Orléans : ZAC des Carmes Madeleine, l’UFR Droit-Économie-Gestion dit oui au déménagement

La rénovation de la ZAC (zone d’aménagement concerté) des Carmes rue Porte-Madeleine est un projet d’envergure. C’est en tout cas ce que défend le maire d’Orléans Olivier Carré. Il a conduit une visite exhaustive des lieux pour les médias locaux, faisant passer quelques messages. Bien que le conseil de gestion de l’UFR ait voté favorablement le déménagement dans l’ancien hôpital, le vote n’était que consultatif. Beaucoup de conditionnels planent encore sur ce qui s’installera vraiment dans l’ancien hôpital Porte-Madeleine et quand. C’est le conseil d’administration de l’université qui décidera, in fine, à l’automne prochain.


Le gros projet est l’installation d’un pôle d’enseignement supérieur et un groupe scolaire sur le site de l’ancien hôpital. Et un jardin public de 3.000 m² est aussi prévu d’ici 2019, un lieu qui devrait rendre hommage à Jean Zay. Une maison de santé pluridisciplinaire devrait aussi prendre place dans l’Hôtel-Dieu. « La balle est dans le camp de l’UFR de Droit-Économie-Gestion », disait jeudi 31 mai au matin Olivier Carré maire d’Orléans. L’après-midi, le vote consultatif des 41 membres du conseil de gestion donnait le oui pour le déménagement de l’UFR sur le site Porte-Madeleine à 28 voix, 5 voix contre et 3 votes blancs.

À l’ouest, du nouveau ?

Les premières démolitions ont débuté le 15 mai et concernent deux bâtiments récents, situés le long de la rue Porte-Madeleine. Le désamiantage est en cours dans des bâtiments années 80, notamment l’ancienne maternité et la pédiatrie néonatalité. Ils seront aussi détruits d’ici à la fin de l’année. La chapelle Saint-Charles de Borromée, très abîmée par les affres du temps et des infiltrations d’eau, fermée au public depuis 1993 et propriété de la SEMDO depuis 2017 a été mise hors d’eau, nettoyée et le mobilier de valeur mis sous protection, notamment l’orgue. « C’est une opération stratégique pour le centre-ville » insiste Olivier Carré, « une transformation en profondeur de la partie ouest de la ville ». Autour de la cour carrée intérieure devrait prendre place le programme de logements. Des discussions avec la DRAC sont en cours au sujet des bâtiments, datant de 1830 ; « la cour doit pouvoir rester accessible » indique-t-on du côté de la mairie. « L’UFR Droit-Économie-Gestion a un projet intéressant, inscrit pour une première tranche du contrat de plan État-Région » ajoute Olivier Carré.

Quel projet en plus des bâtiments neufs ?

Côté calendrier, « C’est un projet qui peut aboutir avant dix ans. Le chantier pourrait commencer en 2020, après les diagnostics et les appels à concours. Une ouverture est possible en 2022 ». Tout cela est bien sûr conditionné par la venue du pôle enseignement supérieur, pas encore totalement acquis… « Si on fait ces travaux ce n’est pas pour se faire plaisir. Le travail réalisé par l’Université d’Orléans est intéressant. Avoir une fac de Droit et de Gestion forte c’est un vrai atout. Mais j’insiste aussi sur la vie étudiante » ajoute O. Carré.

Enseignante en histoire du droit, Corine Leveleux-Teixeira indique qu’elle « n’a pas voté contre » l’avis consultatif du conseil de gestion le 31 mai. Mais elle prévient : « ce n’est pas parce qu’on changera de lieu qu’on va devenir plus attractif, plus glamour. Si vous voulez faire venir plus d’étudiants il faut aussi mettre des moyens humains, un projet pensé, construit ». Elle cite l’exemple de l’hôtel Dupanloup, « qui a coûté 13 M€ et qui est une coquille vide. Les locaux de l’université à La Source ne sont pas si mal que ça, c’est très arboré, nous avons des liens facilités par la proximité avec les autres disciplines. Déménager c’est un risque de perdre en substance. La dynamique universitaire forte doit aussi passer par des aides en moyens humains pas seulement par des beaux bâtiments ».

Pas de projet arrêté non plus pour les anciens logements des internes, dans le bas du site autour d’un sympathique jardin avec étage en coursive, qui a un temps eu les faveurs d’une future auberge de jeunesse. Les estimations de départ donnaient 500.000 € de réhabilitation, mais, selon Olivier Carré, « aujourd’hui on n’est à plus de 2 M€ » pour ces 1.200 m² habitables. On se doute qu’un investisseur privé y verrait du bon grain à moudre… « C’est plutôt le plan B » précise le maire. Sans donner, pour l’instant, de plan A.

F.Sabourin

Rue Porte-Saint-Jean : c’est pour bientôt

Dans le quartier Carmes-Madeleine, la rue Porte-Saint-Jean abrite des marchands de sommeil, identifiés depuis un bon moment. 11 immeubles soit environ 200 logements sont promis à la destruction. Ce sera prochainement fait, a indiqué Muriel Chéradame, adjointe à l’aménagement urbain et au logement lors de la visite de la ZAC Carmes-Madeleine le 31 mai. « Tout sera prêt en 2019 ».

 

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