L’audiovisuel public en marche ?

Stéphanie Rist, la députée LReM du Loiret, organisait ce jeudi soir à la médiathèque d’Orléans, un débat avec comme invitée la députée des Yvelines Aurore Bergé, ex-sarkoziste convertie au macronisme et rapporteure de la mission d’information sur l’audiovisuel, mais aussi à la tribune, Jean Eric Valli (Vibration et les Indés Radio), Jean Marc Dubois (France 3 Régions) et Nathalie Kerrien (ex France 3 et adjointe à la culture à Orléans), avec comme vaste sujet l’avenir de la radio et de la télévision dans l’univers du numérique.

Ce sujet médiatique, ô combien actuel, ne fit que peu recette puisqu’une petite trentaine de personnes était présente à cette réunion dont beaucoup de professionnels de la profession qui animèrent le débat. Bien dommage qu’un public si souvent critique de ses élus dans l’anonymat des réseaux sociaux ne se sente pas plus concerné par ces retours de mandat des élus(e)s, mais nous sommes déjà là dans le sujet des nouveaux usages du numérique…

D’autant que, hasard du calendrier, cette réunion se tenait le jour même où les arbitrages rendus par la ministre de la Culture Françoise Nyssen concernant l’audiovisuel public étaient présentés avec une bonne raison de se réjouir puisqu’au lieu de 800 millions d’euros d’économie réclamés par Bercy (soit 1/5 du budget tous médias confondus !) ce n’est finalement “que” 190 millions d’euros d’économie sur cinq ans que devra trouver l’ensemble de l’audiovisuel public en France, dont 160 millions pour France-Télévision. Rappelons au passage que la Grande Bretagne qui ne passe pas pour une adepte des services publics, consacre à la BBC un budget 50% supérieur à la France avec le double de salariés, audiovisuel public qui par ailleurs dégage des bénéfices !

“La honte de la République”

On pouvait bien sûr s’attendre au pire depuis la petite phrase assassine du Président Macron en décembre dernier sur l’audiovisuel public qualifié de “honte de la République”, petite phrase alors démentie, mais dans un excellent article, notre confrère Télérama détaillait par le menu les critiques tous azimuts faites alors par le Président sur le fonctionnement global du service public de l’audiovisuel et ses “lourdes carences”. Certes, la députée Aurore Bergé certifie que ces économies ne toucheront pas à la création “sanctuarisée” de programmes, nerf de la guerre dans la (re)conquête des publics, et l’on veut bien croire que cet autre mammouth puisse perdre un peu de gras sans trop de dommage, mais certains professionnels présents n’ont pas manqué de s’interroger sur la disparition de la chaine France O dont les contenus ultramarins, pour une meilleur visibilité, seront redistribués sur l’ensemble des autres chaines, et celle de France4 qui sera transformée en plateforme numérique pour les enfants.

Tripler la télévision de proximité

De même, certains n’ont pas manqué d’observer qu’il sera difficile à France3 de tripler son volume de production de proximité en s’associant à France Bleu (ce qui se pratiquait déjà il y a quelques années) comme le demande le gouvernement, alors même que France 3 a supprimé ses rédactions locales en région Centre Val de Loire. Et l’annonce faite par Jean Marc Dubois du lancement de “Renversant” nouveau magazine culturel régional, voilà une bonne nouvelle qui illustre concrètement les lenteurs de France3 à intégrer un concept d’émission lancé il y a plus de dix ans par les télévisons locales (dont Orléans TV aujourd’hui disparue) intitulé alors “Cuturz”.

et la radio…

Quant à Jean Eric Valli, défenseur des radios qu’en son temps on appelait “libres”, il a profité de la tribune qui lui était offerte pour réclamer la suppression de la loi stérilisante sur les quotas de chansons francophones, exemple de l’inefficacité d’une loi pleine de bonnes intentions, sans oublier de rappeler aimablement que les radios privés intègrent chaque jour les défis du numérique puisque, pour ce qui les concerne, il y va de leur survie…

Alors que des plateformes numériques comme Netflix développent une offre de programmes et engrangent de plus en plus d’abonnés, ou que les GAFA s’emploient à créer leurs propres réseaux de diffusion, il n’est pas sûr que le message envoyé par le gouvernement, compris comme une nouvelle cure d’austérité, réponde à la nécessaire ambition de faire l’audiovisuel public français la “fierté de la République”…

GP

Commentaires

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  1. aY avait il un grand intérêt à se déplacer au risque d’entendre un simple prechi precha.
    Au vu de ce que l on sait aujourd’hui et sous réserve de ce que les investigations découvriront dans l affaire Benalla , on est en droit de penser qu’ il y a loin entre les paroles et les actes et que les propos, promesses et engagements ne méritent que d être mis …” Allaben”.

  2. A l’heure du déferlement médiatique continu, toutes ondes et réseaux confondus, il est important de réfléchir au devenir de l’audio-visuel et aux conditions de son développement :

    – Audio-visuel Public : quel cahier des charges pour quelles missions : information, culture, éducation, divertissement……. avec en sus l’interrogation sur le positionnement d’un service public de proximité et sa mission. Le tout sous-tendu par une question fondamentale : la part du financement public dont découlera forcement le nombre de vecteurs proposés.

    – Audio-visuel Privé : quels moyens – pub, sponsoring, facturation directe via abonnements ou paiement à la demande, financements via des évènements…….., et dans quel cadre réglementaire : protection des personnes et des données, francophonie, contenus culturels, musicaux et de divertissement, financement de la création, information,

    Autant de questions qui s’attachent uniquement au fond, les formes étant aujourd’hui numériques et multisupports.

    La révolution majeure est là , il s’agit de concevoir des vecteurs de contenus, diffusables quels que soient les supports. La “fabrication de ces contenus” doit faire l’objet d’une véritable réflexion entre interne et externalisée, contrats uniques ou contrats long terme, dans le cadre de prestations de services transparentes (sic pour les animateurs- producteurs !) .

    Il est par ailleurs intéressant de se poser la question du média écrit, support de réflexion, d’analyse, de complément et d’échanges complémentaires dans ce processus.

    Une nouvelle approche à inventer et à modéliser pour des professionnels de la profession qui devront d’abord abandonner des pratiques légèrement corporatistes……

    Pour en discuter …..

  3. Bonjour, L’audio visuel c’est quoi ? Si l’on prend les informations , TF1 – Antenne 2 – France 3 – etc etc .. tous les titres sont les mêmes les images pratiquement les même, les commentaires, les mêmes !!! Du bourrage de crâne les français sont écœurés, pourquoi se déplacer pour entendre toujours de l’autosatisfaction ! Ne pensez vous pas aussi que les publicités, le parlé des journalistes en employant des sigles, du Franglais est en mesure d’aider les français à comprendre ce qui se passe . Je ne le croix pas. il y a beaucoup de ménage à faire, ou de formations à effectuer pour arriver enfin à entendre du FRANÇAIS et redonner goût à l’information, la vraie, pas celle des chats écrasés

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