Châteauroux : la 1ère marche LGBT de l’Indre affiche les différences

Samedi 9 juin, Châteauroux a connu sa première marche LGBT, la seconde dans le Berry, avec succès. Environ 350 personnes ont défilé dans les rues.

La pluie, tombée en continu pendant plusieurs dizaines de minutes, n’a pas entamé les motivations ni l’énergie des nombreuses personnes venues participer à ce premier rendez-vous du « genre » dans l’Indre. Hier, tous les courants de la communauté LGBT se sont retrouvés sur le parvis d’Équinoxe à Châteauroux, au cœur du centre-ville, pour afficher leurs différences et faire passer des messages de tolérance et d’ouverture aux autres. En tout, environ 350 personnes se sont regroupées, bien plus que la trentaine qui avait répondu présentes l’an dernier à Vierzon, pour la première marche LGBT du Berry. L’après-midi a d’abord débuté par une série de discours, avant de se poursuivre par la marche en elle-même.

Le coming-out, moment souvent redouté

Dans la remorque du camion de tête du cortège, une dizaine d’associations se sont succédées pour faire passer des messages divers, mais interrogeant toujours sur le sort des personnes lesbienne, gay, bisexuel, transsexuel, ou appartenant à d’autres orientations sexuelles aujourd’hui moins connus, pansexuel, asexuel… Plusieurs orateurs, comme Amnesty International, ont notamment alerté sur les situations vécues dans des pays interdisant l’homosexualité, sur le sort de migrants et migrantes gays ou lesbiennes, et la nécessité de proposer un accompagnement adapté. « Ils cumulent les vulnérabilités et c’est important pour l’association de donner de la visibilité à ces personnes qui subissent beaucoup de discrimination”, a fait remarquer Fabien, représentant de l’antenne orléanaise de l’association Aides, venu spécialement. “Nous allons principalement vers les populations qui restent les plus touchées par le VIH, des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes et les personnes migrantes. La région Centre-Val de Loire est la seconde région la plus touchée par l’épidémie du VIH en France. Aujourd’hui, il y a une désertification médicale dans notre région qui rend difficile l’accès au dépistage. » L’association Le Refuge a également rappelé les risques que peuvent rencontrer des jeunes gens, notamment au moment de leur coming out. Dans dix-huit départements, leurs centres accueillent des adolescents et adultes de 15 à 25 ans qui se sont retrouvé mis à la porte de chez eux. « Notre idée, c’est d’intervenir sur le suivi de tous les jeunes qui ont besoin d’un refuge. Nous faisons constamment appel à des bénévoles et aux initiatives pour ça. Nous recherchons tout particulièrement un correspondant-relai en Centre-Val de Loire car pour le moment, nous n’avons aucun centre dans la région » fait remarquer Romain, militant et bénévole venu spécialement de Paris.

“Il était temps d’avoir un rendez-vous comme celui-ci”

Après une demi-heure de discours, sous la pluie, le cortège a démarré à la faveur d’une éclairci et sur le remix d’Arnaud Rebotini de Smalltown Boy des Bronski Beat, titre gay très populaire, devenu un véritable hymne à la tolérance depuis son utilisation dans le film 120 Battements par minute. Parmi les manifestants, Julien* et Nono. « On vient pour faire savoir que l’on existe, que l’on s’assume et que l’on n’est pas des bêtes de foire. A Châteauroux, on trouve que l’on est mal représenté, et on ressent une homophobie latente… Il était temps d’avoir un rendez-vous comme celui-ci. » D’une personne à l’autre, les ressentis divergent. « Aujourd’hui, à Châteauroux, à mon travail ou à l’extérieur, je n’ai pas l’impression d’avoir de remarques particulières sur ma sexualité. Ça n’a plus rien à voir avec ce que ça pouvait être dans les années 80… », se remémore Laurent*.

Un peu plus loin, Laurine, 25 ans, a placé le drapeau LGBT autour de sa taille, en jupe. « Je viens à la marche pour m’assumer. Ça ne fait pas longtemps que j’aie fait mon « coming out » et que je m’assume telle que je suis, en désaccord avec ma famille, alors c’était important pour moi de venir ». Quelque soit les orientations sexuelles des uns et des autres, la marche a permis de rassembler et de montrer les soutiens affichés de nombreux groupes. Dans un joyeux fouillis de couleurs, de ballons, de drapeaux agités, de musique et de sourires, jeunes et aînés, hommes, femmes et même des enfants ont longé les rues du centre-ville, en musique et en interpellant les personnes alentours. Certains se sont joints au défilé qui s’est achevé, dans une atmosphère légère, place de la République, devant l’Hôtel de ville, où un petit village associatif avait été installé.

Morgane Thimel

*Le prénom a été modifié.

 

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