Orléans: le Parc Floral de La Source en voie de “privatisation”

La métropole et le Département ont en projet une “privatisation” partielle du Parc Floral de La Source, l’un des fleurons touristiques d’Orléans. Ce qui fait réagir l’opposition. Les deux collectivités envisagent en effet “la création d’un nouveau pôle économique et touristique de prestige dans les domaines de l’hôtellerie, de la restauration gastronomique et des soins (SPA), développé en lien avec la nouvelle identité du Parc Floral de La Source“. Trois sites sont visés par ce projet, la Grande serre, le château de la Source qui va être rendue par l’université laquelle y abrite sa présidence et Le Clos de la Source une dépendance du château qui accueillait des bâtiments universitaires.

Pour le groupe socialiste et vert du conseil municipal “il est nécessaire de clarifier au plus vite la répartition des lieux entre usages publics et usages privés. Le parc floral est un joyau qui a vocation à être ouvert à tous, et en particulier aux plus jeunes. Il ne serait pas acceptable que le plaisir (coûteux) de quelques uns se fonde sur la frustration du plus grand nombre. La privatisation de la serre, en particulier, doit être écartée, surtout s’il s’agit de réaliser un spa à la place !”

En dehors de la grande serre, l’appel à candidats (“avis de sourçage”) et de ses deux espaces de 950m² et 600m², qui donc pourrait accueillir un centre de soins spa, le château serait transformé sur 4,2 hectares, en restaurant haut de gamme et le Clos de La Source deviendrait un hôtel de bon niveau, quatre étoiles sans doute. Selon la mairie et le Département, ce projet répondrait à “un besoin pressenti et analysé”, à la suite d’études. 

“Quel manque criant d’imagination !”

Pour le château de l’université le PS y voit un symbole, “remplacer un établissement d’enseignement supérieur public par un restaurant ou par un hôtel de luxe réservés à une clientèle fortunée), les collectivités concernées ne disent rien des mesures d’accompagnement prévues pour aider l’université à quitter des lieux qu’elle occupe depuis sa re-création”

Toujours pour l’opposition, tous les projets récents obéissent à une logique de privatisation: “… lorsqu’on veut développer les événements d’entreprises, on privatise la serre du jardin des plantes ; lorsqu’on veut développer l’enseignement supérieur, on privatise l’ancien collège Anatole Bailly ; et donc, lorsqu’on veut développer le tourisme, on privatise le parc floral. Quel manque criant d’imagination ! Au lieu de cette équation à courte vue, pourquoi ne pas avoir essayé de construire un centre d’interprétation botanique et forestier, en lien avec le MOBE dans une perspective à la fois pédagogique, ludique et scientifique ? Ou alors, autre proposition, pourquoi ne pas avoir joué la carte de la culture, comme à Chaumont sur Loire (plus de 400 000 visiteurs par an) ? Pourquoi ne pas tenter d’inventer quelque chose d’original et d’ambitieux qui tire parti de notre patrimoine ligérien ?”.

Pour sa part Michel Ricoud, conseiller métropolitain (PC), il est sur la même ligne et et va plus loin:

“Qu’il faille donner un second souffle au Parc Floral de la Source, qu’il faille le développer, pourquoi pas. Mais que veut dire charmer un” public haut de gamme” ?
Le Parc Floral de la Source est fréquenté par les habitants de la Source, notamment, et de la Métropole. C’est un endroit magnifique où les familles aiment se promener, avec les enfants.
Faisons très attention à ce qu’il ne devienne pas un site réservé aux plus favorisés. Il faut qu’il reste un site populaire où toute les populations puissent accéder. Pour qu’il en soit ainsi, il faut réfléchir à l’accès gratuit du Parc Floral de la Source”.

Le Parc Floral, né en 1967 avec les fameuses Floralies d’Orléans, maintenant c’est sûr, sera l’un des prochains terrains (vert) d’affrontement entre majorité et opposition (s) pour la rentrée de septembre. Rendez-vous sur la pelouse…Tout un symbole dès lors que la rivière Loiret qui a donné son nom au département, y prend sa …source.


Les interlocuteurs intéressés par le projet, restaurateurs, hôteliers, centres de soins, sont invités par la Métropole et le Département à faire acte de candidature sur la plate forme des marchés publics d’Orléans Métropole. Date limite de remise des dossiers de présentation, vendredi 28 septembre. Dernier trimestre 2018 premiers échanges avec les candidats et leurs projets.

 

Commentaires

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  1. On ne peut se satisfaire de l’état d’abandon de la Grande Serre et du château de l’Université. Celui-ci restera lié à la renaissance de l’Université d’Orléans quoiqu’il se passe à l’avenir. On voit bien d’ailleurs que le transfert d’une partie de l’Université en centre ville n’est que poudre aux yeux pour rajouter à ce démantèllement. Pour les enseignants qui ont contribué au développement de l’Université la pilule est indigeste. Quand les citoyens se rendront compte de ce qu’on leur propose à la place sur le plan des formations, de la gratuité ou presque des études le réveil sera dur pour les politiciens qui manquent de référence
    dans la cohérence de leurs gadgets.
    En ce qui concerne les terrains du potager situés sur le territoire d’Olivet le sujet est traité en catimini depuis longtemps. Nous connaissons le transfert de compétence de l’urbanisme mais est ce à dire que la commune et ses citoyens doivent disparaître dans leur responsabilité de gestion de leur cadre de vie? Rappelons que la mobilisation du territoire est toujours source d’une recherche d’équilibre. Nous avons ainsi contribué à la mise en place de plusieurs zones d’activité sur Olivet: la zone des Aulnaies, le Parc du Moulin. Ces développements dans une commune à la spécificité pavillonnaire forte et affichée n’a pas été reconnue par l’agglo et maintenant la métropole, les taxes versées par les entreprises ont été bloquées au niveau de 2001 et servent maintenant dans leur modicité à financer les travaux de voirie sur Olivet. La commune n’est pas défendue dans la recherche du fruit de ses choix.
    Le problème s’amplifie.
    Mais ceci étant les terrains situés sur Olivet ne peuvent bénéficier d’un aménagement adéquat du croisement rue de Chateauroux, rue de la Source promis depuis 20 ans et surtout ils sont amiantés et nous ne pouvons faire fi de cette responsabilité.

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