On ne badine pas avec l’amour chez Bath’art !

Vendredi 18 et samedi 19 mai, l’association étudiante d’Orléans Bath’art (http://www.bathart.net/WordPress/) a joué On ne badine pas avec l’amour, au théâtre Gérard Philipe. Mise en scène par Aurélien Hayot, la pièce d’Alfred de Musset reste terriblement actuelle et nous a permis de découvrir, lors de la première, des jeunes comédiens très investis.

Vendredi soir, la salle du théâtre Gérard Philipe n’était pas pleine, mais le public présent était bien décidé à profiter du spectacle. Pour sa troisième création depuis le début de la saison, l’association Bath’art présentait un classique, On ne badine pas avec l’amour , de Musset.

Une pièce du XIXe siècle parlant d’amour, en 2018, n’est-ce pas un peu déconnecté de la réalité ? A l’heure de Meetic et Tinder, on pourrait penser qu’au contraire de ce qu’affirmait le poète Musset, l’amour et les relations sont pris bien plus à la légère et que la thématique n’est plus forcément d’actualité. Mais ce serait se tromper. Si les façons de trouver l’amour ont changé (et heureusement, car il est ici question d’un mariage entre deux cousins), le sentiment est toujours présent et peut-être encore plus précieux qu’avant.

D’Orléans aux cours Florent

Le jeune metteur en scène, Aurélien Hayot, a d’ailleurs sélectionné cette pièce car elle est universelle. « J’ai choisi On ne badine pas avec l’amour car c’est une pièce qui touche tout le monde. Cela parle d’amour, de déchirure, d’orgueil ; tout le monde vit ça au moins une fois dans sa vie. Cette pièce m’a beaucoup parlée quand je l’ai lu ».

Aurélien Hayot travaille depuis octobre sur la pièce, soit huit mois. C’est la deuxième fois qu’il se frotte à la mise en scène avec Bath’art puisqu’il avait monté l’an dernier la pièce L’Affaire Donovan Mac Phee, de Franck Didier, qui était une enquête policière.

Le jeune homme a d’ailleurs décidé de faire du théâtre son métier, et il suit depuis cette année les cours Florent à Paris. Ancien étudiant en anglais à la fac d’Orléans, sa rencontre avec l’association Bath’art lui a permis de se rapprocher du monde du théâtre et lui a donné envie de sauter le pas.

Un jeu d’acteur efficace

Si pour l’heure Aurelien n’a pas choisi entre la comédie ou la mise en scène, on peut déjà lui reconnaître un talent pour diriger ses acteurs. Sur scène, les neuf comédiens sont habités par leur personnage et donnent de la voix. Et le duo entre Perdican et sa cousine Camille est plus que convaincant. Alors, même si on sent que l’association n’a pas de gros moyens financiers, grâce au jeu des acteurs, le pari est réussi. Après une heure et demie à suivre la relation complexe entre les deux cousins, on assiste impuissant au dramatique dénouement et on garde en tête la célèbre tirade de cette pièce : « On est souvent trompés en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé ».

Et on se dit aussi que, désormais, il va falloir suivre avec attention les créations à venir de Bath’art !

Valentine Martin

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