24 Heures du Mans : l’Alpine A470 n° 36 vise la boite

Les Berrichons de l’écurie Signatech-Alpine, dirigée par Philippe Sineau, visent la victoire à l’occasion de la prochaine édition des 24 Heures du Mans qui se dérouleront les 16 et 17 juin prochain. Un succès qu’ils avaient déjà obtenu en 2016.

Les Pilotes Alpine espèrent monter sur le podium et encore mieux qu’à Spa. Photo Agence DPPI-Renault-Media.

En 2016 avait été une année exceptionnelle pour Signatech-Alpine, sacrée championne du monde d’Endurance (WEC) en LMP2. Avec, en prime, une victoire de prestige aux 24 Heures du Mans, « la plus grande course du monde » de l’avis (autorisé) de Philippe Sinault, le patron de l’écurie basée à Bourges, pour qui c’était une première. Mais on sait aussi qu’en sport, il est souvent plus aisé d’arriver au sommet que de s’y maintenir ; l’écurie berruyère l’a appris à ses dépens en 2017 puisque, avec une nouvelle auto, un nouveau moteur et de nouveaux pilotes, elle ne put conserver sa couronne mondiale (3e du championnat), ni rééditer sa victoire mancelle (3e). Néanmoins, avec une victoire à Austin (États-Unis) et cinq podiums, au Mans donc (3e), au Nurburgring (3e), à Mexico (3e), à Fuji (2e) et à Shanghaï (2e), Signatech-Alpine avait fini l’année en beauté.

Esprit de reconquête

À Spa, l’Alpine A470 à pris ses marques… et la 3e place. Photo Agence DPPI-Renault-Media

De quoi aborder la saison 2018 avec un esprit de reconquête. Même avec une seule Alpine A470. « J’aurais préféré aligne deux voitures, au moins pour les 24 Heures du Mans, mais financièrement, ça ne passait pas. Après réflexion, il était peut-être préférable de se concentrer complètement sur une seule voiture que de faire des compromis pour aligner une deuxième auto. En début de saison, nous avons déjà pu capitaliser sur notre expérience, avec un matériel (châssis, moteur, pneus) identique à celui de 2017, et gagné beaucoup de temps dans la mise au point de la voiture. Plus que jamais, l’objectif est de reconquérir le titre et de gagner au Mans », analyse Philippe Sinault, rassuré, avant le grand rendez-vous sarthois, par la troisième place acquise lors de la première course de la saison, lors des 6 Heures de Spa-Francorchamps.

« Commencer la saison sur une pole position et un podium, cela démontre que notre niveau de performance et nos pilotes étaient au rendez-vous… ». Et sans un drive-through sévère, les Bleus auraient pu viser la victoire. Et le boss de poursuivre : « Il nous reste du travail sur la constance et l’usure des gommes, mais nos trois pilotes, Nicolas Lapierre, Andre Negrao et Pierre Thiriet ont affiché une belle osmose. Cela devrait être l’une de nos forces cette saison…. ».

Depuis Spa, Signatech-Alpine est passée en mode Le Mans, avec un nouveau moteur, une nouvelle boîte de vitesses et de nouveaux trains roulants, mis à l’épreuve lors des tests officiels des 24 Heures le 3 juin dernier. Une journée où les Bleus n’ont pas cherché le chrono absolu, préférant se concentrer sur de longs relais en conditions de course ; priorité étant donnée en fin de séance à la gestion des pneumatiques et à l’optimisation de la consommation, éléments clés d’une prestation dans la Sarthe.

Nicolas Lapierre : « tout est en ordre pour les 24 Heures »

Nicolas Lapierre reste le pilote fétiche de Signatech. Photo Agence DPPI-Renault-Media

« Avec 82 tours couverts, nous avons été une des équipes les plus actives et c’est le sentiment du travail accompli qui prédomine. Nous avons vite trouvé des réglages offrant un bon compromis entre la finesse aérodynamique et le “confort” au volant. Cet équilibre convenant aux trois pilotes, ils ont pu travailler sur l’évaluation des deux types de gommes Dunlop. Nous aurions pu mieux faire au niveau du chrono (5e temps des LMP2, Ndlr) mais c’est un choix assumé qui nous a permis de travailler ensuite sur des doubles et triples relais, puis sur la consommation de carburant. Je pense pouvoir dire que nous sommes prêts ». Ce que confirme, Nicolas Lapierre, grand artisan du sacre de Signatech-Alpine en 2016, déjà deux fois vainqueur au Mans en LMP2, en 2015 et 2016 (jamais deux sans trois ?) : « Tout le monde a pris ses repères et nous sommes en ordre pour la suite. D’ici la course, la priorité va être de se reposer pour être pleine forme pour les 24 Heures et d‘analyser au plus fin les données de ces essais ».

