La Région demande au tribunal l’expulsion des SDF qui campent chez elle

C’est une procédure en référé qu’a demandée le Conseil régional pour l’expulsion des SDF qui campent depuis des mois sous les arcades de l’Hôtel de région, près de la cathédrale à Orléans. Pour la bonne cause.

Le “campement” des SDF sous les arcades régionales.

A l’origine, un homme dont la grande silhouette est devenue célèbre à Orléans où il erre, barbu, en haillons et guitare à la main. Il avait élu “domicile” depuis des années dans son refuge précaire, mais à l’abri de la pluie. Depuis quelques temps, il a  été rejoint par un groupe de cinq ou six SDF, qui se sont installé à leur tour sous les arcades.

Pourquoi cette procédure judiciaire dès lors qu’Orléans est pourvu d’un arrêté anti-bivouacqui a fait couler tant de litres d’encre? Tout simplement parce que ces arcades, tout comme celle du Musée des Beaux arts, de l’autre côté de la cathédrale où des SDF se sont aussi installés, ne fait pas partie du domaine public. Bien qu’il soit la propriété d’une collectivité publique, l’Hôtel régional et ses arcades sont un lieu privé. En vertu de quoi la police municipale (ou nationale) ne peut faire jouer l’arrêté anti-bivouac pour expulser ces SDF. Ceux-ci bénéficient d’un suivi des associations mais selon des témoignages ils refusent de quitter leur campement de fortune. L’administration régionale a tenté de négocier mais rien n’y a fait.

Ces personnes en détresse vivent dans des conditions d’hygiène précaires et se mettent en danger. Mais la seule procédure qui permette au préfet d’intervenir et de les faire transférer dans les locaux d’une association comme l’AIDAPHI ((Association Interdépartementale pour le Développement des Actions en faveur des Personnes Handicapées et Inadaptées), c’est celle du référé. Ce sera donc chose faite le 30 mai devant la tribunal administratif d’Orléans qui jugera donc cette “demande d’expulsion des occupants de l’espace situé sous les arcades de l’Hôtel de la région Centre”. 

Ch.B

Commentaires

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  1. D’un côté les grosses limousines à cocarde et les camionnettes de traiteur, de l’autre la misère sociale presque choisie, que l’on ne veut pas voir sur ces lieux très touristiques.

  2. Cela ne fait effectivement pas très propre… enjamber des couvertures sales pour aller au dernier cocktail de la région, c’est dérangeant.
    Moins ironiquement, expulser les gens c’est une idée mais ouvrir des centres pour les accueillir en est une autre (même si ils répondront que ce n’est pas de leurs compétences ! on connaît le discours).

    Actuellement, à Orléans, de très nombreuses personnes dorment dehors, et notamment des familles avec enfants depuis la fermeture “estivale” des centres d’accueil d’urgence (qui étaient déjà saturés tout l’hiver et ne pouvaient répondre à toutes les demandes).
    Le problème n’est donc pas l’application de l’arrêté anti-bivouac mais l’absence de politique au profit des plus démunis (lié à une négation des problèmes de santé physique et mentale) qui mène ces gens à la rue.
    Un peu de cœur messieurs, mesdames…

    • Pour INFO
      *******************
      Au Coeur De La Rue
      Publié par Annick Berneau · 18 mai, 18:09 ·
      Copie du courrier qui sera remis à M. CARRE, Maire d’Orléans, au Nom de l’association ” AU COEUR DE LA RUE ”

      Vous pouvez faire circuler ce courrier le plus possible, des personnes dormant dehors ont besoin de vous.
      Par contre je n’autorise pas de récupérer ce document pour des raisons politiques !

      Mon document a été corrigé par un Professeur Marocain, au Maroc et qui enseigne le Français.

      Ses yeux sont plus fiable que les miens … Je le remercie pour cette aide amicale.
      **************
      Olivier CARRE
      Maire d’Orléans
      Mairie –
      Place de l’Etape
      45000 ORLEANS

      Saint Jean de Braye le 08 05 2018

      Objet : Interventions de votre service de nettoyage auprès des Sans Abris

      Monsieur Le Maire,

      Notre association se permet d’intervenir auprès de vous pour un problème récurrent concernant les interventions de votre service de nettoyage, auprès des Sans Abris Français et aussi des Sans Abris Réfugié(e)s, qui dorment dans la rue, par manque d’hébergements.

      Lors des interventions, qui se font souvent, durant l’absence des personnes, les couvertures, les papiers personnels ainsi que les vêtements, sont jetés ou détruits.

