Olivet : la ministre de la Santé vient vérifier que la mutation du RSI est bien sur les rails

C’était une promesse du candidat Emmanuel Macron : face aux dysfonctionnements du RSI (régime social des indépendants) celui-ci devait rejoindre le régime social général. Chose promise, chose due, et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn est venue à la Caisse locale déléguée à la Sécurité sociale des indépendants à Olivet participer à une table ronde où ont participé des travailleurs indépendants. Objectif : écouter les inquiétudes de ces derniers.


Vous n’aurez sans doute rarement voire jamais entendu parler du RSI en bien : vent debout contre les dysfonctionnements de ce régime social des indépendants , les artisans, commerçants, entrepreneurs, micro-entrepreneurs, et au sens large touts les travailleurs indépendant souhaitaient sa disparition. La loi de financement de la Sécurité sociale 2018 a entériné cette suppression. Mais c’est bien connu : on sait ce qu’on perd, plus rarement ce qu’on va trouver. La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a beau clamer que « cette réforme du RSI vise à vous simplifier la vie » à l’adresse des six indépendants réunis autour d’une table ronde, mardi 3 juillet à la Caisse locale déléguée à la Sécurité sociale des indépendants d’Olivet (Loiret), il n’est pas totalement certains que les éléments de langage aient rassuré tout le monde…

Agnès Buzyn n’était pas venue seule : Gérald Darmanin, le jeune et ambitieux ministre de l’Action et des comptes publics, déjà présent la veille au Lab’O d’Orléans où il a délivré une magistrale leçon aux élus locaux présents, l’accompagnait dans cet effort de pédagogie à usage d’indépendants inquiets.

Échelonner les paiements

« Pourquoi changer de statut ? » se risque une des participantes autour de la table. « Un très grand nombre de travailleurs indépendants a exprimé son malaise pendant tout le temps de la campagne électorale présidentielle sur le sujet. Ils notaient une dégradation forte de la marque RSI. Le Président a pris la promesse de le supprimer », a-t-elle répondu. Ajoutant que : « L’objectif est ni de faire mieux ni moins bien ». Mais alors quoi ? « Au moment des liquidations des retraites, on s’aperçoit que les parcours sont de plus en plus diversifiés, avec des personnes qui ont eu 5, 6 voire 7 caisses de retraites différentes dans leur vie, et ça va continuer comme ça » justifiant la simplification et le regroupement sous une seule bannière, comme la sécurité sociale étudiante qui elle aussi rejoint le régime général.

Parmi les inquiets des inquiets, les buralistes : Sandra Salgado représente les 260 buralistes du Loiret, « dont 90 % dans la ruralité » précise-t-elle. « Le problème que nous rencontrons concerne l’appel des cotisations, beaucoup de petites structures sont mal informées, peut-on bénéficier d’un accompagnement, de courriers ? ». « C’est un des points qui nous a déjà été remonté en effet » précise la ministre. Parmi les mesures qui iraient dans le bon sens, le délai de paiement par anticipation qui offre la possibilité au travailleur indépendant de réaliser un étalement des échéances futures avant même que les cotisations aient été appelées ou mises en recouvrement. « Beaucoup de questions sont liées à la création d’entreprises, à l’auto-liquidation, l’échelonnement des paiements en fonction des revenus disponibles… Parmi les nouveautés, le paiement par carte bancaire et l’application smartphone » tente encore Agnès Buzyn, avant de s’éclipser à l’issue d’une table ronde qui aura duré une petite demi heure.

F.Sabourin

Les maternités de la région en question

Agnès Buzyn et Gérald Darmanin ont quand même pris 5 mn pour répondre aux médias, qui avaient naturellement des questions plus « locales » en marge du sujet du jour : le RSI. Quid des maternités qui ferment ou qui s’apprêtent à le faire ? « La seule chose qui compte pour moi c’est la santé des femmes enceintes et des bébés. La maternité de Châteaudun ferme pour des questions de sécurité, celle du Blanc ferme l’été parce qu’on n’a pas le recrutement nécessaire à son bon fonctionnement. Les postes sont là mais nous n’avons pas les candidats pour les pourvoir… ». Avant de conclure : « Nous payons le prix de décisions prises dans les années 90, on a fermé les études de médecine, aujourd’hui on manque de médecins… ».

Gérald Darmanin pointe les incohérences de certains élus au sujet de la contractualisation

La veille déjà, il avait épinglé Marc Gaudet – en sa présence – au Lab’O au sujet de la contractualisation qu’il ne voulait pas signer. Le lendemain (mardi 3 juillet) et au moment-même où l’AMF, ARF et ADF (1) dans une conférence de presse commune indiquent qu’ils quittent la prochaine Conférence nationale des territoires, le ministre de l’Action et des Comptes publics se demande « s’il n’y a pas plutôt un problème avec les associations d’élus qu’avec les élus. Je constate par ailleurs que François Baroin, président de l’AMF, a pourtant signé la contractualisation dans sa commune de Troyes »

(1) Assemblée des maires de France, Assemblée des Régions de France et Assemblée des Départements de France)

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Extrait de l’article ci-dessus : “la seule chose qui compte pour moi c’est la santé des femmes enceintes et des bébés. La maternité de Châteaudun ferme pour des questions de sécurité”,

    Et les Dunois veulent un aéroport ?

Les commentaires pour cet article sont clos.