Rétro : prendre la poudre d’Escampette, avec Guillemette Garcia

Insolite, original, surprenant, amusant : voilà comment on pourrait définir en quelques mots une « murder party », jeu de rôle grandeur nature, sorte de cluedo géant pour adultes, mais pas seulement. Guillemette Garcia, qui a plus d’un tour dans son sac (à malice) a décidé d’en faire son activité principale. Elle a créé l’agence « Escampette ».

(c) Louis Defer

Guillemette Garcia est un couteau suisse : elle sait faire plein de choses de ses dix doigts. Mais cette fée moderne qui n’aime rien tant que d’endosser des rôles comme les costumes d’époque pour faire vivre des aventures à des joueurs lors de « murder parties » qu’elle concocte ne se contente pas de rester au logis. Elle gamberge, sans cesse, et tourne dans son cerveau en ébullition des idées de scénarios, qu’elle construit parfois à partir d’un rien. « Cela peut être un objet aperçu comme ça, au hasard de recherche ou de balade ». On imagine sans peine qu’en la lâchant dans une brocante ou chez un antiquaire, elle ferait un malheur. « Et encore, je me retiens, faute de place chez moi ! » dit-elle en levant les yeux au ciel. « Une murder party, c’est un jeu de rôle grandeur nature, les participants sont transportés dans une autre époque, un autre univers, ils jouent un personnage, pour mener une enquête et résoudre une énigme ». En général, un crime, qui va avoir lieu ou qui vient d’avoir lieu. À l’époque des « escape game », ces jeux de rôles grandeur nature ont aussi le vent en poupe, comme si l’omniprésence de gadgets technologiques et connectés n’avaient pas fait disparaître chez les adultes le plaisir d’enfant de résoudre des enquêtes…

Mourir de peur, et de rire

Guillemette Garcia.

Cette touche à tout – un peu comédienne, un peu graphiste, un peu communicante, un peu décoratrice – a passé quelques années en famille aux États-Unis avant d’arriver à Blois, il y a 8 ans. Chez l’Oncle Sam, elle a découvert et expérimenté ce côté « fun » des grands enfants que sont les Américains. Ce qui nous manque un peu, chez nous… « Ils savent s’amuser et ne partent pas de l’à priori que le jeu serait avant tout pour les enfants, et les adultes auraient leur monde » explique-t-elle. Elle découvre aussi naturellement Halloween, et les maisons hantées. Pas les maisons hantées de chez nous, dans des camions de fêtes foraines avec des bonshommes verts édentés, ensanglantés et les toiles d’araignées pendues au plafond. Non, les vraies maisons hantées américaines, « de vrais parcours théâtralisés, l’émotion générée est puissante » reconnaît-elle. Des trucs à mourir de peur, mais aussi de rire. « Je me suis dit que je voulais faire ça ! », s’amuse-t-elle.

Particuliers, groupes de copains, cousinades, team building…

(c) Louis Defer

Retour en France, ses valises posées à Blois, elle s’active un peu comme animatrice pour jeune public, un peu comme chargée de communication. Elle cherche surtout du travail mais n’en trouve pas : « pour un poste intéressant, au moins 150 postulants. Je me suis dit que j’allais créer moi-même mon activité ». Son fil rouge : le côté manuel, « qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que je ne sais pas faire ? Qu’est-ce que je ne veux pas faire ? » dit-elle méthodiquement. « J’ai créé un scénario, je l’ai testé avec des amis, et c’était parti ». Un site Internet plus tard (www.agenceescampette.com), Guillemette Garcia crée début 2017 l’agence Escampette, fait ses premiers devis, et anime ses premières « murder parties » dans le Loir-et-Cher. Pour les particuliers, les groupes de copains (et copines) mais aussi pour les très tendances team building dont sont friandes certaines entreprises pour souder la cohésion de leurs équipes, tout en s’amusant.

Elle propose deux scénarios : un plutôt classique, se déroulant dans les années 20 à la Nouvelle-Orléans, années de prohibition. L’autre au milieu du XIXe siècle, chez un savant qui tient salon pour présenter ses inventions devant un public béat d’admiration. Guillemette participe à ses propres jeux : soit « en mettant des battons dans les roues à ceux qui vont trop vite ou sont trop forts, soit en stimulant ceux qui peineraient ». Surfant aussi sur la vague escape game (lire ici), elle organise aussi pour adolescents mélangés aux adultes une murder party-escape game, avec un scénario basé sur le Dia de los muertos mexicain. « Ça se joue en équipe et c’est coopératif, le but du jeu c’est d’en sortir » explique celle qui met de 3 à 6 mois pour ficeler un bon scénario. Le prix moyen dépend à la fois du lieu, du nombre de participants, mais oscille – pour des particuliers – entre 40 et 60 € pour environ 3 heures de jeu. Guillemette Garcia est également à la recherche de lieux où organiser de nouvelles murder parties, « si des gens ont des lieux qu’ils souhaitent faire vivre, qu’ils me le disent ! ».

F.Sabourin

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