Le Festival de caves à Orléans, en toute intimité

Depuis vendredi 11 mai, le festival de caves a posé ses valises à Orléans. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Normal, ce festival qui existe depuis plus de dix ans joue dans la discrétion et se fait connaître par le bouche-à-oreille. Le principe est un simple, il s’agit pour des comédiens de jouer leur pièce dans la cave d’un particulier. Une expérience unique qu’a vécue Magcentre dimanche dernier.

Avec le festival des caves, si le spectateur sait quelle pièce il va voir, ce n’est que le jour même qu’il connaît l’endroit où elle est jouée. Alors le dimanche 13 mai, c’est petit à petit que les gens sont arrivés chez Luc-André, un peu avant 20h. C’est la troisième fois que sa cave accueille un spectacle du festival et cette année, elle est pleine. Près de 20 personnes ont réservé leur place pour « La Méduse démocratique » de Anne Monfort, une pièce de réflexion sur ce que doit être une démocratie.

Un festival itinérant de deux mois

Régisseur depuis quatre ans au festival, Hugo Dragone guide les spectateurs vers la cave : la pièce va commencer. « Le festival de caves, c’est un rythme de travail très soutenu pour les comédiens et toute l’équipe, explique-t-il. Pendant deux mois, du 4 mai au 30 juin, on présente vingt-quatre créations dans cent villes de France. Cent tout rond cette année, c’est la première fois ! »

Inventé il y a treize ans à Besançon, le festival de caves ne cesse de se développer tout en restant fidèle à son concept : du théâtre souterrain avec des créations uniques. Et c’est la cinquième année qu’il passe par Orléans et désormais Olivet. C’est en tombant, en 2014, sur un reportage parlant de ce festival itinérant pas comme les autres qu’Eric Santailler a eu l’idée d’appeler l’équipe, pour venir les faire jouer dans sa cave. Cinq ans plus tard, grâce au bouche-à-oreille, le festival commence à trouver son public et joue trois pièces différentes à Orléans et Olivet, sur cinq dates. 

Le concept de l’hospitalité

Dans ce festival, un lien particulier se noue entre le public et les comédiens. C’est d’ailleurs ce qui plait à Damien Houssier, qui joue ce soir seul et endosse le rôle de Robespierre. « J’ai commencé le festival de caves en 2012, raconte-t-il, en tant que metteur en scène d’abord, puis en tant qu’acteur. C’est un concept tellement fort ! Jouer en souterrain, chez des gens, ça permet de remettre au coeur du théâtre l’hospitalité, qui est une valeur essentielle. » Une vingtaine de dates est prévue pour « La Méduse démocratique » cette année et lorsque l’équipe est dans une ville éloignée de son épicentre (Besançon), elle reste coucher chez le particulier. « On dort chez la personne qui nous ouvre sa cave », confirme Damien Houssier en souriant. Un festival humain en somme, qui permet les rencontres.

Un manque de publicité

Pour l’heure, la pièce est finie et le public est conquis. Tout le monde se retrouve dans la cour, autour d’un apéro improvisé pour discuter de la pièce. C’est la troisième année que Jacques vient et pour lui, «  c’est la proximité avec l’acteur qui rend le moment touchant ». Il a particulièrement apprécié la pièce de ce soir, « la meilleure représentation » depuis qu’il assiste au festival. C’est le même son de cloche chez Anne-Sophie, pour qui c’est la première fois : « C’est ma première année donc c’est une découverte totale. Et j’ai adoré ; avec ce spectacle, je suis plus que convaincue ! C’était très prenant, du fait de la proximité avec le comédien ». 

Pourtant, tous font le même constat, il n’y a pas assez de publicité autour de l’événement. La plupart des spectateurs sont des amis de Luc-André, le logeur du soir. « En fait, ça reste assez confidentiel, constate Muriel. Il n’y a aucune publicité, il faudrait en parler plus. Il faut peut-être qu’on se mobilise et qu’on en parle autour de nous. » 

Et à MagCentre, on est plus que d’accord pour dire qu’un festival aussi chaleureux et unique, ça se partage !

Valentine Martin

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