Loiret: les victimes de l’ancien DGS auraient aimé, aussi, un signe du Département

Dans un communiqué envoyé à la presse les deux anciens directeurs généraux adjoinits du département du  Loiret qui ont fait condamné leur ancien DGS, Tierry Lidolff, Georges Dubrez et Pierre Antoine Ragueneau constatent que le jugement est définitif (un an avec sursis) puisque M. Lidolff a décidé ne pas interjeté appel. Ils reviennent surtout sur l’argent public dépensé pour la défense du DGS. Et regrettent enfin de ne pas avoir reçu un signe des élus du Département.

Pierre-Antoine Ragueneau, l’un des deux DGA.

“Le jugement rendu par le Tribunal correctionnel d’Orléans le 12 juillet dernier est devenu définitif, aucun appel n’ayant été formulé. Nous remercions la justice de nous avoir reconnus en tant que victimes des faits de harcèlement moral dont le Directeur Général des Services, Thierry Lidolff, a été reconnu coupable.

Nous recevons depuis cette décision, de nombreux messages de ceux que nous appelons les sans-voix, anciens agents ou agents encore en poste au sein du Département, qui se sont, eux aussi, sentis soulagés et apaisés par cette condamnation.

Nous remercions nos familles, nos avocates et tous les soutiens qui nous ont accompagnés tout au long de ces procédures, et plus particulièrement nos anciens collègues et agents qui n’ont pas hésité, pour certains, à apporter leur témoignage alors même qu’ils étaient ou sont encore en poste.

Cette condamnation clôture pour nous un long combat qui ne nous a pas épargnés au moment des faits mais aussi durant les années qui ont suivi, tant les attaques grossières et répétées de Monsieur Doligé à notre encontre dans les médias ont été blessantes. Nous n’avons jamais voulu y répondre. A l’époque des faits, en juin 2011, il exposait de manière péremptoire en séance publique du Conseil Général en notre présence ce qui était, selon lui, le véritable harcèlement. Il expliquait, alors même qu’il prenait simultanément des mesures pour nous sanctionner et nous évincer, que s’il y avait harcèlement, il y avait « des tribunaux pour cela ». Nous le remercions de nous avoir prodigué ce conseil. Nous avons ainsi appris que dans notre cas, il fut préférable de demander arbitrage et protection à la justice plutôt qu’à notre propre Président. Pour lui, le temps de l’examen de conscience est peut-être venu !

Nous avons aussi pris connaissance de la décision du Conseil Départemental de mettre fin à la protection fonctionnelle accordée à l’époque à M. LIDOLFF. Cette décision tardive, qui est tout de même à saluer, ne sera donc d’aucune utilité.

Cependant, depuis 2013, et à la suite des premières décisions de justice administrative, le Département savait parfaitement que son Directeur Général des Services avait des pratiques qui dépassaient l’exercice normal du pouvoir hiérarchique. Il n’avait pourtant depuis, et malgré sept décisions de justice administrative rendues en notre faveur, jamais inversé la présomption d’innocence en mettant fin à cette prise en charge. Si une décision, sans doute plus engageante au plan politique, d’encadrement des frais de justice de Monsieur Lidolff avait été prise plus tôt comme nous l’avions demandé de manière formelle aux successeurs de Monsieur Doligé, elle aurait sans doute permis d’éviter cette dépense de plus de 220 000 € (qui ne tient cependant pas compte des honoraires versés à ses avocats pour l’année 2018 non encore connus à cette heure) somme exorbitante supportée par le contribuable du Loiret alors que dans le même temps, nos frais cumulés d’avocats représentaient 30 000 € ! Cette démesure n’aurait-elle pas dû interpeller et faire réagir le Département ?

Le Département, par la voix de Madame la Présidente de la Commission des Finances a récemment déclaré qu’il avait été « correct » vis-à-vis de son ancien Directeur Général des Services. Pour le moins ! Cette décision de fin de prise en charge de ces frais est annoncée comme ayant été prise par respect pour le contribuable et par respect pour les agents à qui le Département demande des efforts budgétaires. Pour nous, victimes, pas un signe, pas un mot, pas un regret, aucune excuse exprimée au nom de l’institution. Dont acte.  Ceci confirme bien que seule la Justice, souveraine et indépendante, loin de toute pression, était le seul recours pour rétablir la vérité.”

Georges Dubrez et Pierre-Antoine Ragueneau

 

 

 

 

 

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