Plus de 1200 personnes pour la Marche Blanche de la santé à Bourges

Les problèmes des services de santé sont devenus récurrents dans l’hexagone. La région Centre-Val de Loire est l’une des plus touchée par la pénurie de médecins et de services hospitaliers. Le département du Cher est sur le devant de la scène pour les revendications après que l’hôpital de Bourges ait enregistré de nombreux problèmes dans son service d’Urgences. Des soucis berruyers qui ont des répercutions sur le fonctionnement des autres établissements du département.

Les personnels soignants étaient en première ligne

Smur fermé temporairement, à Bourges, en mai, les établissements de Saint-Amand et Vierzon qui sont obligés de prendre le relais. Déflation d’effectif à Vierzon. Menaces de fermeture de certain services à Vierzon. Dans la deuxième ville du Cher, à la suite d’une rencontre entre les syndicats, le maire, Nicolas Sansu et quatre médecins avec la directrice de l’agence régionale de santé, mercredi dernier, et la remise d’un mémorandum, l’intersyndicale ( FO, CGT, CFDT et Sud) a lancé un préavis de grève illimité à l’hôpital de Vierzon qui débuterait le 11 juin. « Les conditions de travail difficiles », le maintien de tous les services et aussi les 25 suppressions de postes étaient dans la corbeille des revendications syndicales.

Les élus des villes, du conseil départemental, du conseil régional avaient sorti leurs écharpes, tricolores

Ce lundi 4 juin, une assemblée générale des personnels, au centre hospitalier, est d’ailleurs prévue. Engorgement des urgences dans la première ville … autant de problèmes à répétition pour les services de santé du département. C’est à partir de ce constat que des médecins, soutenus par les organisations syndicales, ont décidé de battre le rappel pour organiser une « Marche Blanche pour l’hôpital public » ce samedi. Si les personnels soignants et les élus, qu’ils soient municipaux, départementaux, régionaux ou nationaux étaient bien présents, on était loin de la mobilisation générale pour ceux à qui devrait profiter de meilleurs services : les patients potentiels. La prise de conscience semble s’être arrêté aux terrasses de café ou devant les troubadours qui déambulaient sur le parvis de la cathédrale Saint-Etienne.

Un message fort envoyé au gouvernement

Pourtant, le message envoyé au gouvernement était clair et fort, relayé par le Conseil régional, qui avait refusé à l’unanimité le 9 avril dernier de valider le Projet Régional de Santé 2, présenté par l’ARS. « La gravité de la situation de notre région impose des mesures fortes et d’importants moyens pour maintenir le maillage d’accès aux soins dans les pôles de centralité. Aujourd’hui, après l’annonce de la fermeture de la maternité de Châteaudun et après la très forte dégradation des services d’urgence dans le département du Cher, force est de constater une rupture d’égalité dans l’accès aux soins au détriment de la population de notre région… »

Prise de parole avant le départ de la Marche Blanche

Même si François Bonneau (PS), le Président du Conseil régional Centre-Val de Loire, a sollicité auprès d’Agnès BUZYN, Ministre des solidarités et de la santé, l’affectation de moyens humains et financiers supplémentaires pour sécuriser et moderniser les hôpitaux de proximité. Même si les trois députés du Cher, Nadia Essayan (Modem), François Cormier-Bouligeon et Loïc Kervran (LRM) ont rencontré Yann Bubien, le directeur de cabinet adjoint de la Ministre des Solidarités et de la Santé, pour lui présenter la situation critique du SMUR et des urgences de l’hôpital de Bourges et décidé le directeur de cabinet à mobiliser l’EPRUS (Établissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires), la structure chargée de maintenir en capacité opérationnelle les éléments de la Réserve sanitaire.

L’opération Loto en faveur des monuments historiques a donné des idées aux manifestants Berrichons

Malgré ces interventions des politiques, la situation était tellement critique qu’un éclairage supplémentaire était voulu par les médecins du Centre Hospitalier Jacques-Coeur.

A Bourges, au départ de la manif, nombreuses étaient donc les écharpes tricolores, ou blanche et bleu, pompons argentés, pompons dorés mélangés. D’Anne Leclerq, vice-Présidente déléguée à la santé et aux formations sanitaires et sociales, accompagnée de plusieurs autres vices-présidents ou conseillers régionaux, à Pascal Blanc, le maire de Bourges, en passant par le maire de Vierzon, Nicolas Sansu (PCF), et une bonne partie des maires des communes du Cher, toutes tendances confondues, on avait rejoint la place Séraucourt plus habituée aux voitures en stationnement qu’à l’affichage de slogans.

Plus de 1200 personnes ont ainsi défilé jusqu’à la préfecture de Bourges, et empruntés plusieurs ryes du centre-ville, pas en silence, mais sans cris et chansons  Presque feutrée, la manif a duré jusqu’à une dernière photo des blouses blanches et des écharpes sur les marches de la « vieille » maison de la culture.

Pas tous sur la même longueur d’onde

Sur les réseaux sociaux la Marche Blanche s’est poursuivie un peu, beaucoup, passionnément. Les questions et commentaires n’ont pas manqué, surtout envers les députés du Cher, présents certes dans les rangs des manifestants mais aussi  dans les travées de l’assemblée nationale lors du vote du budget de la santé …

Beaucoup de slogans sur les pancartes

Nicolas Sansu, se montrait l’un des plus virulents : « Marche blanche pour l’hôpital de Bourges. Comme pour toute marche, les criminels défilent ! Les députés qui ont voté 1,4 milliard d’euros en moins pour l’hôpital public (plfss pour 2018) viennent se plaindre. Bossuet écrivait : « Dieu se rit des hommes qui pleurent les conséquences de leurs actes. »

Une envolée qui n’a pas manqué de faire réagir François-Cormier Bouligeon, l’un des députés visés. « Il affirme (Nicolas Sansu, NDLR) ensuite que nous avons voté un budget santé en diminution. Nous avons en réalité voté une loi de financement de la sécurité sociale en augmentation de 4,38 Milliards d’euros. Plus de 4 milliards ! Une paille pour cet élu drogué à l’argent public et aux déficits qui mettent notre pays à genoux. Enfin, il nous désigne comme les responsables de la désertification médicale dans le Cher. Hier, nous étions les plus jeunes élus de cette manifestation … » assure-t-il, entre autre, par le truchement de Facebook.

Ambiance, ambiance !

Fabrice Simoes

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