Orléans Métropole : le prix des transports, l’ouverture des commerces le dimanche suscitent le débat

L’augmentation du coût du billet unitaire des transports suscite le débat

Il n’avait pas augmenté depuis 2013 : le billet unitaire (acheté un par un à bord des bus ou aux arrêts de tram) passera, à compter du 1er juillet, de 1,5 € à 1,6 €. « Je déplore aussi cette augmentation » a soufflée Corine Leveleux-Teixeira, conseillère municipale d’opposition (PS). « Plusieurs métropoles se sont prononcées pour une réflexion sur la gratuité. Le signal qui est envoyé ne va pas dans ce sens-là. Les Orléanais paieront plus pour le stationnement, plus pour les transports en commun. On pourrait réfléchir à la gratuité partielle, pour les utilisateurs des commerces de centre-ville par exemple ».

160 bus électriques dans 5 ans sur le réseau TAO.

Pour David Thiberge, maire de Saint-Jean-de-Braye et vice-président de la Métropole en charge des transports, « la gratuité ça implique de trouver 20 M€, la somme apportée actuellement par la vente des titres de transport », ajoutant que « le tarif pour un voyage concerne 15 % des usagers ; les 85 % restant utilisent les abonnements ». Sur cette suggestion de la gratuité, portée aussi par le collectif CiTLab, Olivier Carré dit : « chiche, mais quelles politiques publiques supprime-t-on pour assumer les 20 M€ qu’il faudrait compenser ? Les abonnements pour les moins de 26 ans n’augmentent pas. C’est aussi un signe et j’aurais aimé qu’il soit salué ».

Par ailleurs, l’objectif affiché de la Métropole est d’être la première ville de France a passer sont réseau de bus à 100 % électrique, « dans 5 ans » affirme encore le président de la Métropole, précisant que sont à l’étude « plusieurs dépôts en bout de ligne pour répartir les recharges ». Le budget total du transport orléanais revient en 2017 à 82,983 M€.

Extension de la zone touristique à Orléans pour permettre l’ouverture de magasins le dimanche

Orléans, la rue Royale.

Depuis mais 2011, les rues des Halles et adjacentes, la place de la Loire, le quai du Châtelet et la place du même nom, sont considérés comme « zone touristique d’affluence exceptionnelle ». C’est désormais de plein droit une zone touristique à part entière, depuis la loi Macron d’août 2015. « Pour renforcer le rayonnement et l’attractivité » d’Orléans, le conseil métropolitain a émis un avis pour étendre cette zone touristique à l’intra mail y compris le centre commercial Place d’Arc et le futur musée « MOBE » (biodiversité et environnement). Une modification de zone qui permettra, aux commerçants qui le souhaitent, la possibilité d’ouvrir le dimanche. « Y a-t-il une nécessité d’ouvrir tous les dimanches ? » s’interroge l’élu de Saran Christian Fromentin, 1er adjoint délégué au social et solidarité. « La boîte de Pandore est donc ouverte. Nous emmétrons un avis défavorable à cette proposition ». Pour Corine Leveleux-Teixeira (PS) « C’est socialement mauvais pour les salariés qui n’ont pas forcément le choix de travailler ou pas le dimanche. Pour les grandes enseignes, c’est bien, pas pour les petites. Pour moi c’est une fausse bonne idée. La philosophie du tout consommation, 24h/24, 7 jours/7 ne nous paraît pas la bonne ». Ce à quoi Olivier Carré répond que « ce sont les petits commerçants qui nous l’ont demandé ! Il n’y aura pas d’obligation, or aujourd’hui nous interdisons l’ouverture le dimanche sauf exceptions. Au nom de quoi on empêcherait quelqu’un qui a envie de travailler, même le dimanche, de le faire ? ».

Le compte administratif 2017 a été examiné et voté

Le siège de la Métropole.

Avec 429,3 millions d’euros de dépenses en 2017 dont 249 millions consacrés aux projets (89 M€ en investissement et 160 M€ en fonctionnement), les élus métropolitains affirment leur volonté d’investir fortement sur des projets qu’ils qualifient « d’ambitieux, tout en répondant toujours mieux en proximité et avec une grande réactivité, aux besoins des habitants » (sic). 26 M€ ont été consacrés aux travaux de voirie et d’embellissement des espaces publics. 12 M€ dans le cadre de l’opération Interives. 7 M€ pour la fin des travaux du Lab’O. 4 M€ pour les travaux sur les lignes de tram. Les recettes de la Métropole proviennent majoritairement des entreprises (142 M€), 75 M€ de l’État, dont la fameuse Dotation globale de fonctionnement, DGF, à hauteur de 43 M€, et qui devrait se maintenir dans les années à venir. « Mais on doit être suffisamment réactifs pour s’adapter » précise le vice-président de la Métropole aux finances Michel Martin. 60 M€ proviennent des recettes de tarification, et 56 M€ des ménages (taxes sur l’enlèvement des ordures ménagères, foncières et d’habitation).

Avec une dette de 484 M€ fin 2017, une capacité de désendettement de 5 ans, et l’investissement à hauteur de 89 M€, « la variable d’ajustement c’est justement l’investissement, et la dette », disent de concert Michel Martin et Olivier Carré.

Au cours du débat qui a suivi c’est notamment la contractualisation avec l’État dans le cadre de la Loi de programmation des finances (1) qui a – un peu – agité l’hémicycle. Maryvonne Hautin, maire communiste de Saran, a regretté cette contractualisation : « ainsi donc nous allons prêter allégeance à l’État. Nous, élus locaux, pouvons-nous cautionner une telle orientation ? Ce sont les communes qui vont payer les dettes de l’État. Je crois qu’on pourra dire que l’État va nous coûter un pognon de dingue… », paraphrasant le Président Emmanuel Macron au sujet des aides sociales récemment.

F.Sabourin

(1) Un dispositif assez complexe dont on peut en rappeler les grandes lignes : en application de la loi de programmation des finances publiques 2018-2022, les collectivités et EPCI (Etablissements public de coopération intercommunale) dont les dépenses de fonctionnement dépassent les 60M€ par an pourront signer un contrat avec l’État, d’ici au 30 juin, par lequel ils s’engagent à ne pas dépasser un taux de croissance des dépenses de fonctionnement de 1,2 % par an, inflation comprise. Si l’objectif des 1,2 % est obligatoire pour les 322 collectivités, la signature du contrat ne l’est pas. Mais celles qui n’ont pas signé se verront appliquer une sanction plus dure : pour celles-ci, la totalité de l’écart entre les objectifs et les dépenses réelles sera récupéré par l’État. Pour les collectivités ayant contractualisé, ce sera 75 %. Dans tous les cas, la reprise est limitée à 2 % des recettes réelles de fonctionnement. (Source : Maire-info.com).

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