Retraites agricoles : la hausse n’est pas pour tout de suite 

Bis repetita ! Le gouvernement vient  encore de faire échouer au Sénat, l’adoption de la proposition de loi communiste destinée à revaloriser les retraites agricoles dans l’ensemble très petites  dès cette année. Pour ce faire,   il a utilisé un vote bloqué  ce qui, conformément à l’article 44-3 de la Constitution a obligé les sénateurs à se prononcer par un vote unique sur la proposition de loi, amendements du gouvernement compris, qui , entre autre, proposait une augmentation de 27 euros pour les seuls conjoints de chefs d’exploitation. La version gouvernementale du texte a obtenu 22 voix pour, celles des sénateurs LREM, et 252 voix contre.  

Un bras de fer en plusieurs actes

Pour revaloriser les petites retraites des agriculteurs, la précédente majorité avait voté à l’Assemblée un mécanisme simple : faire passer le montant des pensions de 75 à 85% du Smic net. Soit de 871 à 987 euros : un gain de 116 euros dès 2018. Décision qui satisfaisait tout le monde et qui devait être confirmée par les sénateurs pour devenir effective. 

 De son côté, à trois semaines du premier tour, le candidat Macron à la présidentielle promettait aux agriculteurs : «En ce qui concerne les retraites agricoles, à court terme, elles font partie des retraites que je revalorise, d’environ 100 € par mois ». Un court terme que le candidat devenu président n’entend pas transformer en tout de suite, un court terme qu’il étire jusqu’en 2020.

Alors quand le projet de loi se présente une première fois au palais du Luxembourg en mars, le gouvernement dégaine un premier vote bloqué et repousse à 2020  l’augmentation arguant que « l’amélioration des petites pensions agricoles ne peut être envisagée indépendamment des autres évolutions qui affectent notre système de retraite ». « Quand vous êtes retraités, que vous avez une petite pension, 100 euros de plus par mois, ça ne peut pas attendre deux ans, s’était aussitôt indignée Éliane Assassi, élue communiste qui portait  le texte à la  Haute assemblée. Je trouve que c’est d’une mesquinerie sans nom, c’est inadmissible. » Colère partagée par les agriculteurs qui se sentent des laissés pour compte. 

 Une soirée noire

Les  sénateurs communistes et républicains ont souhaité profiter  de leur niche  parlementaire pour revenir à l’assaut. Ce fut ce mercredi 16 mai en soirée dans une séance présidée par le président Gérard Larcher, signe que l’heure était grave et d’importance. Ce fut à la tribune un défilé de sénateurs de tous bords, gauche, droite et centre confondus, parlant de territoires et de leurs concitoyens qu’ils connaissent bien. En vain.

Agnès Buzin

Au banc du gouvernement la ministre de la Santé, Agnès Buzin, faisait le gros dos évitant de répondre ce qui lui valut de la part de Pierre Laurent, député CRC de Paris «  vous avez expédié en 15 secondes votre réponse sans opposer le moindre argument à toutes nos interventions. Tout ce que vous avez fait, c’est afficher votre mépris, mépris pour le monde agricole, mépris pour le parlement. » Il fut rejoint sur cette ligne par  Laurent Duplomb, LR de la Haute-Loire parlant « d’une attitude de mépris à l’égard de la ruralité. Vous avez une attitude tout à fait jacobine » a-t-il lancé à Mme Buzyn. La centriste Elisabeth Doineau, élue de la Mayenne, a ajouté « nous restons convaincus du bien-fondé de ce texte car il y a urgence à apporter un soutien au monde agricole en grande difficulté. Ce texte n’est pas en contradiction avec la future réforme des retraites préparée par le gouvernemen ». Pierre Laurent a conclu « ce vote bloqué est un enterrement de première classe d’une proposition de loi soutenue par tout le monde. Ce fut une soirée noire ».

 Françoise Cariès

Commentaires

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  1. Il n’y a effectivement pas de raison que nos agriculteurs ne soient pas “subventionnés”, y compris pour leur retraite. Et en plus, on leur demande d’augmenter la qualité de leur produits et d’arrêter d’empoisonner les hommes, les abeilles, les oiseaux et insectes avec la chimie.
    Depuis le décès de Xavier Beulin, la nouvelle présidente de la F.N.S.E.A. est totalement inaudible.

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