Orléans : Philippe Rabier s’entraine-t-il en vue des municipales ?

Philippe Rabier, un des animateurs du collectif citoyen CiTLab, s’interroge sur la composition du Conseil de développement de la Métropole d’Orléans. Il appelle à son remaniement et souhaite une meilleure implication citoyenne.

Philippe Rabier.

Il est des signes qui ne trompent pas : l’abondance de communication sur des sujets de vie quotidienne, d’abord (la place des cyclistes sur le Pont George-V, la désertification médicale, un CHU à Orléans, la gratuité des transports en commun, etc.). L’abondance de communiqués à usage médiatique, ensuite. Les propositions pour « impliquer les citoyens », enfin.

À ce titre, le Conseil de développement de la Métropole d’Orléans, dont le renouvellement a été entériné le 12 avril dernier en conseil métropolitain, compte, 26 membres permanents, personnalités qualifiées, répartis en 17 hommes pour 9 femmes. Cette absence de parité n’est pas le seul élément qui fait réagir Philippe Rabier, du collectif CiTLab, officiellement pas encore candidat mais « en mouvement » pourrait-on dire (pour éviter de dire « en marche »). « La loi renforce le rôle de ces instances citoyennes, et les Métropoles doivent aussi suivre le mouvement. À Tours le Conseil de développement est ouvert aux citoyens lambda, et il y a un tirage au sort sur une liste de citoyens volontaires. À Orléans non. C’est à mon sens une occasion manquée. Soit ils ignorent la loi, soit ils passent outre ». Joignant le geste à la parole, il fait remarquer que la liste des membres de ce Conseil de développement n’est toujours pas en ligne sur le site de la mairie. « On aimerait que ça aille plus loin » ajoute-t-il, reprochant une liste de « gens cooptés entre eux, plutôt des hommes et plutôt âgés ».

“La forme est encadrée par la loi”

Une « instance citoyenne » dites-vous… Une de plus, qui sert à quoi ? « Tout dépend des élus » explique Philippe Rabier. « Le CESER, dont certains s’interrogent sur son utilité, se questionne sur l’ouverture aux citoyens. Grenoble, Rennes sont de bons exemples à mon avis. Si l’élu le souhaite ça peut apporter une richesse à la collectivité. Le principal c’est que le citoyen s’empare des sujets, sans quoi la remise en cause de la démocratie continuera ».

Derrière toute cette activité de communication frénétique, n’y aurait-il pas une idée derrière la tête de Philippe Rabier, à moins de deux ans désormais de l’échéance municipale de mars 2020 ? L’intéressé sourit : « Pour l’instant, ce n’est pas dans les tuyaux » insiste-t-il. Et pourquoi n’entre-t-il pas en dialogue avec l’élu métropolitain spécialiste de ce Conseil de développement ? « Oui, ça serait une avancée » souffle-t-il, tout en avouant que « CiTLab n’est pas complètement audible par la majorité actuelle ».

« La forme est encadrée par la loi », rappelle Olivier Carré maire d’Orléans, « à Orléans nous avons des personnes es qualité, ce n’est pas moins pertinent que des personnes tirées au sort. C’est le choix fait par Nicole Etchegoinberry, qui avait été pressentie pour en être la présidente. Le prisme économique est certes très fort, mais pourquoi ça serait un désavantage ? Sur la parité ils ont raison on l’avait bien vu… ».

Le collectif CiTLab lance par ailleurs ces jours-ci une campagne de recrutement de citoyens pour intégrer ce conseil de développement.

F.Sabourin

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