Sans-papiers et actes de bravoure : si la photo est bonne

Il y a quand même des étrangers qui exagèrent. Comme ce jeune Tunisien de 25 ans, sans-papiers qui réclame un permis de séjour, alors qu’il a été parfaitement imprévoyant, voire négligent. Enfin, voilà un garçon qui sauve deux jeunes enfants pris au piège dans l’incendie d’un pavillon de Fosses dans le Val-d’Oise, c’était en 2015. Et ce jeune homme pourtant diplômé en informatique, n’est même pas accompagné d’un ami, d’un proche qui aurait pu filmer son morceau de bravoure. Rien, aucune image, juste le témoignage de la maman des petits.

Aymen.@Capture d’écran BFM TV.

Or aujourd’hui, dans notre société du spectacle permanent sur les cafés du commerce numérique où l’exhibitionnisme règne en maître, sans image vous n’êtes rien. Mamoudou Gassama lui, avait eu le bon goût d’être filmé en escaladant un immeuble pour sauver un enfant et les images de son exploit ont fait le tour du net. Résultat, réception du jeune malien à l’Élysée et régularisation à l’appui.

Pourtant le maire de Fosses avait décoré Aymen le jeune tunisien de 2015 pour « acte de bravoure », mais rien n’y a fait, le préfet a maintenu son obligation de quitter le territoire. Pas d’images, pas de papiers.

Puisqu’on vous le dit et vous le répète : si  vous envisagez de vous jeter dans la Loire pour sauver un désespéré ou si vous sortez des bébés d’un appartement en feu, soyez un minimum prévoyant, faites-vous filmer. Ou alors, à la limite, faites un selfie de vous avec les victimes que vous êtes en train de secourir, n’oubliez jamais votre portable, et postez ensuite la photo ou le film sur les réseaux sociaux. Sinon, vous resterez à jamais un anonyme, un minable, un pelé, un galeux, un type transparent, quel que soit la nature de votre exploit et le courage dont vous avez fait preuve. Le poids des mots ? Nul. Le choc des photos ? Indispensable.

Morale de l’histoire : il y a vraiment des gens qui ne vivent pas avec leur époque, surtout des étrangers, et qui viennent ensuite se plaindre que notre société ne veut pas les intégrer. La France veut bien accueillir toute la misère du monde, mais uniquement… si la photo est bonne.

Ch.B

 

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