La Route des jardins du Loiret: l’Ilex, un jardin qui ne manque pas de piquant

Construit sur un bras des Mauves, l’Arboretum des Prés des Culands de Meung-sur-Loire (Loiret) est un jardin de fraîcheur. À l’ombre d’un sous-bois de 1,5 ha, s’y développe depuis 20 ans, une collection unique de houx mais aussi d’hostas, d’astilbes et de clématites. Un parc paisible aux allures de petite jungle où l’on circule d’îlot en îlot entre arbres, arbustes et plantes d’eau. 

Le Conservatoire de l’iles se découvre au long de ses îlots aménagés sur les Mauves. ©EB/MagCentre

Attention, anti-moustique ici de rigueur : d’ailleurs, à l’entrée du parc, des sprays sont à disposition ! Il faut dire que l’été, le sous-bois, la chaleur et l’humidité de la rivière y sont propices ! Mais cela n’enlève en rien le charme du site. C’est au bout d’une magnifique allée de pétasites, ces hautes herbacées aux très grandes feuilles vertes, que l’on atteint ce lieu unique en son genre, racheté depuis trois ans par Stéphane Chassine, propriétaire également des Jardins de Roquelin : un arboretum reconnu « Collection Nationale » avec 500 varités de houx. Un conservatoire initié par Pierre Paris en 1987, frappé d’un coup de foudre pour ces Aquifoliacées peu connues, et qu’il souhaita populariser.

Du plus rare au plus piquant

Parmi les 500 variétés de houx, la plus piquante Ilex aquifolium ferox argentea. ©EB/MagCentre

« Car le houx, ce n’est pas qu’une feuille qui pique, lance Éli Leboucher, responsable de l’accueil et de l’entretien du site. C’est un arbuste aux feuillages de multiples formes et couleurs, comme l’Ilex cunata convesca qui ressemble à du buis ou l’Ilex macro carpa aux feuilles lisses et sans épines ». C’est ce que nous vérifions en suivant notre guide. ici, Ilex Aquifolium, le houx le plus classique. Là Ilex Aquifolium obscuru, un houx bicolore. Plus loin, avec des feuilles de chêne, c’est Quercus Ilex. Celui-là, nain, c’est Ilex X meserveae. Un des plus rares Ilex aris pouricaris et le plus piquant Ilex aquifolium ferox argentea ! Et bien plus encore, plus étonnants les uns que les autres.

De magnifiques tableaux d’hostas et d’astilbes

L’été avançant, clématites (250 variétés) et rosiers en fleurs ont laissé place aux ligulaires et à d’autres riches collections qui se découvrent au fil des allées « moelleuses » qu’ici on dessine avec du mulch (ou paillis) : « Il y a ici une collection de 250 variétés d’astilbes et quelque 200 variétés d’hostats, poursuit Éli, dont un spécimen de l’une des plus grosses variétés qui existe au monde, la X Empress War ». À ne pas manquer non plus, l’Hosta avocado dont la très belle fleur dégage un doux parfum proche de la fleur d’oranger. Autant de massifs dont les reflets dans l’eau offrent de superbes tableaux.

C’est aussi le royaume des Hostas dont la collection dépasse les 200 variétés. ©EB/MagCentre

Parmi les autres curiosités de ce jardin botanique, « le Désespoir du singe… Araucaria araucana, conifère le long duquel les singes peuvent grimper mais pas redescendre sans se piquer et se faire mal ! », explique Éli. Touchez et vous comprendrez pourquoi ! Mais aussi l’Érable du Japon, Cercidiphyllum sied, aux feuilles en forme de cœur, ou encore le vénérable cyprès chauve et ses racines aériennes, fameux pneumatophores qui l’aident à s’ancrer dans le sol et à respirer. Tout un monde étonnant à découvrir au fil de l’eau.

Estelle Boutheloup

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