Chambre de Métiers et de l’artisanat : en marche… vers la régionalisation

La régionalisation était à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la CMA 41 (Chambre de métiers et de l’Artisanat) le 28 juin dernier. Dans un contexte financier tendu, l’établissement consulaire n’a pas vraiment d’autres alternatives.

Christophe Degruelle président d’Agglopolys était aux côtés de Stéphane Buret président de la CMA 41 pour témoigner du soutien de l’agglomération aux forces vives de l’artisanat dans un contexte financier tendu.

En 2020, les 6.695 entreprises artisanales que compte notre département seront très certainement ressortissantes d’une chambre des métiers et de l’artisanat régionale doté d’un établissement dans le département. C’est clairement le message délivré Gérard Bobier, président de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat, venu présenter les enjeux actuels d’un réseau consulaire à la croisée des chemins mais aussi le calendrier de mise en place de cette nouvelle organisation qui figurait dans programme pour la mandature 2017-2021.

Cette régionalisation se concrétisera donc en 2020. Un secrétaire général (Nicolas Hénault) a d’ailleurs été recruté pour conduire ce processus qui, outre la mutualisation des moyens généraux, comporte parallèlement un volet maîtrise des charges pour retrouver un équilibre budgétaire sérieusement entamé.

Car en la matière, l’amélioration n’est pas suffisante. Après un exercice 2016 déficitaire de 260.000 €, 2017 marque ainsi une nouvelle perte de 173.000 €. Celle-ci est imputable aux services du siège car le CFA interprofessionnel présente pour sa part un équilibre des comptes.

L’autre variable d’ajustement est constituée des ressources propres de l’établissement. Pour qu’elles augmentent une campagne marketing « Osez l’artisanat » est mise en place. « Nous sommes engagés dans une démarche de commercialisation d’une nouvelle offre de services (numérique, création-reprise, formation …) qui doit nous permettre d’augmenter nos ressources propres » a ainsi souligné Stéphane Buret, président de la CMA 41.

Outre le vote du budget, l’assemblée a été l’occasion de revenir sur l’opération Artisan d’un jour durant laquelle des personnalités locales (Nicolas Perruchot, le préfet JP Condemine, Christophe Degruelle, le député LREM de Loir-et-Cher Marc Fesneau) se sont immergées avec succès au sein d’une entreprise artisanale. Ces immersions comme celles du préfet chez un garagiste blésois ont fait le buzz sur Internet générant par exemple 7.745 vues sur la page Facebook et 4.100 sur Twitter.

« Je suis ravi de cette expérience. Il est important de connaître l’artisanat pour le valoriser et donner envie aux jeunes d’intégrer ces filières d’excellence. Les 16-25 % ne sont aujourd’hui que 7 % à opter pour l’apprentissage. C’est insuffisant alors que c’est évident ; avoir un pied dans l’apprentissage, c’est avoir un pied dans la réussite professionnelle et personnelle » dira le secrétaire général de la préfecture Julien Le Goff qui a été accueilli par l’artisan taxi Pierre Bouffart.

Nouveau CFA, bouclage du financement en vue

Autre bonne nouvelle, le tour de table du futur CFA interprofessionel est en passe d’être bouclé. Le président Buret a ainsi annoncé qu’à la suite d’une réunion des financeurs le 1er juin dernier, la Région Centre Val de Loire s’est engagée à soutenir le projet à hauteur de 25 millions d’€ (pour un coût total de 29 M€). Seules réserves demandées par sa vice-présidente en charge de l’apprentissage Cathy Münsch-Masset : l’existence d’un plan de financement équilibré et le maintien des compétences régionales par le législateur.

On sait par ailleurs que le concours d’architectes du projet immobilier de reconstruction-extension du CFA interprofessionnel a été lancé par le bureau de la CMA 41 en janvier dernier. Et selon Yves Tomasi, directeur général des services, un jury se réunirait en septembre pour choisir le lauréat. Le début des travaux pourrait donc intervenir fin 2019.

« Plusieurs collectivités territoriales, la CCI, des organisations professionnelles et des financeurs de la formation professionnelle ont annoncé officiellement leurs soutiens en annonçant des montants. Les octrois de financement sont en cours de finalisation auprès des instances internes de ces organismes » a déclaré Stéphane Buret en précisant que le montage financier du projet serait présenté lors d’une assemblée générale en octobre prochain.

L’assemblée s’est conclue par l’hommage rendue à Christine Desbois-Vannier, qui après 23 années de bons et loyaux services, fait valoir ses droits à la retraite. On doit à cette femme intelligente et passionnée par son métier de nombreux dispositifs artisanaux innovants comme le groupement d’entreprises Métiers partagés, le Baladodrive ou encore l’entreprise d’entraînement pédagogique.

JLV.

Les artisans retrouvent le moral… un peu

« L’activité est bien là. Mais la conjoncture du premier semestre montre des signes de fragilité structurelle liée à la hausse du prix des matières 1ères qui pèse sur les marges et, au bout du compte, sur la trésorerie » a commenté Gérard Bobier en présentant les résultats de l’enquête du 1er baromètre semestriel réalisé par l’observatoire régional de la conjoncture de l’artisanat (1).

Les 1.602 artisans ayant répondus ont meilleur moral puisqu’ils sont 32 % (31 % en Loir-et-Cher) à estimer que leur activité va croître au cours du second semestre. L’impact en terme d’emploi reste mesuré avec seulement 14 % des artisans projetant des recrutements (12 % pour la région). Ils sont même 10 % à envisager de « dégraisser » (soit une hausse + 6 points par rapport au dernier baromètre 2017).

73 % des artisans jugent la hausse des matières premières préoccupante et ils sont 50 % à ne pas l’avoir répercutée. Côté trésorerie, cela reste difficile pour 49 % des artisans (44 % en Loir-et-Cher) de même que trouver des professionnels dans des métiers en tension de l’hôtellerie-restauration, de la vente ou de la mécanique.

L’amélioration est visible dans la volonté d’investir avec 24 % des entreprises ainsi que dans les projets de développement qui concernent 25 % des artisans, en particulier dans les secteurs de l’alimentation et de la production. On notera qu’un artisan sur 5 a déposé une demande de concours bancaire en ce sens.
Pour développer leur business, 33 % des sondés envisagent un renforcement de l’offre commerciale et la conquête de nouveaux marchés en s’appuyant sur le déploiement d’outils numériques touchant le e-commerce ou la communication digitale. C’est une réalité, la révolution numérique touche aussi l’artisanat.

(1) Associant la CRMA et l’Observatoire de l’économie et des territoires.

 

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