Côte d’or III : épiques époques, La Grande forge de Buffon, le naturaliste devenu sidérurgiste

Il avait déjà soixante ans. Et pourtant le plus célèbre naturaliste, Georges-Louis Leclerc comte de Buffon qui a de nos jours sa rue derrière le Jardin de Plantes à Paris et sa grande galerie de l’Evolution, (il fut intendant du muséum d’Histoire Naturelle), entreprit de devenir sidérurgiste.

La Grande forge de Buffon, un bel ensemble sidérurgique.

Nous sommes en 1768,  il y a donc 250 ans et l’homme, juriste puis mathématicien a cet incroyable éclectisme savant qu’il fallait acquérir, même issu d’une riche famille, avec les dents.  Dans les bibliothèques et les universités, sans internet.  A la demande du roi, il entreprit des expériences  sur la fusion et créa ainsi sa propre forge, la Grande forge de Buffon. Il l’a construite sur ses terres parcourues par l’Armançon, non loin du Canal de Bourgogne, qui fait la force motrice. A l’époque les forges étaient stratégique, il fallait l’imprimatur du Roi car elle produisait notamment les boulets de canon.

Le haut fourneau.

Entrez dans la forge

Cet ensemble remarquable, conservé et restauré par son ancienne propriétaire Jacqueline Taylor-Whitehead et par l’Association pour la sauvegarde et l’animation des Forges de Buffon, vaut par la conjugaison magnifique de l’esthétisme du XVIIIème et l’esprit novateur du siècle des lumières.  Des halles de stockages du charbon du bois et du minerai de fer, du fer, le magasin des fers, le haut fourneau, l’espace de la coulée, le parc des bascules, la fonderie…Cet ensemble complet de l’activité sidérurgique de l époque se découvre après avoir passé la façade de la forge, sorte de pavillon qui tient plus du décor de théâtre que de la dure réalité industrielle.

Un marteau à 120 coups minutes

Il est dans la visite du processus, des pièces authentiques qui méritent l’arrêt comme ce martinet de platine de 20 tonnes, ou la roue qui a étéreconstitué en 1999. Les chiffres parlent : la production quotidienne est de 600 kg par feu, la cadence de production du marteau est de 120 coups par minutes.

En 1778, les forges de Buffon produisent 375 tonnes de fonte, 275 tonnes de fer, elles emploient 400 ouvriers. Pour faire fonctionner le haut fourneau, il faut en moyenne couper tous les ans 128 hectares de bois.  En 1866, année de forte inondation, comme en Loire, cesse l’activité sidérurgique. Vient une cimenterie qui produire jusqu’à 8 000 tonnes par an. 

Les ouvriers du feu

On imagine sans peine les conditions  de travail de ces premiers ouvriers sidérurgistes, les uns poussent les charrois qui apportent le minerai, les autres servent les marteaux hydrauliques, les roues et les soufflets, tandis que par des chaleurs d’enfer, oeuvrent les plus exposés que l’on appelle les « ouvriers du feu ». Ce qui n’empêche pas de nos jours d’apprécier parfaitement conservés la maison du maître des forges  -symbole d’un capitalisme implacable- et les jardins rafraichissants qui donnent sur une délicieuse orangerie.

Ch.B

 

La Grande Forge ouverte au public

Représentant la cinquième génération de propriétaire du site, depuis le rachat de la Grande Forge en 1860 par Roch-Joseph Guénin, Jaqueline Taylor-Whitehead a laissé à sa mort ce haut lieu du XVIII e siècle à ses deux filles : Claire Machoïr et Agnès Veyssière-Pomot. La fille de cette dernière, Alix Veyssière-Pomot, a repris cette la gestion du monument.

Jaqueline Taylor-Whitehea a marqué le site de la Grande forge de Buffon. C’est elle en effet qui, en 1978, a pris la décision d’ouvrir au public sa propriété classée au titre des monuments historiques. Une nouveauté rendue possible à l’époque grâce au soutien de l’Association pour la sauvegarde et l’animation des Forges de Buffon. Vivant à Paris, la propriétaire avait définitivement déménagé dans l’ancien fief du naturaliste en 1977.

Une chambre d’hôte, Sous le cerisier.

Les chaleureux aubergistes de Buffon.

Dominique un cheminot a construit ce nid cossu à la place du poulailler mais toujours à  l’ombre du cerisier et du buis nés en en 1919. Nous sommes à 21150 Venarey-Les-Laumes, Laurence et Dominique vous accueillent dans cette chambre d’hôte très bien équipé avec sauna et jacuzzi. Pour ceux qui n’ont jamais dormi dans une maison en bois, une belle expérience pour une douce ambiance…boisée.

Venarey-Les-Laumes est une Cité cheminote à quelques kilomètres d’Alésia et de la Grande forge de Buffon. Tel. 33 (0)3 80 96 09 32
Tel.2 33 (0)6 41 82 17 50 laurence.bellouin@club-internet.fr

Une personne : 75€, deux personnes 90€, trois personnes, 110€, quatre personnes, 130€.

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