouvait pas altérer la mobilisation prévue par les comités de soutien à Bure et les associations du réseau Sortir du Nucléaire du Centre de la France qui avaient décidé d’organiser un premier grand événement en opposition « à ce maillon supplémentaire de la farce du nucléaire français », baptisé « Tchernoville-sur-Loire ». La manifestation a duré quatre jours (le long week-end du 1er mai) et s’est déroulé dans plusieurs communes du Cher et de la Nièvre : Bourges, avec une intervention sur le Printemps musical, Neuvy-deux-Clochers, Belleville-sur-Loire… Le but se voulait simple : informer, alerter et mobiliser la population autour de la filière nucléaire et ses conséquences selon Catherine Fumé, la représentante de l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye.

Une information en temps utile

1er mai 2018 à Belleville

Quant au député Guillaume Larrivé demandait au ministre d’État « de lui indiquer si, comme la presse en évoque l’hypothèse, il existe aujourd’hui un projet de création d’un site de stockage de déchets radioactifs à proximité de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, voisine de la Puisaye-Forterre ». L’élu ajoutait regretter l’opacité de la communication d’EDF qui ne confirme ni n’infirme cette hypothèse et appelait solennellement l’entreprise à faire preuve de transparence.
La parution au journal officiel a quelque peu tardé mais « Il existe un projet de construction d’une installation d’entreposage sous eau du combustible nucléaire usé issu du parc nucléaire d’EDF, dans l’attente de son retraitement à l’usine d’Orano La Hague. Ce projet répond au besoin, identifié par le Gouvernement et l’Autorité de sûreté nucléaire dans le cadre du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, de nouvelles capacités d’entreposage des combustibles usés à l’horizon 2030. Cette installation étant encore au stade d’étude, plusieurs localisations sont pressenties par EDF sans pour autant que le choix soit fixé à ce jour. Ainsi, l’information relayée dans la presse récemment ne peut être considérée comme définitive, l’électricien n’ayant pas arrêté la localisation de son projet. De plus, conformément à l’ordonnance du 3 août 2016, ce projet devra faire l’objet d’une consultation du public dont le format sera défini par la Commission nationale du débat public. Le public sera donc informé en amont du projet et aura l’occasion de s’exprimer dans ce cadre ». Une ordonnance qui porte sur la réforme des procédures destinées à assurer l’information et la participation du public à l’élaboration de certaines décisions susceptibles d’avoir une incidence sur l’environnement, rien de plus.

Comme nous l’indiquions dans un précédent article, à l’heure actuelle, la Centrale comporte deux tranches du type REP d’une puissance de 1300 Mwe. La première, selon l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) constitue l’installation nucléaire de base n°127 alors que la deuxième constitue l’installation nucléaire de base n°128. L’espace libre actuellement est déjà suffisant pour intéresser le producteur-fournisseur d’électricité EDF après avoir lancé des études de faisabilité, au niveau national, pour la construction d’une nouvelle piscine « d’entreposage centralisé ». Les surplus de La Hague pourrait y être entreposés. Entre 6000 et 8000 tonnes de métal lourd irradié soit plusieurs dizaines de cœur de réacteurs nucléaires pourraient se retrouver à baigner en bordure de Loire, au pied du piton de Sancerre et des ses vignobles. Des déchets qui seraient essentiellement du combustible MOX, pour Mélange d’OXyde de plutonium et d’OXyde d’uranium. Un produit à très importante radioactivité qui dégage une forte chaleur. Le problème de ce combustible, après son utilisation en centrale nucléaire, c’est qu’il met dix fois plus de temps à refroidir qu’un combustible classique (50 ans contre 5 à 8 ans) et que, actuellement son retraitement ne semble pas suffisamment rentable.

Fabrice Simoes

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