La Route des jardins du Loiret: dernière saison pour l’Arboretum des Barres

Avant sa fermeture au public à la fin de l’année, il vous reste quelques occasions pour faire une dernière balade dans l’un des fleurons botaniques du Loiret. Propriété de l’État, mais géré par l’ONF depuis 2009, l’Arboretum des Barres, situé à Nogent-sur-Vernisson, réunit
2 600 espèces d’arbres et arbustes rares et insolites, constituant ainsi l’une des plus riches collections botaniques européennes, issues de l’héritage de l’illustre famille de semenciers de Vilmorin. 

Le Faux de Verzy, au tronc tortueux, est l’un des arbres les plus remarquables. ©EB/MagCentre

L’annonce de sa fermeture au public à la fin de l’année – à l’heure où était élaboré le Plan Biodiversité par le Gouvernement – sonna comme un big bang sur les réseaux sociaux en juin dernier ! Lieu d’étude, d’expérimentation, mais aussi de découverte de l’arbre et de sensibilisation à l’environnement et au milieu forestier, l’Arboretum des Barres est un vrai musée grandeur nature qui réunit trois collections botaniques remarquables, Continentalis, Classificia et Bizarretum. 

Les 3 derniers événements

Ainsi, il ne vous reste donc plus que trois événements pour profiter pleinement de ce conservatoire botanique jusqu’à la fin de l’année : les 15 et 16 septembre à l’occasion des Journées du Patrimoine ; dans le cadre des 25 ans de la Journée de l’Arbre les 13 et 14 octobre (fête des plantes avec exposants, ateliers, animations, visites guidées, conférences…) et les 3-4 novembre pour le Marché des producteurs locaux et le salon du champignon ! L’occasion d’une balade découverte en solo, en 2.0 avec un smartphone, ou guidée mais sur rendez-vous. 

Ouvert au public depuis 1985

Christine Vial, responsable comunication à l’Arboretum, est l’une des 10 salariés du site. ©EB/MagCentre

Acquis en 1821 par Philippe-André de Vilmorin (l’illustre famille de semencier) qui y étudie et compare la résistance des plants, le domaine de 283 ha est en partie racheté par l’État en 1873 et devient Arboretum national des Barres où sont réunis graines et plants du monde entier. Une 1ère récolte forestière est effectuée et des collections botaniques sont créées par le directeur de l’école forestière des Barres. En 1936, le domaine devient en totalité propriété de l’État. Réservé aux travaux d’études scientifiques et à l’École forestière, le site ouvre au public en 1985 : la gestion de l’accueil et des collections sera confiée à l’ONF en 2009. 

« On a continué l’aventure de nos prédécesseurs, lance Nicolas Perrette, responsable des collections du domaine. Tous les arbres ici sont spectaculaires et ont leur histoire, comme le Prunus canescens qui a longtemps été ignoré sur le domaine alors que sa première introduction en Europe a été faite aux Barres. » Et la liste serait longue… Aussi pour s’imprégner de la richesse des collections, le conservatoire, dont la mission est de aussi de « sauvegarder des variétés notamment en voie de disparition dans leur pays d’origine », souligne Christine Vial, responsable comunication à l’Arboretum, s’organise autour de 3 collections : « Classifica », « Contientalis » et « Bizarretum ». 

Des arbres les plus remarquables aux plus bizarres


Un pin Douglas tombé lors de la tempête de 1999. L’occasion de comprendre pourquoi il est tombé… ©EB/MageCentre

Outres, les collections nationales de chênes (une centaine d’espèces sur 450 qui existent dans le monde) et d’érables, le site compte un grand nombres de spécimens remarquables. « Ce Séquoïa toujours vert mesure 46 m de haut ! Planté en 1880, c’est le plus haut de l’Arboretum et du Loiret, présente Christine Vial. Les plus hauts, en Amérique du Nord, font jusqu’à 100 m » ! Les faux de Verzy dont celui de la Collection Lemosse : « ses troncs forment des profils étranges, voire imaginaires… Celui-là a été lauréat régional 2017 du plus bel arbre de l’année ». Mais aussi le Séquoïa géant d’Amérique de 38 m « l’écorce dense et spongieuse lui permet de résiter aux incendies ». Le févier d’Amérique « qui fait des aiguillons sur le tronc pour se défendre », le Chêne à bardeaux dont les feuilles ressemblent à celles d’un laurier ou encore le Thuya aux 80 troncs, classé ‘Arbre remarquable’ en 2012 et résultat d’un marcottage. Planté à la fin du XIXe siècle, il couvre aujourd’hui plus de 1000 m2 au sol ! Sans oublier les hêtre ou cèdre pleureurs, épicéa inversé (qui pousse à l’envers), ou hêtre à feuilles laciniées de la collection Lamosse aux ports et feuillages étonnants, et dont dont les premières plantations remontent à 1940 pour conserver des variétés pendant la guerre.

Une fermeture temporaire ?

Avec aujourd’hui 17 000 visiteurs, l’ONF a réussi à doubler le taux de visites annuel depuis 2009. Mais cela n’a pas suffi. « Il a manqué des relais à plusieurs niveaux, y compris journalistiques…, regrette Christine Vial, avant d’ajouter : mais ce n’est pas une collection qui peut fermer et rouvrir non plus n’importe comment. Il faut un projet, une réflexion ». Osons espèrer que les Barres sont de ce bois qui plie mais ne rompt pas… 

Estelle Boutheloup

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Les commentaires pour cet article sont clos.