Moulins à Paroles à Olivet: une édition 2018 qui n’a pas brassé du vent !

Pour sa 7e édition, du 6 au 8 juillet 2018, le festival d’Olivet « Les Moulins à parole » a mis à l’honneur la chanson française et l’humour 2.0. Pour ce festival où la parole est reine, mission accomplie ! Entre les animations pour tous, où se sont côtoyés comédiens, conteurs et autres poètes orateurs, et les spectacles du soir, avec les têtes d’affiche Vérino, Pomme et Barcella, le public a été emporté par la bonne humeur et le bonheur des mots simples.

Camille Hardouin

Cette année encore, Les Moulins à paroles n’ont pas brassé du vent ! Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé et est venu en famille, dans une ambiance bon enfant. En ce chaud week-end de début juillet, le parc du Poutyl était le cadre parfait pour accueillir les animations et spectacles. Au bord du Loiret, les espaces du théâtre de verdure et de la terrasse du Poutyl avaient été aménagés en conséquence, avec notamment une petite buvette, lieu incontournable pour se réapprovisionner en boisson fraîche.

Un vent de douceur

C’est vendredi soir que débutait le festival et c’est donc à l’ouverture que j’ai assisté. Le thème de cette édition reposait sur la chanson française, mais pas n’importe laquelle. Appelée « nouvelle scène française », cette musique est celle de la parole et des mots finement choisis, alliée à une mélodie simple et épurée. Mais c’est aussi celle de la relève d’une nouvelle génération de chanteurs et de musiciens, qui reprennent le flambeau d’une chanson française, longtemps jugée ringarde et vieillissante. C’est donc sur la jeunesse qu’a misé le festival, en faisant appel vendredi soir à la jeune Pomme et à l’artiste confirmé Barcella.

Barcella

La soirée a commencé tout en douceur à la terrasse du Poutyl, avec le concert tout public de Camille Hardouin, chanteuse et poétesse. Avec ses cheveux bleus et son petit grain de voix, elle a emporté le public dans son univers, drôle, intime et bariolé. Apaisantes, ces chansons ont joué avec le silence, les jolis mots et les mélodies, tantôt folk, tantôt électrique.

Pomme, une voix qui impressionne

A 20h30, direction le théâtre de verdure pour écouter Pomme , une jeune artiste de 22 ans. Auteur, compositeur et interprète, la jeune femme est sans aucun doute la révélation de la soirée. C’est seule sur scène, accompagnée de sa guitare et de son auto-harpe mystérieuse, que Pomme se produit. Du cran et une voix de velours l’habitent, elle qui fait face ce vendredi soir à un public bien plus âgé qu’elle n’en a l’habitude.

Parce qu’elle chante l’amour, la mort et les sentiments, on la pense chanteuse pour midinettes et adolescentes seulement. Pourtant, la jeune femme survole de haut cette catégorisation et ne se laisse pas enfermer dans une case. Armée d’une voix qui donne la chair de poule (et ce ne sont pas juste des mots) et d’un humour ravageur, elle a conquis les spectateurs, dont beaucoup se ruent après le concert à son stand pour se procurer son album, sorti en novembre 2017.

Barcella avec deux l, « pour vous faire voyager »

Changement total d’ambiance à présent ! Après la voix presque lyrique de Pomme, voilà que débarque Barcella , chanteur et musicien confirmé qui nous entraîne dans son monde solaire. Avec la complicité de ses musiciens (Philippe Billoin au piano, Julien Jacquin à la basse et Romain Darbon à la batterie), il nous présente son quatrième album, Soleil. Lumineux et acrobate (Barcella grimpe partout sur scène, et sautille de pianos en tabourets), le chanteur cabotin fait la part belle aux mots et à la poésie. « Barcella, avec deux « l », pour vous faire voyager messieurs dames ! » lance-t-il joyeusement. Et ce qui est chouette avec lui, ce sont toutes les émotions qu’il réussit à placer dans son répertoire.

Du rire, avec son légendaire « Salope », de la nostalgie, lorsqu’il chante la maladie d’Alzheimer qui dévore sa mamie, ou de la tendresse, en reprenant le titre qui l’a fait connaître « Ma douce ». Il slame également sur Bobby La Pointe et se transforme en ogre mangeur d’enfants pour faire rire les plus petits. En quatre albums, Barcella a réussi à sans cesse se renouveler, en gardant toujours son amour des mots et des expressions alambiquées. Justement, l’une de ses formules pour parler de la ville hôte du festival, a fait sourire le public : « Olivet, capitale de la culture, de la jeunesse, du bon goût et de la distinction ! ». Rien que ça !

Pourtant, après une soirée comme celle-là, ça donnait presque envie d’y croire…

Valentine Martin

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