En gare d’Orléans, les cheminots ne “lâchent rien”

“Si notre grève perturbe l’économie tant mieux, ça prouve qu’avec nous ça tourne bien !”. Le ton est donné, par la voix du syndicat SUD, en gare d’Orléans mardi 12 juin vers 11h30. Une soixantaine de cheminots, issus d’une intersyndicale CGT-SUD-UNSA Ferroviaire-CFDT ont manifesté le jour de la “colère cheminote”, alors que la réforme ferroviaire doit être adoptée en deuxième lecture mercredi à l’Assemblée nationale, et que députés et sénateurs sont parvenus lundi à se mettre d’accord en commission mixte paritaire sur une version commune du projet .

“Colère cheminote” en gare d’Orléans mardi 12 juin à 11h30.

“On est loin d’une sortie de crise”, affirme la CGT. “Nous voulons que les futurs entrants aient le statut de cheminot, sinon, on ne bougera pas. La polyvalence entrainera une baisse de formation et de rémunération”. Pour l’UNSA Ferroviaire, “cette semaine est décisive”, et promet de “continuer à faire pression” sur le Gouvernement de “l’épicier” Édouard Philippe (sic). Pour ce syndicat le fond reste toujours le même : “retrait pur et simple du pacte ferroviaire, maintien du statut de cheminot pour les nouveaux entrants, pas de congés en moins, des embauches là où il y en a besoin”. La CFDT dénonce “le projet dogmatique du banquier, s’il y a des choses qui ont bougé, ça n’est quand même pas Noël”.

Ils étaient déjà passé par Orléans, et avaient promis de revenir : Régis, Patrick et Sébastien, les trois cheminots ariégeois de “Marche ou grève” parti de Pamiers (09) le 9 avril et reçus par deux conseillers d’Emmanuel Macron à Paris le 8 mai après avoir traversé la France à pieds, sont toujours “dans la lutte !”, nous a confié Régis, sur le chemin du retour.

Des évolutions dans le projet de réforme ferroviaire ont pourtant été concédées par le gouvernement, notamment le fait que les conducteurs pourront, une fois partis dans le privé, revenir à la SNCF s’ils le souhaitent en récupérant leur statut. Une réunion tripartite est prévue vendredi en présence de la ministre des Transports Élisabeth Borne où l’on parlera convention collective, salaire, évolution de carrières, formations… Le tout au surlendemain du vote définitif attendu au Palais Bourbon. Selon les syndicalistes les plus radicaux, la grève pourrait se poursuivre au delà du 28 juin.

F.S.

Commentaires

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  1. C’est bien connu :les hyénes hurlent à la mort à la tombée de la nuit! Voila donc un “quarteron” d’irréductibles (13% qui sont en majorité des conducteurs et des contrôleurs) Or ils sont suffisamment bornés pour scier la branche sur laquelle ils sont assis et ne détectent pas la mort programmée de leur fonction:Rien de plus facile et imminent que d’automatiser le pilotage des trains :dans un TGV ou tout est automatisé,la crainte est l ‘endormissement du conducteur,qui doit toutes les minutes faire un geste pour prouver qu’il n’est pas endormi!L’efficacité des contrôleurs:sur Orléans Paris 10% de fraude qu’il ne savent pas maitriser:a sous traiter à des portiques automatisés comme dans les stations de ski!

  2. La réforme du Rail a pour objet de renforcer la SNCF face à la concurrence et d’une manière générale d’élargir l’offre du chemin de fer dans notre pays. L’entrée de nouveaux opérateurs ferroviaires en délégation de service public se traduira par des réouvertures de lignes là où la SNCF ne veut plus exploiter en raison de méthodes d’exploitation trop lourdes qu’elle sera alors amenée à réviser. Cela n’a rien à voir avec l’ultra-libéralisme qui a prévalu en Angleterre.
    Poursuivre la grève dans un déni économique total ne peut qu’être dangereux pour l’avenir du rail Français, là où les syndicats devraient au contraire négocier intelligemment la réforme dans un esprit constructif et le souci d’un véritable projet industriel pour la SNCF

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