Géo foot: Deschamps…Élysées

Par Pierre Allorant

L’Europe mondiale

Il se passe décidément de drôles de choses en ce début d’été 2018, orageux et caniculaire, tout aussi tendu et instable au plan footballistique qu’au niveau international.

Alors que le président américain vient, après avoir pratiquement enterré l’OTAN, porter le coup de grâce à son « amie » Théresa May, et soutenir la rupture brutale avec l’Europe incarnée par l’échevelé Boris Johnson, la planète football va connaître l’épilogue d’un tournoi à nul autre pareil, incontestablement dominé par les équipes du Vieux continent.

Didier Deschamps avec ses hommes en Russie. @FFF

Quant à l’ambition d’une « Grande-Bretagne mondiale », rayonnante jusqu’à la prochaine coupe du monde nord-américaine, elle a explosé en plein vol telle la défense anglaise en demi-finale face à la Croatie aérienne des As Modric et Mandzukic, pilotes habitués aux guerres d’Espagne.

 Vingt ans après

 

Les diaboliques belges. @URBSFA

Après tout il y a une certaine logique à retrouver maintenant cette Croatie qui avait déjà failli priver l’équipe du capitaine Deschamps de finale chez elle en 1998, fête de juillet que seul Laurent Blanc avait vécu dans le rouge, sans carton d’invitation. D’autant qu’à l’issue de la phase de poule, la Croatie était bien la formation la plus séduisante avec la sémillante Belgique si proche du jardin d’Eden.

 

 

 

Et une, et deux, et trois prolongations, le Rocher tarpéien

 

Mais il a fallu à la méritante Croatie passer par trois périodes supplémentaires de 30 mn, au total un match de plus, et deux épreuves crispantes de tirs au but pour accéder enfin à une finale, consécration pour ce jeune Etat-nation issu des guerres balkaniques. Et un pied de nez : cette réussite doit beaucoup au gardien monégasque Subasic, parfois malheureux cette saison, vieux briscard passé par la ligue 2 bien avant de compter comme coéquipier Mbappé comme flèche traçante à la pointe du Rocher en fin de saison européenne 2017. Leur duel dimanche sera scruté et sans doute déterminant.

 

Comique Trippier ou blague belge : la petite finale, une fois

Eden Hazard la pépite belge formé à Lille.

Mais avant l’apothéose, le feu d’artifice tricolore du lendemain du 14 juillet, il faudra bien faire une place à cette petite finale dont l’intérêt se limite souvent à un décrassage rassérénant pour les « coiffeurs » des équipes écartées de la vraie finale.

En l’occurrence, ce sera à nouveau un match de Première League entre voisins déjà confrontés au début du tournoi. Quelle sélection aura gardé le plus de motivation et mieux surmonté sa déception ? Qui de Kane ou de Lukaku voudra le plus sauver son tournoi en terminant meilleur buteur de la compétition ? Espérons du moins pour nos amis belges, toujours bons perdants, qu’ils ne seront pas à nouveau battus par moins forts et moins modestes qu’eux.

 

 

 

 

 

L’entraîneur jupitérien de la jeunesse française.

 

Didier Deschamps, sélectionneur et entraîneur de l’équipe de France.

Mais venons-en au plus excitant, ce plaisir final qui s’avance vers nous comme une deuxième étoile, session de rattrapage 12 ans après l’étoile éteinte sur un coup de tête au bout de la nuit de Zidane.

Comme à chaque ligne du palmarès français, le regard vient buter inévitablement sur le petit basque bondissant obsédé de victoires, de l’OM à la Juve, de l’embrasement du Stade de France à l’incendie à venir de Moscou.

Qu’il semble loin désormais le temps des polémiques sur Benzema ou les bouderies de Rabiot. Si le football champagne n’a guère été au rendez-vous que pour faire tanguer la vieille Argentine, la realpolitik de l’entraîneur jupiterien a le mérite de nous avoir fait oublier les errements de 2002 et 2010. Reste à finir le travail en effaçant le souvenir rageant de la fête de l’Euro, tronquée par le vol de l’aigle portugais, à l’amertume pareille à un Madère.

 

France 1998-France 2018: le jeu des sept familles

 

Kyllian Mbappé.@FFF

La France de 2018 n’a plus grand chose à voir avec le pays de la cohabitation Chirac-Jospin et de l’optimisme porté par la croissance et le quasi-plein emploi d’avant les  subprimes et les attentats.

Il n’empêche : Mbappé nous rappelle furieusement les chevauchées insouciantes de Thierry Henry sans les jeux de mains, jeux de vilain, et Giroud semble parfois réinventer la maladresse de Guivarch devant la cage, avec derrière une défense insubmersible et un gardien volant. Avec en supplément, les poumons de Kanté, le talent de Griezmann, enfin libéré, et de Pogba, à l’heure au grand rendez-vous, c’est  bien la lutte finale : votre jour de gloire est arrivé !

P.A

Commentaires

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  1. Un Géo foot qui n’est pas à la hauteur du talent de M. Allorant !
    Un seul exemple “face à la Croatie aérienne” ???
    Pas du tout aérienne Monsieur, très volontaire certes ; mais complètement harassée, exténuée et même très énervée !

  2. En cette veille de fête nationale et veillée d’armes de finale de la Coupe du Monde, nous sommes partagés. Les uns parmi nous, ivres d’amour du nom français, veulent la victoire de l’équipe de France, parce qu’ils y lisent encore les lettres du mot “France”. Les autres veulent sa défaite au contraire, parce qu’ils voient bien qu’elle est aux yeux du monde abasourdi l’emblème même de la disparition de notre peuple, le drapeau noir du Grand Remplacement, le logo du remplacisme global, l’affiche éclatante de la colonisation par l’Afrique et de la substitution ethnique. À l’instar de beaucoup d’Africains pleins de fierté, ceux-là voient en cette équipe de Coupe du Monde celle de l’Afrique et, sans la moindre hostilité à l’égard de ce continent, il lui préfère l’équipe de Croatie, parce qu’elle est celle de leur autre et plus large patrie, l’Europe. À leurs yeux cette équipe croate est celle aussi de l’antiremplacisme, celle de la résistance aux changements de peuple et de civilisation imposés par la finance hors-sol et l’hyperclasse mondialiste.

  3. Ah oui, fier d’être Français, avec un F majuscule. Notre pays n’est pas une dictature car des millions d’entre nous ont voté au 2ème tour pour Emmanuel Macron, au détriment de notre pouvoir d’achat !
    En 2018, cette équipe de France est à l’image de Mathilde l’Orléanaise (que j’ai eu l’occasion de rencontrer et qui est adorable), MOI J’AIME !
    Quant à la Croatie, elle n’est politiquement pas un monstre. A noter que le Maréchal Tito (ex-Yougoslavie) y est né ?

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