Blois : le don d’organes, un geste pour prolonger la vie

Dans le cadre de la journée nationale de réflexion sur le don d’organes, le Centre hospitalier de Blois Simone-Veil a présenté l’équipe du secteur Prélèvement Multi-Organes (PMO). 365 jours par an, elle assure la continuité de se service essentiel.

« Le don d’organes est essentiel. Il importe que les Loir-et-Chériens accomplissent ce geste de générosité qui se réalise parfois dans un moment de grande douleur pour les familles. Notre pays a réalisé 6.000 greffes en 2017 mais la liste des personnes qui attendent est de près de 15.000″ soulignait Olivier Servaire-Lorenzet (directeur du CHB Simone-Veil) lors du point presse organisé dans le service de la réanimation médico-chirurgicale.

C’est ici que travaille l’équipe de la Coordination hospitalière aux prélèvements d’organes et de tissus mise en place en 2007 sous l’impulsion du docteur Isaac Gbadamassi. Depuis cette date, agréé par l’agence de Biomédecine et l’Agence Régionale de Santé, le centre hospitalier de Blois est autorisé à pratiquer le prélèvement d’organes. Constituée d’infirmiers et de médecins impliqués dans l’activité de soins, l’équipe est chargée de l’organisation des dons et des prélèvements. Une dizaine sont réalisés annuellement pour un flux de 16 à 20 dossiers. Elle propose par ailleurs les organes aux services de transplantation selon les règles d’attribution en vigueur.

C’est elle également qui à la lourde charge de parler aux familles lorsque la personne est en état de mort encéphalique. En la matière, la qualité de la relation, l’empathie, le professionnalisme donnent des résultats exceptionnels puisque le centre hospitalier de Blois peut afficher un taux de refus de 0 alors qu’il est de 30 % dans la grande région Ouest et de 40 à 50 % en France.

« Rien n’est jamais joué d’avance. L’important est la relation de confiance nouée avec les familles lors de l’entrée » expliquait l’une membre de cette équipe qui ne compte ni son temps ni son énergie pour prolonger la vie. Élément central, Hélène Le Raser est l’infirmière coordonnatrice départementale qui participe à la formation de ses collègues de l’hôpital de Blois mais aussi de Vendôme et Romorantin.

« Jeune ou âgé, malade ou en bonne santé, il n’existe pas de contre-indication au don d’organes et de tissus. Nous évaluons au cas par cas les organes et les tissus pour nous assurer de la qualité de la greffe qui sera réalisée dans le cadre des urgences chirurgicales » déclarait de son côté le docteur Brice Fermier, anesthésiste-réanimateur et médecin coordinateur. Au CHB, 7 chirurgiens assurent ces prélèvements au bloc (le plus souvent la nuit) ce qui place l’établissement Blésois à la première place régionale des hôpitaux généraux par le nombre de chirurgiens formés.

Un arbre du souvenir

À l’occasion de la journée nationale, Olivier Servaire-Lorenzet et l’équipe ont inauguré « l’arbre du souvenir ». Situé à proximité immédiate des urgences, ce ginkgo biloba rend hommage aux donneurs et à leur famille. « C’est l’espèce végétale la plus ancienne de la planète, il est arrivé 40 millions d’année avant les dinosaures et a survécu à tous les cataclysmes de la planète. C’est le premier arbre qui a poussé après la bombe d’Hiroshima », soulignait Olivier Servaire-Lorenzet en rendant hommage à tous les donneurs et à leurs proches grâce auxquels la vie se perpétue.

JLV

Le don d’organes en France en 2016

La barre des 6000 greffes par an n’a été dépassée pour la première fois qu’en 2017. En 2016, on dénombrait 3.615 greffes de rein, 1.322 greffes de foie et 477 greffes du cœur.
C’est très insuffisant car 22.617 personnes ont eu besoin d’une greffe. Et 579 patient n’ont pas survécu à cette attente (25 %) tandis que 14.429 étaient toujours dans l’attente.
Les greffes (cœur, reins, foie) sont réalisées au CHU de Tours qui possède une grande expertise en la matière. Le taux de survie de la greffe du rein est ainsi supérieur à 90 %.
On rappellera que la loi fait de chaque français un donneur d’organes et de tissus présumés. On peut être contre, et dans ce cas, il faut le faire savoir. La meilleure façon est de s’inscrire sur le registre national des refus (www.registrenationaldesrefus.fr). Mais, on peut exprimer son opposition à ses proches par écrit ou à l’oral.
Enfin, il faut savoir que l’on peut donner un rein de son vivant. Outre un membre de la famille, c’est désormais possible également, depuis 2011, pour toute personne apportant la preuve d’une vie commune ou d’un lien étroit et stable d’au moins 2 ans avec le receveur.

 

Commentaires

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  1. Deux lignes auraient suffit pour nous informer.
    Mag Centre ne connaît pas les formats courts…

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