L’Université du Temps Libre sort de la crise dans la douleur

Après plusieurs semaines d’incertitudes, l’UTL riche de plus de 3 000 adhérents va poursuivre son activité à la rentrée. Mais en perdant une certaine liberté de manœuvre, en s’adossant totalement à l’Université et en réduisant drastiquement son offre de formations.

« Il n’est pas question de faire disparaître l’UTL » : l’affirmation d’Ary Bruand, président de l’Université d’Orléans, a quelque peu rasséréné plusieurs centaines d’étudiants de l’Université du Temps Libre venus hier matin découvrir la nouvelle version de cette structure. 

Mais la douche froide est arrivée peu après : sur les 156 activités proposées cette année, seuls 80 à 85 seront maintenus à la rentrée tandis que d’autres (marche, œnologie, conférences du mardi) seront externalisées et gérées par l’association des Amis de l’UTL. Cette réunion demandée par les adhérents depuis plusieurs semaines (et par une pétition « pour une UTL d’Orléans ouverte, conviviale et solidaire » signée par plus de 600 personnes) clôt un chapitre d’une crise apparue il y a quelques mois quand le nouvel agent comptable a refusé de valider un système qui fonctionnait depuis 1977. « Nous n’étions pas dans les clous insiste le président de l’Université, nous devions quitter l’illégalité et retrouver un nouveau cadre réglementaire notamment pour les recrutements ». Il dut même réquisitionner l’agent comptable afin de verser des salaires aux enseignants et intervenants.

Un « service commun de l’université »

Ary Bruand

Mais Ary Bruand a tenu à « mettre les points dur les i » : « l’évolution de l’UTL n’a rien à voir avec la situation financière délicate de l’université, il n’y a aucune relation directe ». En clair  les recettes de l’UTL ne serviront pas à combler le gros qu’a laissé l’ancien président en partant.

La mue a donc été engagée pour transformer l’UTL ancienne en un outil de l’université au service de « la formation tout au long de la vie », amaigri certes mais revitalisé avec 40% d’offre nouvelle.

Revenir dans le cadre réglementaire c’est d’abord modifier le système du recrutement en partie sous-traitée pour le rapatrier en interne. Pour recruter des vacataires l’UTL s’appuyait sur « Profession sports & loisirs 45 » et le groupement d’employeurs Val de Loire qui employait plusieurs dizaines d’intervenants mis à disposition de l’UTLO. Ce recours à l’extérieur ne sera plus possible avec à la clef la perte d’emploi (souvent partiel) de nombreux vacataires. De même l’UTL s’appuyait en partie sur Les Amis de l’UTLO, association de 700 adhérents dont l’argent servait à payer rapidement des intervenants sans attendre des mois comme cela se passe habituellement dans l’administration universitaire.

« Opacité de la gouvernance ! »

Un fonds de réserve parfois mobilisé à hauteur de 100 000 euros. Désormais l’université gérera seule ses recrutements puisque l’UTL est « un service commun de l’université » et non une association comme cela se pratique couramment en France. Les Amis de l’UTL ont en effet refusé l’offre qui leur était faite de gérer l’UTL, ce qui aurait nécessité une charge énorme voire « inhumaine » selon son président.

Adossée plus que jamais à l’université (90% des cours auront lieu désormais sur le campus de la Source) l’UTL va donc devoir passer sous ses fourches caudines avec des formations assurées par des personnels universitaires et avec la suppression de l’offre « parallèle » : formations artistiques, communication, peut être l’espagnol pourraient ainsi disparaître. « Nous ne ferons plus concurrence aux offres des associations » a précisé Ary Bruand.

Moins de formations et moins d’intervenants, les adhérents (dont la cotisation va pourtant passer de 39 à 40 euros) vont-ils s’y retrouver ? « Mais pourquoi changer s’interrogent des adhérents fidèles, cela fonctionnait bien ainsi depuis plus de 40 ans pourquoi imposer une nouvelle organisation qui ne sera pas plus pertinente ».

Mais pour le président de l’université, il s’agit tout simplement de « respecter la loi ». Mais les messages d’Ary Bruand comme d’Emerson Barbosa, directeur de l’UTL, n’ont pas calmé, loin s’en faut, les centaines d’adhérents présents. L’ambiance y était chaude pour dénoncer la nouvelle organisation, mais aussi le manque d’information, l’opacité, l’absence de concertation avec les représentants élus de l’UTL dont beaucoup ont démissionné pour dénoncer la « techno bureaucratie » universitaire.

« Vous êtres en train de tuer l’UTLO ! »

« Mais vous n’êtes pas dans une assos, mais dans une université, a rétorqué Ary Bruand, je n’ai de compte à rendre qu’à mon conseil d’administration. Vous vous êtes emparés de compétences qui ne sont pas les vôtres ». Une manifestation d’autorité peu appréciée des centaines d’adhérents présents : « vous êtes en train de scinder l’UTL en deux », », « vous préparez son enterrement », « vous êtes en train de tuer l’UTLO » ! C’est fin juin que les adhérents recevront en ligne leur nouveau catalogue : ils découvriront alors si l’offre divisée par 2, si la disparition de plusieurs dizaines d’intervenants extérieurs auront des conséquences concrètes sur leurs désirs de formations.

J.J. Talpin.

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