Un équipage performant et cohérent

Le ravitaillement est un élément important de la course. Photo Agence DPPI-Renault-Media

Pour viser la victoire au sein d’une catégorie LMP2 toujours plus relevée, avec vingt voitures au départ, Signatech Alpine Matmut comptera sur le talent de son équipe d’exploitation et de ses trois pilotes. « Un équipage performant et cohérent. Notre pilote Platinium, Nicolas Lapierre (six victoires en WEC, catégorie LMP1 avec Toyota, Ndlr), reste le pilier et assure une continuité pour l’équipe technique. Lors de sa première saison avec nous, André Negrão s’est véritablement révélé, au point de recevoir le statut de pilote Gold alors que Pierre Thiriet, champion d’Europe ELMS en 2012 et vainqueur des 6 Heures de Spa en 2017, est un excellent pilote Silver avec qui nous voulions travailler depuis longtemps » se réjouit Philippe Sinault.

Philippe Sineau, Pierre Fillon et Jean Todt. (c) Agence DPPI/Renault-Media »

De quoi rendre optimiste Michael Van der Sande, le Directeur général d’Alpine : « L’équipage associe vitesse et expérience. La saison 2018 est d’autant plus importante pour nous qu’elle marque les 40 ans de la victoire d’Alpine aux 24 Heures du Mans (avec Jaussaud-Pironi, Ndlr) et coïncide avec les premières livraisons client de la nouvelle A110 ». Une victoire de prestige serait effectivement la meilleure des publicités pour Alpine. Allez les Bleus ! Y’a plus qu’à…

Fabrice Simoes/Christian Ragot

Pour les amateurs de mécanique : la fiche technique de l’Alpine A470 n°36

Châssis. Structure : Coque carbone & nid d’abeille. Carrosserie : Carbone / kevlar. Suspensions : Double triangles à poussoirs, amortisseurs PKM. Direction : Assistée électrique. Longueur : 4745 mm. Largeur : 1895 mm. Hauteur : 1045 mm. Voie avant : 1570 mm. Voie arrière : 1550 mm. Empattement : 3005 mm. Poids : 930 kg.

Moteur. Type : Gibson GK-428. Configuration : V8 atmosphérique à 90°. Cylindrée : 4 200 cm3. Puissance max. : 603 chevaux. Régime maxi : 9000 tr/min. Lubrification : Carter sec / pompe à huile à étages. Électronique : Cosworth.

Boîte de vitesse. Marque : Xtrac. Type : Transversale carter magnésium. Changements : Palettes au volant et commande pneumatique. Rapports : 6 + marche arrière

Roues. Pneumatiques : Dunlop 30-68/R18 (avant) et 31-71/R18 (arrière). Jantes avant : 12,5’’x18’’ ; Jantes arrière : 13’’x18’’.

Freins. Disques : Ventilés carbone.Étriers : Monobloc 6 pistons.

Sécurité. Harnais : Six points adapté pour le système Hans. Réservoir : Souple sécurisé de 75 litres avec système de réserve intégré.

 

Commentaires

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  1. Réservé aux initiés ! Sinon WEC, LMP2 et drive-through sont des sigles ou termes un peu abscons.
    Heureusement, Mr Google est là pour nous éclairer !
    Allez les Bleus, puisqu’il paraît que les 24 Heures du Mans sont “la plus grande course du monde” tout comme les Champs Elysées sont déclarés “la plus belle avenue du monde” !
    Ben voyons ! Et les Français les plus modestes du monde ? Non ? Ah, bon, on aurait pu croire !

    • Sir Oldkilljoy.
      “best of the world ou simplement “of the world” est dans la bouche de chaque américain, pour tous les sports (même pour ceux uniquement nord-américains) et pour n’importe quoi d’ailleurs !
      Nous sommes chauvins et pourquoi ne le serions nous pas, ce n’est pas une exclusivité française ; nous ne sommes pas les pires.
      Petit quiz facile : qui a créé les JO modernes et fonda le CIO ; mais aussi, qui est le créateur de la coupe du monde de football ?

  2. Bravo, 6ème du classement général et 2ème de sa catégorie, encore et toujours dans le coup !

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