La Route des Jardins du Loiret : l’Arboretum des Grandes Bruyères, d’arbres en continents

Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce parc botanique c’est avant tout 7000 arbres d’Europe, d’Amérique et d’Asie ! Un « Jardin remarquable », superbement aménagé, au cœur de la forêt d’Orléans (Ingrannes), qui multiplie les collections spécialisées et offre, à l’heure de l’été, sa plus belle métamorphose de fleurs en fruits. L’occasion d’une nature différente entre couleurs et formes inattendues.  

©EB/MagCentre

Après les fleurs, les fruits ! À l’heure de la fructification, l’Arboretum des Grandes Bruyères se pare, lui aussi, de fruits étonnants, engendrant des formes et des couleurs inattendues. Une étape à laquelle bien souvent le visiteur ne prête pas attention. À tort !

Cornus Kousa ou cornouiller à fleurs. ©EB/MagCentre

Un Conservatoire
de collections spécialisées

La balade est libre. Il suffit de se laisser guider par les allées engazonnées qui tour à tour serpentent entre les massifs et les bosquets, débouchent sur des bassins insoupçonnés, ou s’élancent, tout en ligne droite, vers de vastes étendues ou des petits bois frais. Un hâvre de paix créé par Bernard de La Rochefoucauld, et aujourd’hui propriété de La Fondation Arboretum de France, et dont les riches collections ont forgé la renommée des Grandes Bruyères : « 7000 arbres sur 14 ha ! précise d’emblée Marie Degaey, chargée de communication du site. Par comparaison, l’Arboretum des Barres en compte 9000 pour 35 ha ! » Mais aussi un label, CCVS (Conservatoire des Collections Végétales spécialisées) pour ses collection de magnolias (150 espèces et 400 pieds), de chênes (300 pour 120 espèces différentes), sapins, cyprès, épicéas, ou encore cornouillers. 

600 000 pieds de bruyères !

Un paradis pour les oiseaux – le site est un refuge LPO – et les insectes avec pas moins de 800 espèces observées sur le domaine dont certaines d’intérêt patrimonial. Il faut dire que le lieu est favorable : « Aucun produit chimique n’est utilisé depuis 50 ans ! Et un composte de 10 cm nourrit régulièrement le domaine », souligne Marie.

Marie Degaey, chargée de communication à l’Arboretum. ©EB/MagCentre

Passé le Jardin à la Française, ses buis taillés et ses pergolas de roses, le Jardin à l’Anglaise est une première étape d’observation : le Colutea arborescens ou baguenaudier dont les fleurs jaunes se transforment en gousses enflées roses, ou encore le Clérodendron trichotomum ou Arbre de la Chance à la floraison blanche toute récente offre un agréable parfum. Les bruyères (callunes, carnea…) qui ont donné le nom à l’Arboretum, habillent tout le domaine de leurs quelque 600 000 pieds les massifs, sous-bois, et allées engazonnées sur lesquelles il est même autorisé à marcher pieds-nus ! 


Des fruits dressés au-dessus des feuilles

La partie Asie réserve elle aussi de belles découvertes : l’odeur sucrée de l’Arbre au Caramel, la fructification, très originale, du Stewartia rostrata, du Diospyros lotus, du Viburnum plicatum aux grappes de fruits rouges dressés, mais aussi de certains cornouillers « qui passent en fruits sans mettre de feuilles », ou encore celle du Cornus Kousa (cornouiller à fleurs) « dont les fruits ressemblent comme à une framboise sur une tige dressée au-dessus de la feuille », explique Marie Degaey. Un vrai cabinet de curiosités que complète un premier bassin, ‘Le Lac Saline’, autour duquel se développent de belles fleurs d’Hibiscus paramutabilis et des fougères, puis un second, superbe, ’Le bassin de Paolo Pejrone’, entouré d’hostas en fleurs, de rhododendrons, nénuphars et pétasides. Certainement l’un des endroits les plus beaux du parc. Avant de rejoindre, la partie Amérique, s’attarder sur le Cunninghamia sinensis ou sapin de Chine, dont « on contemple ici le plus beau spécimen de France et, juste en face, le Cryptomeria japonica, sacré au Japon, et à l’écorce laciniée : les Japonais disent que c’est le tigre sacré qui y fait ses griffes ». Au cœur du domaine, en pleine fructification, le vénérable et remarquable chêne pédonculé à la forme très harmonieuse de 22 m x 22 m x 22 m agit comme un arbre à palabre. Non, loin, un hêtre tricolore arbore des feuilles pourpres avec une lignée rose sur le dessus et un vert foncé en-dessous.

Un arbre qui pêle

Le bouleau Betula nigra à l’écorce beige qui pèle. ©EB/MagCentre

Enfin, dans la partie Amérique, arbres et allées sont plus grands qu’ailleurs créeant, autour de l’étand d’Edmond, de très belles perspectives et des ambiances totalement différentes : « À l’automne c’est le Canada, lance Marie !, les liquidambars ont des reflets jaunes, rouges, noirs… ». À ne pas manquer en ce moment le bouleau Betula nigra à l’écorce beige dont on a l’impression qui pèle, mais aussi les ombelles du Sureau du Canada (Sambucus candensis) actuellement en fruits ou encore le Magnolia macrophylla dont les feuilles ressemblent à celles du bananier.

Bref, un jardin extraordinaire qui invite tant à la curiosité qu’à la contemplation, tant à la méditation qu’à l’exploration. Ainsi, le 7 septembre, les amateurs d’entomologie pourront pourquoi pas participer à la formation ‘Les Insectes utiles aux Jardiniers’ pour découvrir les insectes utiles à la bonne santé du jardin, les techniques pour les observer, les déterminer et les favoriser dans son jardin. Que de surprises encore en perspective…

Estelle Boutheloup

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