À Cuba, le tourisme, valeur sûre

À chaque étape, de La Havane à Trinidad, en passant par l ‘enclave balnéaire de Cayo Santa Maria et des villes chargées d’histoire – Santa Clara, Remedios ou Sagua La Grande – l’accueil convivial ne se dément pas. On ne peut oublier qu’ici musique et danse sont les deux principales sources d’énergies renouvelables !…

Une place dans le centre de Trinidad © YH

En ce 1er mai, l’ambiance est dans la rue. L’immense plazza de la Revolucion de la capitale cubaine est comble et dans les artères alentour voisinent uniformes militaires et accoutrements les plus divers : l’un brandit un panneau de carton en faveur de la culture, un autre arbore un énigmatique tee-shirt « Jmenfou », avant de rejoindre la manifestation d’un pas décidé.

Du côté du port, un paquebot géant a lâché sa cargaison de croisiéristes. Ils se répandent dans la vieille Havane, pour beaucoup en direction du bar « Floridita », halte obligée du circuit Hemingway. D’autres se lancent dans un tour de ville en paradant à l’arrière d’une « belle américaine », Cadillac, Buick ou Chevrolet des années 50.

Du balnéaire…

Balade en bateau pour touristes près de cayo Santa Maria © YH

Le flux de visiteurs est résolument orienté à la hausse. Le ministre du tourisme, Manuel Marrero Cruz, le confirme, lors de son discours d’ouverture de la Feria international de turismo (FIT) dans l’enclave balnéaire aux eaux turquoise de Cayo Santa Maria. « La progression est constante, souligne-t-il. Nous avons enregistré 3,5 millions de touristes en 2015, 4 millions en 2016 et 4,7 millions en 2017. » Dans les cayos, les petites îles qui ourlent la côte septentrionale, à l’est de Varadero, hôtels et resorts semblent pousser comme des champignons. De plus, dix-sept compagnies de croisière accostent désormais sur les rivages cubains. Les Français accompagnent le mouvement. Leur nombre a doublé en quatre ans. Ils étaient 96 000 en 2013 et plus de 209 000 en 2017. Le tourisme est devenu l’une des principales sources de devises du pays avec l’envoi de fonds – les remesas – des émigrés et l’exportation de services, en particulier les médecins-coopérants, déployés au Venezuela et dans d’autres pays d’Amérique latine.

… au tourisme de circuit

Le culte du Che perdure. Ici à Caibarien © YH

L’hommage aux figures révolutionnaires fait partie intégrante des visites. Le Che est honoré à Santa Clara où il dispose d’un mausolée et de son musée, alors que Fidel Castro se contente d’une modeste tombe à Santiago de Cuba.

Le cochon cuit à la broche, plat typique © YH

À Caibirien, dans l’enceinte du musée de la canne à sucre figure le portrait christique du Che rehaussé du slogan, « Hasta la victoria siempre ». Mais d’une halte à l’autre, c’est l’accueil chaleureux par des orchestres locaux qui retient le plus l’attention. Incontournables « Guantanamera », « Chan Chan » ou « El Carretero » : « A caballo vamos p’al monte » (À cheval, nous allons à travers la montagne). Chansons et danses agrémentent les buffets campagnards des auberges villageoises, où trône le cerdo asado, le cochon rôti à la broche, qui rallie tous les suffrages.

 

 

Pèlerinage historique et culturel aussi. A Remedios, l’une des plus anciennes villes de la Grande île – elle fut fondée en 1514 – on admire les vestiges de l’architecture coloniale, tandis que se succèdent défilés de mode et évocation des parrandas. Les costumes de ce carnaval annuel de fin d’année sont exceptionnellement de sortie pour notre passage. Le guide, qui officie au musée local, nous raconte l’origine de la tradition. En 1821, le curé de Remedios, Francisco Vigil de Quiñones, déplorait la faible fréquentation des messes de l’Avant. Pour réveiller ses paroissiens, il imagina de bruyantes séances de tapage matinal par les gamins et une compétition entre quartiers. La tradition s’est perpétuée au fil des décennies. À Remedios, on appartient à présent au quartier du Carmen ou à celui de San Salvador. À chacun ses symboles et ses costumes sophistiqués. La rivalité continue de battre son plein à coups de farandoles et de chars luxueusement décorés. À l’écart de cette animation, dans les rues qui entourent la place principale, les habitants vaquent à leurs occupations. Une queue s’est formée derrière les grilles d’une modeste épicerie délivrant des pizzas. Un peu plus loin, un réparateur de parapluies dépanne à même le sol un petit groupe de femmes. C’est un cuentapropista, un auto-entrepreneur, qui profite de la libéralisation de quelque 200 petits métiers pour améliorer son ordinaire.

Un riche patrimoine culturel

Direction Sagua La Grande. À l’instar de Remedios, le gros bourg rural aspire à sortir de sa torpeur. Il a longtemps vécu au rythme de la coupe de la canne et compté dans ses environs jusqu’à 170 sucreries à son apogée, à la fin du XIXe siècle. La région n’en compte plus qu’une et amorce sa reconversion. La ville entend valoriser à la fois sa station balnéaire et l’héritage culturel d’un enfant du pays, le peintre Wifredo Lam (1902-1982). Ses peintures métissées, influencées par le surréalisme, ornent les murs d’un embryon de musée local. Dans les rues, le passage du ministre du Tourisme, annonciateur de ce second souffle, donne lieu à une parade musicale endiablée.

Paysage du parc naturel Topes de Collantes, près de Trinidad © YH

Plus au sud, visite du parc naturel Topes de Collantes, situé à 800 mètres d’altitude dans la sierra de l’Escambray. Nous découvrons la végétation luxuriante et des panoramas remarquables à bord de spartiates camions soviétiques des années 70 reconvertis en véhicules touristiques. Il ne reste plus qu’à se laisser glisser jusqu’à Trinidad, la perle régionale.

Longtemps le temps semblait s’être arrêté dans la jolie cité aux rues pavées, où résonnaient le bruit des charrettes d’un autre temps et le son mélodieux de guitaristes et d’orchestres locaux. Mais le succès aidant, la ville se transforme. Nombre de particuliers ont transformé leur logement en casa particular, capable d’accueillir les étrangers et les boutiques de souvenirs accaparent les rues du centre-ville.

Vous prendrez bien un verre de mojito ? © YH

Les bars aussi sont légion, car ici, tous les chemins mènent au rhum et plus précisément au mojito que l’on vous sert jusqu’à satiété. C’est à l’heure de l’apéro qu’un Cubain goguenard nous lance : « Une dernière pour la route ? » « Entre Parkinson et Alzheimer, qu’est ce que tu choisis ? … » Et notre interlocuteur de comptoir de reprendre : « Moi, j’opte sans hésiter pour Parkinson. » Pourquoi ? « Parce que je préfère renverser une partie de mon verre de mojito que d’oublier de le boire. » « Salud ! » (Santé !).

 

Yves Hardy

Pratique

Y séjourner –  À La Havane :
° Un boutique hôtel de charme en bord de mer, le Malecon 663. www.malecon663.com
° L’hôtel Riviera dans le quartier de Miramar. Au coin de l’avenue Paseo et du Malecon. Une piscine, appréciable en été.  www.hotelhavanariviera.com/fr/
° Loger chez l’habitant à La Havane comme à Trinidad : www.cubachezlhabitant.com/

Y manger :
° Restaurant «  5 sentidos » dans la vieille Havane :  www.paladar5sentidos.com

° Restaurant « La Imprenta », dans la rue Mercaderes de la Vieille Havane : https://d-cuba.com/restaurante-la-imprenta

– À Trinidad : hôtel Las Cuevas  www.cubanacan.cu/en/hotelview/las-cuevas

Guides : Encyclopédie du voyage Cuba et Cartoville La Havane  (chez Gallimard) ; Le Petit Futé (www.petitfute.com ) ; Le Guide du Routard (Hachette).

Renseignements : Office de tourisme de Cuba à Paris –2, passage du Guesclin  – 75015  – Paris.  Tel : 01 45 38 90 10.   ot.cuba@ambacuba.fr

Site : www.autenticacuba.com

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