Affaire Benalla : les policiers très remontés

Ce mardi, l’affaire Benalla a beaucoup occupé le Sénat. La commission d’enquête sénatoriale, dont Jean-Pierre Sueur (PS-Loiret) est co-rapporteur, a d’abord en début d’après-midi entendu sous serment les représentants des syndicats policiers. Puis, dans l’hémicycle le Premier ministre a du répondre à neuf questions d’actualité sur le sujet avant qu’à nouveau la commission d’enquête se réunisse pour auditionner le ministre de l’Intérieur toujours sur le même sujet.

Les policiers : « Il se comportait comme un cador »

Jean-Marc Bailleul

Les représentants des policiers n’ont pas été tendres avec Alexandre Benalla. Tous ont dénoncé « une confusion des rôles et une ambigüité de fonctions ».  « Il se comportait comme un cador. Il a été vu sur plusieurs opérations, plusieurs debriefings et plusieurs voyages présidentiels », a souligné le secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), Jean-Marc Bailleul soulignant les “relations exécrables” que l’ex-collaborateur du chef de l’Etat entretenait avec les forces de l’ordre. « Il venait très souvent sur les services d’ordre, pour des debriefings. Les cadres de la préfecture de police le connaissaient comme une autorité », a assuré David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « Tout commissaire que vous êtes: c’est le conseiller du président de la République… », a-t-il ajouté.

Alexandre Benalla brutalisant un manifestante le 1er mai dernier

Garde du corps ou conseiller du chef d’Emmanuel Macron? « La confusion des rôles, des missions, l’ambiguïté des fonctions de M. Benalla, nous posent de graves problèmes, notamment sur la lisibilité des instructions qu’il pouvait donner à nos collègues”, s’est ému Olivier Boisteaux, président du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) .

Selon Fabien Vanhemelryck, secrétaire général adjoint du syndicat de gardiens de la paix, Alliance, les relations entre M. Benalla et les fonctionnaires de police sur le terrain « étaient exécrables ». Au retour des Bleus, après leur victoire en finale de la Coupe du Monde, à Roissy lundi, M. Benalla aurait eu un comportement « autoritaire et déplacé » avec les gendarmes mais aussi les fonctionnaires de la police aux frontières, a abondé M. Le Bars qui relève également sa présence sur les cérémonies de panthéonisation de Simone Veil, le 1er juillet. Selon le secrétaire général d’Unité-SGP, Yves Lefebvre, « M. Benalla faisait régner la terreur au sein du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République). Il allait jusqu’à l’insulte à l’égard des gradés et gardiens de la paix. »

Une fonction régalienne

Yves Lefebvre

Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police Fo a par ailleurs affirmé qu’« il y aurait au sein du groupe de sécurité du président de la République du personnel privé qui n’est issu ni de la police ni de la gendarmerie. Des barbouzes », a-t-il  insisté. Or, en ce qui concerne la protection du président de la République, fonction régalienne, « Pourquoi avec le GSPR, prendre un conseiller « sécurité »  interroge à son tour M. Bailleul. « Est-ce qu’il y a une défiance de la présidence de la République à l’égard des gens qui sont chargés de la sécurité du président de la République? »  renchérit  M. Boisteaux. « Il faut que ce soit des fonctionnaires de police ou des personnels de gendarmerie qui puissent exercer la mission régalienne qui consiste à protéger nos chefs” », insiste M. Le Bars.

F.C.

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