      Cette consigne est fortement dangereuse autant pour les Sans Abris Français mais encore plus auprès des Réfugiés et nous allons vous expliquer pourquoi :
      1) Au niveau des documents importants :
      a) Un français pourra, avec plus ou moins de difficultés, les faire refaire.
      b) Un Réfugié ne pourra jamais les faire refaire car la majorité des personnes, ont fui leur pays pour
      des raisons politiques ou persécutions religieuses.

      Dans ces cas -là, ils ou elles, ne pourront jamais donner les preuves de leurs vécus, pour justifier
      une demande d’asile et cela, quelque soit le pays où on les enverra car le pays d’origine
      refusera leur demande de Duplicata.

      Sur le plan psychologique, votre service détruit une partie de l’histoire de ces Personnes.
      Ce qui est détruit était nécessaire pour leur équilibre psychologique et pour savoir qu’ils existent aux yeux du Monde … Si on détruit une partie de leur Histoire personnelle, on les tue intérieurement, en les laissant vivants.

      Par la destruction de documents, votre service contribue à la maltraitance d’êtres humains et à en faire des exilé(e)s à vie, qui seront vivants, mais qui n’existeront pour personne et seront à la merci des esclavagistes modernes, aussi bien en France, qu’ailleurs.

      2) Les couvertures:
      Que ce soit pour des Sans Abris Français ou pour des Sans Abris Réfugié(e)s, il devient de plus en plus difficile de se procurer des couvertures pour les aider à dormir dehors afin de les protéger des variations climatiques.

      Si les Sans Abris Français refusent de se rendre dans des centres d’hébergements pour dormir, ( pour des raisons légitimes, que nous ne citerons pas dans ce courrier ), les sans Abris Réfugié(e)s ne demandent pas mieux que de se rendre dans un lieu d’hébergement, même si ce n’est que pour la nuit, afin de dormir en sécurité (en principe).

      Nous vous rappelons, Monsieur le Maire, qu’actuellement, le 115 est incapable de loger tout le monde, donc il faut avoir une certaine souplesse vis à vis des personnes qui dorment dehors, quelle qu’en soit les raisons,

      Il faut être logique, les couvertures sont vitales et nous autres, associations, avons du mal à en récupérer, alors pourquoi jeter les couvertures (sauf s’il s’avère que l’état le justifie) ?

      En agissant ainsi, les personnes tombent malades et elles engorgent encore plus les URGENCES, à cause des conditions de variation de la météo .

      L’humidité, quel qu’en soit l’origine : dû au lever du jour ou à la pluie, contribue à fragiliser le corps mal nourri et en défenses immunitaires en régression.

      Les couverture d’Urgence données par le SAMU SOCIAL, ne réchauffent pas la personne car, la nuit, elles glissent sur le corps et la personne n’est plus protégée ,

      Elles ont une utilité pour protéger de l’humidité qui monte du sol mais c’est tout … Ou, quand les personnes sont assises et les portent sur les épaules.

      A partir de ce jour, notre association, par ma présence, va se rendre le plus possible, auprès des personnes qui se trouvent à côté de l’Église Notre dame des Miracles et ailleurs en fonction des signalements, afin d’apporter un moment d’échange convivial et surtout rappeler l’importance de ne pas laisser un lieu sale, s’ils dorment sur place.

      Nous souhaiterions fortement, que les personnes puissent disposer de 4 jours pour récupérer au moins les vêtements et les papiers.

      Ce courrier est fait dans un optique purement humanitaire et n’a rien à voir avec une question politique.

      Dans l’attente de votre réponse, Monsieur le Maire, veillez croire, à l’assurance des salutations respectueuses de notre association.

      Annick BERNEAU
      Présidente

  3. bien plus facile de levier les leviers de la justice que de travailler sur des propositions d’un traitement humain et digne de nos plus fragiles.Les propositions et je les ai remise en mains propres sont sur les bureaux des décideurs! Et la promesse du président Macron à Orléans? C’est ainsi qu’elle s’exprime. Honteux!Solidarité avec les plus maltraités de la vie!

  4. D’un côté, des élus de régions qui ont pour certains 4000, 5000 ou 8000 € d’indemnités cumulées, et de l’autre, des SDF que la région expulse.

    Elle est belle la charité du PS !

  5. L’administration a tenté de négocier dîtes-vous, mais négocier quoi ? La misère se négocierait ? On ne saurait trop conseiller à ces élus confortablement logés et bien nourris de vivre dans les mêmes conditions, d’entrer en immersion dans le monde des exclus ne serait-ce qu’une semaine !

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