Laura Flessel à Ingré (45) : l’égalité fait la richesse des victoires

Laura Flessel, ministre des Sports, était à Ingré vendredi 8 juin pour lancer sur le terrain la campagne nationale Ex-aequo destinée à combattre les inégalités et discriminations dans le sport. Une cause magistrale qui doit mobiliser toutes les énergies dès le plus jeune âge, et sur tous les terrains.

Il y a urgence. « Il est temps de casser les barrières, de changer les mentalités, de libérer la parole, de déconstruire les stéréotypes. Dans le sport comme dans la vie de tous les jours, des inégalités se manifestent encore trop souvent ». Le message parait simple, mais doit être expliqué à tous les échelons, à commencer par les écoles communales, les clubs d’amateurs, etc. « Le sport doit être un levier d’inclusion, pas d’exclusion. Les terrains de sport doivent être des sanctuaires dans lesquels chacun et chacune doit être libre de pratiquer, quels que soit la couleur de sa peau, son orientation sexuelle ou encore son handicap. Le sport doit être le fer de lance de l’égalité ».

Laura Flessel, ministre des Sports.

Le ministère des Sports part à l’offensive, ministre en tête, qui s’implique directement, comme elle l’a prouvé vendredi 8 juin, à Ingré, à l’invitation du maire de la commune, Christian Dumas, en venant inaugurer un city park au parc de Bel air. Un espace sportif « accessible à tous », témoignage d’un véritable engagement pour la municipalité, qui porte désormais le nom de la championne d’athlétisme handisport loir-et-chérienne Marie-Amélie Le Fur, présente ce jour à ses côtés. Les édiles d’Ingré aiment bien baptiser des équipements municipaux du nom de personnes vivantes, et nul ne les en blâmera… à commencer par la championne elle-même, bien que surprise de cet honneur inhabituel. « Je suis très heureuse que mon nom soit donné à cet équipement, destiné à permettre l’exercice du sport accessible à tous, pour tous », disait-elle avant de signer le livre d’or…et de repartir à Blois où l’attendaient d’autres engagements aussi intenses pour défendre le sport pour tous.

Une ministre réellement impliquée

« Championne, femme, maman, citoyenne, ces combats ont toujours été au cœur de mes engagements associatifs. Aujourd’hui ministre, j’ai souhaité que la lutte contre les discriminations soit l’un des objectifs majeurs de ma feuille de route car j’ai à cœur de défendre les valeurs du sport », insistait Laura Flessel devant une assemblée d’élus, tels Jean-Pierre Sueur ou des représentants de Saint-Jean de la Ruelle et d’Orléans, mais aussi de responsables d’associations sportives, et d’enfants des écoles… qui avaient préparé leurs questions. A-t-elle déjà été personnellement victime de discrimination ? Sans hésiter, elle a répondu oui, et pas seulement pour sa couleur de peau ou ses origines.

Les valeurs du sport, sans conteste, l’ex-championne olympique d’escrime les porte en elle, et cela se remarquait à son comportement sur le terrain, considérant chacun avec la même attention, écoutant l’élu comme le représentant du comité de jumelage, le champion de tir handisport William Tornetto, inscrit au club de La Chapelle-Saint-Mesmin, comme le tout jeune basketteur anonyme porteur du maillot au slogan évocateur « Ex-aequo, parfois l’égalité est une victoire ». Et n’oubliant pas d’écouter avec attention les représentants de la communauté LGBT du Loiret venus lui porter deux rapports malheureusement évocateurs sur la situation des homosexuels ou des trans dans le milieu sportif. « Dans les clubs amateurs, 55% des joueurs déclarent ne pas vouloir prendre leur douche avec un homosexuel ! », indiquaient-ils notamment.

Tout le monde a droit au sport

Laura Flessel, bien avant d’être ministre, s’était déjà investie dans cette dernière cause. C’est donc une vraie volonté pour elle, et pas une posture ministérielle. « Le ministère des Sports poursuit cette lutte de tous les instants contre toutes les formes de discriminations : racisme, homophobie, sexisme ou encore préjugés à l’encontre des personnes en situation de handicap. À travers ses missions et ses programmes, il œuvre pour sensibiliser mais aussi pour former l’ensemble de ses agents, les services déconcentrés ou encore les fédérations à promouvoir la lutte contre toutes les formes de discriminations dans le sport ». Pour elle, cette action devra s’appuyer à tous niveaux, mais principalement en s’appuyant sur les collectivités locales, les associations sportives, les instances ministérielles et, en renfort, sur les acteurs économiques (EDF, France Télévision, etc.). Et le message est incarné, pas seulement sur les affiches, par de grandes sportives et de grands sportifs, ainsi que par un représentant du corps arbitral. « Quelles que soient les singularités de chacun, nous avons tous le droit de pratiquer une activité physique ou sportive ». Il reste six ans avant les jeux olympiques de 2024 prévus à Paris pour faire progresser ces idées…et bien d’autres rendez-vous avant pour les appliquer, de l’organisation prochaine des Gay Games à l’Euro féminin de handball, en passant par la Coupe du monde féminine de football et de la Coupe du monde de rugby. Et, bien sûr, les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. « Ces grands événements devront être autant de fenêtres pour véhiculer des valeurs qui nous tiennent à cœur ».

Les jeux Olympiques de 2024, pour elle, ne devraient pas être que Français, mais rejaillir sur toute l’Europe, et des contacts sont actuellement pris en ce sens, précuisait-elle… sans toutefois indiquer si la région Centre-Val de Loire pourrait participer à cet évènement en accueillant quelques sites d’entrainement ou d’hébergement. Mais on ne lui en voudra pas.

Laura Flessel est restée près de deux heures à Ingré pour faire passer son message, n’oubliant de saluer personne, et faisant même demi-tour, au moment de monter dans sa voiture… pour aller saluer le policier et le gardien du gymnase, restés en retrait. Sans conteste, il y a aussi des gestes qui en disent beaucoup plus que des phrases sur ce que doit être pleinement l’esprit sportif.

J-L. Bouland

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