La Fédération compagnonnique propose des formations courtes dans un esprit permanent

Fondée en 1952, la fédération compagnonnique forme aux métiers du bâtiment et autres activités. Une vocation perpétuée notamment à La Chapelle-Saint-Mesmin, son siège régional, récemment récompensé par le Rotary. Et qui s’applique à la préparation des formations qualifiantes comme aux courtes et spécialisées.

« En une année à la fédération compagnonnique, j’ai plus appris qu’en trois ans de bac pro », expliquait récemment Maxime, originaire d’Annecy, en recevant des mains de M. Bellemaire, le président du Rotary d’Orléans Ouest, un prix d’encouragement pour son ouvrage de menuiserie. « Ici, on ne nous enseigne pas uniquement à fabriquer ou à piloter les machines. On nous enseigne le métier, le vrai travail à la main ». Un discours fort apprécié par ses instructeurs, qui n’oublient pas de rappeler que chez les compagnons, « nous n’enseignons pas seulement le savoir-faire, mais aussi le savoir-être ». Le savoir-être, c’est apprendre à penser « travail bien fait, comportement exemplaire avec l’employeur et les collègues », et privilégier la qualité sur la rentabilité. Et quand on possède cet état d’esprit, on le vit en permanence, et pas seulement pendant les heures de travail.

Nicolas.

Expliqué par l’exemple ce jour là à l’atelier menuiserie, illustré conjointement par une réalisation en cours finalisée par Nicolas, un compagnon du Tour de France, cet « art de vivre », peut-on dire, est identique à tous les métiers du bâtiment enseignés à la fédération, que ce soit en plomberie, chauffage, électricité, maçonnerie, soudure, etc, pour ne citer que celles-ci. Et, explique la directrice Sabrina Gendrop : « en dehors du compagnonnage, et des spécificités de ceux qui ont choisi de faire le Tour de France, nous adoptons les mêmes méthodes pour nos formations courtes ».

Des formations courtes adaptées

Des formations courtes ? « Oui. Au-delà de la préparation aux diplômes classiques, comme les CAP, BP et autres titres professionnels, nous proposons aussi toute l’année des formations courtes, pour du perfectionnement, de la reconversion ou de la diversification de métier », précise Anthony, formateur en menuiserie. Des formations qui s’adressent à tous les publics, et pas uniquement aux professionnels des métiers concernés. « Nous avons déjà eu, par exemple, des artistes qui nous ont demandé une formation spécifique pour maitriser la soudure, pour mieux réaliser leurs œuvres. Nous leur avons préparé une formation spécifique pour 4 personnes ».

Ces formations courtes, qui s’étendent aussi par exemple, aux « aptitudes aux fluides frigorigènes », aux formations transversales voire aux relations clients et maitrises des langues étrangères, sont dispensées toute l’année, même si les inscriptions commencent dès maintenant, pour une programmation qui commencera à la rentrée, en septembre.

Heureux lauréat du prix du Rotary, Maxime, après avoir expliqué tout le cheminement de réalisation de son œuvre (transformer un confiturier en meuble vidéo, en lui donnant un aspect esthétique indéniable), avouait ne pas souhaiter, pour autant, entreprendre un tour de France, qui l’obligerait à changer de régions et d’employeurs. Une école de la vie qui pour ce jeune de 19 ans ne correspond pas à ses objectifs, même s’il en reconnait toute la valeur pour parfaire l’exercice de son métier. Il préfère trouver rapidement un employeur et s’installer. Reconnaissant ainsi la valeur de cette formation, comme en témoignent encore quelques artisans d’art présents cette année au salon régional de métiers d’art, et qui ont fréquenté l’établissement voilà près de 20 ans.

Des journées européennes

L’esprit de formation des compagnons n’a pas changé, même si les techniques enseignées ont nécessairement évolué, pour s’adapter aux outils plus récents utilisés en entreprises. Et cela pour tous les types de formations, comme pourront aussi le découvrir, à une plus grande échelle, jusqu’au 16 juin, ceux qui participeront à Toulouse aux Journées européennes des compagnonnages, notamment en visitant la grande exposition intitulée « les bâtisseurs de demain ». Des bâtisseurs qui auront notamment profité des formations, longues ou courtes, dispensées à La Chapelle-Saint-Mesmin, par exemple.

Jean-Luc Bouland

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail