Elle filme les îles Lofoten

Depuis le 5 juillet dernier, Marie-Lou Vezon, une jeune blésoise de 20 ans, a mis le cap vers les îles norvégiennes Lofoten près du cercle polaire Nord arctique. Sélectionnée pour un workshop cinématographique européen, elle réalise un film documentaire.

Remarquée pour avoir réalisé un documentaire mémoriel Les Kiwis dans la Grande Guerre, sur les traces de ces héros venus de l’autre bout du monde labellisé par la Mission du Centenaire de la Première Guerre et déjà projeté à une trentaine de reprises en France (1), Marie-Lou Vezon a été choisie par Ciclic, l’agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique pour représenter la France lors de ce workshop.

Marie-Lou Vezon.

La jeune étudiante en sociologie rejoindra l’association Screen Talent Europe et posera sa caméra à Kabelvåg pour retrouver un groupe de 11 jeunes talents d’Europe du nord sélectionnés pour cet atelier. Ils bénéficieront d’un encadrement de haut niveau avec notamment la présence Hans-Erick Voktor, professeur à l’école de cinéma de l’université de Stavanger et de la réalisatrice Anniken Hoel auteure notamment du très beau film Cause of death unknow.

Les participants issus de différents pays (îles Féroé, Irlande, Suède, Danemark, Allemagne, Norvège) seront répartis en 4 équipes de 3 avec pour objectif de produire un documentaire sur le thème du changement à l’issue du workshop. Écriture du scénario, story-board, tournage, montage : ils seront accompagnés lors des différentes étapes avec en parallèle un riche programme d’ateliers et de séminaires.

« C’est une formidable opportunité pour mettre en œuvre mon projet. Le workshop va me permettre de développer mes savoir-faire, de travailler avec du matériel de professionnel et de me créer un réseau », explique Marie-Lou. Très concernée par problématiques sociales et environnementales, la jeune femme envisage à l’issue de sa licence de sociologie, qu’elle va suivre à l’Université de Montréal, d’intégrer une école de documentaire en France (Lussas) ou à l’étranger.

Fan du travail du documentariste israélien Avi Morgrabi et de l’afro-féministe Amandine Gay, Marie-Lou s’intéresse particulièrement aux peuples autochtones. « J’ai hâte d’être sur place pour travailler sur un projet, pourquoi pas en lien avec la minorité Sami ou le bouillonnement des créateurs et artistes locaux. Je remercie Ciclic de cette opportunité qui va me permettre de progresser techniquement mais aussi sur le plan personnel et humain” conclut la jeune femme.

Un documentaire bientôt projeté dans les écoles de Nouvelle-Zélande

Les Kiwis dans la Grande Guerre est un film, à dimension pédagogique, intégralement écrit et réalisé par Marie-Lou Vezon lorsqu’elle avait 17 ans. Il est né à la suite de son voyage en Nouvelle-Zélande et d’une volonté de témoigner d’une page méconnue de la Grande Guerre à savoir la participation héroïque des soldats Kiwis de l’Anzac.

Le film prend la forme d’un documentaire en français, sous-titré en anglais, divisé en 12 chapitres, d’une durée de 60 minutes. Il est composé d’images et films d’archives, d’interviews (historienne, présidents d’associations…), de témoignages de descendants des combattants de l’Anzac et d’extraits musicaux d’époque.

Le film est projeté, chaque année, lors de l’Anzac Day au Quesnoy (59), ville libérée par les Néo-Zélandais mais aussi dans plusieurs communes du Nord de la France. Il a aussi été diffusé lors des Rendez-Vous de l’Histoire de Blois, par la Fondation Maginot ou l’université de la Rochelle. L’UNC 45 en fait notamment une large promotion auprès des collèges et lycées pour illustrer le devoir de mémoire et la reconnaissance due aux combattants de la Liberté. Il sera aussi projeté en novembre prochain à Saint-Gervais-la-Forêt (41) à l’occasion des commémorations de l’Armistice de la guerre 14-18.

JLV

Philippe Germain : « Ciclic veut être un incubateur de talents dans le cadre du service public culturel régional »

Philippe Germain, directeur général de Ciclic, l’Agence régionale du Centre-Val de Loire pour le livre, l’image et la culture numérique qui soutient les jeunes réalisateurs a bien voulu répondre à nos questions.

Magcentre.fr : Quelle est l’actualité de Ciclic ?

Philippe Germain : Le sujet du moment est le prochain lancement du nouveau Cinémobile qui viendra remplacer l’un des anciens camions, qui après 22 ans de bons et loyaux services cessera de sillonner notre région. Jeudi 10 juillet dernier, j’étais d’ailleurs en compagnie du Président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, à Ladon, chez le carrossier-fabricant, l’entreprise Toutenkamion, pour une visite d’avancement du chantier. Les 3 Cinémobiles que nous gérons sont des outils formidables de diffusion de la culture cinématographique mais aussi de cohésion sociale. Ils marquent l’effort de la région CVL pour les territoires ruraux trop souvent délaissés. Beaucoup de régions françaises nous envient ce dispositif qui a bénéficié à 65 000 spectateurs ces 12 derniers mois (+17%).

Stéphane Girerd, PDG de Toutenkamion, Agnès Sinsoulier-Bigot, vice-présidente de la Région déléguée à la Culture, François Bonneau et Philippe Germain.

Magcentre.fr : Combien de communes bénéficient du Cinémobile ?

Philippe Germain : 46 au total. Les équipes de Ciclic travaillent avec un réseau de correspondants pour le choix des œuvres diffusées mais aussi de centres de loisirs pour l’éducation à l’image des jeunes générations. L’objectif est ainsi de rendre les citoyens acteurs de notre politique de diffusion culturelle. Nous projetons à la fois des films populaires grand public et d’auteurs puisque le Centre National du Cinéma nous a attribué le classement art et essai. Ce nouveau Cinémobile, d’un coût d’un million d’€, offrira une capacité de plus de 100 places et sera inauguré le 6 octobre prochain lors d’une manifestation qui sera à la fois festive et populaire. À cette occasion, Le Grand Bal de Laetitia Carton, film que nous avons soutenu, sera projeté en avant première. (1) Plus que jamais notre ambition est de « mettre les mots et les images au service du territoire régional » comme il est écrit dans notre rapport d’activité 2017.

Magcentre.fr : Quel regard portez-vous sur les 12 mois écoulés ?

Philippe Germain : Ils ont été particulièrement riches en récompenses prestigieuses pour les œuvres soutenues par l’agence, la confortant dans la nécessité d’apporter son concours à des films exigeants et audacieux. Je citerai 120 battements par minutes de Robin Campillo, César du meilleur film 2018 (1 million de spectateurs), Pépé le Morse de Lucrèce Andreae, César du meilleur court-métrage d’animation ou Samouni road de Stephano Savona. Produit par Alter Ego, une société orléanaise, il a reçu l’Œil d’or, le prix du meilleur documentaire à Cannes. Je n’oublie pas Negative Space, un autre court métrage d’animation (2) qui a été nommé aux Oscars et Funan de Denis Do, Cristal d’Or au festival d’Annecy. Si le soutien à des projets de ce type est important, Ciclic accompagne aussi les jeunes en devenir, à l’image de Marie-Lou Vezon qui réalise un court-métrage aux îles norvégiennes Lofoten.

Magcentre. Un mot sur l’étude préparatoire à la mise en place d’un cluster régional de l’image en mouvement ?

Philippe Germain : Elle sera présentée à la rentrée. L’idée est de vérifier s’il est envisageable de créer un écosystème favorable au développement d’une filière de l’image allant du film d’animation, au documentaire de création en passant par la réalité virtuelle augmentée. Il faut savoir que l’industrie du cinéma est un secteur économique majeur pesant plus lourd dans le PIB français que l’industrie auto. Dans ce cadre, Ciclic a vocation à poursuivre son action pour structurer et développer cette filière économique porteuse d’emplois en accompagnant les structures de production régionales. La région Centre-Val de Loire, au travers Ciclic, est un incubateur de talents dans le cadre d’un véritable service public culturel régional offrant un espace de liberté aux créateurs et d’égalité d’accès à la culture à tous les citoyens de nos territoires.

Propos recueillis par JLV

www.ciclic.fr

(1) Le film avait été présenté en mai dernier lors du Festival de Cannes.
(2) Ses 2 réalisateurs Ru Kuwahata et Max Porter ont été accueillis en résidence dans le studio d’Orbigny pendant 2 mois.

 

Commentaires

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  1. Bravo à Marie-Lou qui continue son beau parcours, entamé avec son 1er documentaire les Kiwis (à voir et à revoir !), et plein succès à elle dans cette nouvelle aventure norvégienne avec Ciclic, et pour la suite de ses projets, et ce parcours qui s’annonce plus que prometteur !

    • Merci à vous pour vos encouragements! Ma passion est confirmée; de nouveaux films et documentaires sonores vont éclore dans les années prochaines.

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