Jazz à l’évêché, une soirée de clôture réussie !

Pour sa 4e édition, Jazz à l’évêché a autant soigné sa soirée d’ouverture que de clôture. Si le public s’était déplacé en nombre pour applaudir le groupe Electro Deluxe mercredi, il n’était pas en reste samedi soir pour danser sur le son hip-hop de Sly Johnson ! Entre beat-box, afro-jazz et musique cajun, les spectateurs ont profité des différentes ambiances dans la bonne humeur.

Majnun cl Marie Line Bonneau

Samedi 23 juin, la soirée a commencé à 19h avec le musicien et chanteur Majnun sur la grande scène. Actuellement en résidence à l’Astrolabe, celui qui se fait appeler « le fou errant » a fait découvrir au public l’afro-jazz. Mélange de sons traditionnels d’Afrique de l’Ouest, de reggae et de blues, le tout saupoudré de saxos et de trompettes.

Accompagné de musiciens talentueux, il a chanté pendant une heure la cosmogonie de l’univers, tout en poésie, devant un public familial conquis. Il a aussi mélangé les langues, passant de l’anglais au sérère, et de lingala au portugais. Majnun s’est aussi fait militant, porte-parole des migrants en reprenant Clandestino de Manu Chao, ou encore en dénonçant le racisme toujours présent en 2018, en prenant l’exemple de Christiane Taubira et de Mathilde, la Jeanne d’Arc 2018. Il a donc fini son set en chantant avec le public « give me a banana », et l’on a compris toute l’ironie et la puissance de ce « tir-railleur sénégalais », comme il se plaît à dire.

Impro de jazz et hot-dog

Direction ensuite la caravane, pour écouter Trio GPL, ou la rencontre de trois musiciens issus de trois univers musicaux différents. Réunis par le jazz, ils ont réussi à mélanger le style de chacun dans un set harmonieux et dirigé par l’improvisation.

Trio GPL cl Marie Line Bonneau

Musique du monde, jazz classique et swing-musette ont fait danser une bonne partie des spectateurs. Quant aux autres, ils ont écouté en faisant la queue pour un hot-dog ou une bière (c’est qu’à 20h, les stands de nourriture et autres buvettes ont été pris d’assaut).

Sly Johnson ou le groove au naturel

Le jardin de l’évêché s’est ensuite rapidement rempli pour accueillir la tête d’affiche de la soirée, Sly Johnson. Sur scène, le chanteur et auteur-compositeur, s’est livré à une performance groovy, et a séduit par son naturel et son talent. Sly Johnson a débuté sa carrière avec le groupe Saïan Supa Crew (qui gagna une victoire de la musique) et en tant que rappeur. Par la suite, il s’est laissé tenté par un hip-hop aussi soul que jazzy, pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Pro du beat-box, sa voix malléable et profonde a séduit de nombreux artistes, comme Camille, Ayo ou encore Oxmo Puccino.

Sly Johnson cl Marie Line Bonneau

Chantant principalement en anglais, il était accompagné sur scène par une batterie, une guitare et une basse, ainsi qu’un clavier. Sly Johnson a embarqué le public orléanais dans son univers pendant presque deux heures, avant d’échanger avec ses fans et de signer quelques autographes.

Un son de la Nouvelle-Orléans

La vraie bonne surprise de cette soirée aura été le groupe Ze cocodrile gumbo company, et leur set d’une heure à la caravane. Cette dernière avait été pour l’occasion redécorée avec des dizaines de colliers flashy par le groupe, qui nous a emmenés direction la Louisiane et la Nouvelle-Orléans (le thème de cette année! ), avec ses mélodies de jazz créole, de folk blues et de musique cajun.

Ze Cocodrile Gumbo Company cl Marie Line Bonneau

Avec beaucoup d’humour, ils ont interprété des chansons de Sydney Bechet et Zachary Richard, à leur sauce. Les spectateurs étaient encore nombreux à minuit, à en redemander une autre et à vouloir swinguer toute la nuit. Mais pour ça, il faudra attendre l’année prochaine, et la 5e édition de Jazz à l’évêché !

Valentine Martin

 

Commentaires

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  1. Sans doute faudrait-il cesser d’appeler “Jazz”, un peu tout et n’importe quoi. Il n’y avait qu’à voir le reflux des spectateurs assis sur les chaises, face à la grande scène dès les premières chansons de Sly Johnson, pour se réfugier à bonne distance, leurs poitrines ne supportant pas le bombardement en décibels des guitares basses.

    Je comprends que le Directeur artistique programme pas seulement du Jazz, mais aussi des groupes rock/techno pour faire venir un certain public fidèle plutôt au set électro des fêtes de Jeanne d’Arc qu’à du Jazz, mais il revient à chacun, et notamment à la presse, de dire les choses exactes.

    Quant au lieu, jardin de l’évêché ou Campo Santo, il semblerait que la mairie réfléchisse aux problème qui est surtout financier. Pas facile de trancher !

    • Merci pour ce commentaire qui reflète ce que beaucoup d’ Orléanais amateurs de Jazz pensent tout bas… La programmation devient de plus en plus une tromperie sur l’étiquette Jazz, excepté quelques prestations comme celles proposées par Ô Jazz !

      Entre Électro de Luxe racoleur, Hugh Coltman chanteur de charme et Sly Johnson assourdissant, il n’y eu qu’ Yilian Canizares pour apporter un peu d’authenticité, de mélodie et même de poésie…mais c’était plus de la World de bonne qualité que du Jazz !
      L
      Stéphane Kochoyan a sans doute les mains moins libres que pour Jazz or Jazz, sans reparler du Campo Santo d’antan ?
      Il a surtout moins de moyens et la pression d’une mairie qui se satisfait de célébrer cette année l’union avec la Nouvelle-Orléans au “minimum syndical” ! La prestation du jeudi à destination des enfants était à peine digne de l’investissement des enseignants présents.

      Un coup de chapeau néanmoins à Nathalie Kerrien qui est la plus assidue des élus orléanais pour se “frotter” au public hétéroclite du Jardin de l’ Évêché !

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