L’appel des Restos du Cœur pour renforcer sa force de frappe

L’association créée par Coluche manque de bras et de responsables. Elle veut attirer de nouveaux bénévoles pour offrir davantage de services.

©Eric Patin – Restos du coeur

Depuis Coluche et les concerts des Enfoirés les Restos du Cœur jouissent d’une visibilité et d’une mobilisation sociale reconnues. Pour autant l’association qui « emploie » près de 600 bénévoles réguliers et 600 autres ponctuels souffre elle aussi de problèmes de recrutement et d’un défaut de moyens humains.

Yves Mérillon responsable département des Restos

« Certes, reconnaît Yves Mérillon, le responsable départemental des Restos du Loiret, nous bénéficions d’une très bonne image et de fortes retombées médiatiques mais comme dans toutes les structures du paysage humanitaire nous peinons à renouveler nos bénévoles ». Et cela d’autant plus que les Restos attirent avant tout des retraités, de plus en plus occupés par les loisirs, les voyages ou les gardes familiales. « Mais le plus difficile, poursuit Yves Mérillon, c’est de mobiliser des responsables pour nos 13 centres de distribution du Loiret, pour l’entrepôt d’Ingré ou des tâches administratives. Car cela demande un engagement beaucoup plus fort que la simple distribution de colis alimentaires ».

Combler des « trous blancs »

Au-delà de ces responsables les Restos recherchent des compétences très diverses : chauffeurs de poids lourds, préparateurs de commandes, gestionnaire des stocks, cours de français, etc. Les compétences sont d’autant plus diverses que les Restos ont multiplié les activités : distributions alimentaires dans 13 centres du Loiret (8 600 personnes inscrites l’hiver, près de 6 500 l’été et 1,4 million de colis offerts l’an passé), distribution de repas chauds et maraude le soir dans les rues d’Orléans (10 500 repas chauds servis l’an passé) et enfin gestion de chantiers d’insertion.

A Gien, Lorris et Saint-Jean-de-Braye les Jardins du Cœur emploient près de 30 salariés dans des activités de maraichage (35 tonnes produites l’an passé) permettant à des personnes très éloignées de l’emploi de se remettre dans le circuit de « l’employabilité » et d’un retour vers un emploi « normal ». Dans le Loiret l’association propose aussi des cours de français, des ateliers « démarches administratives » ou coiffure pour retrouver confiance en soi. « Nous pourrions aller beaucoup plus loin et offrir davantage de services poursuit le responsable départemental mais cela nécessite des moyens humains supplémentaires ». Des « trous blancs » pourraient ainsi être comblés dans l’ouest du Loiret ou en Beauce : mais ouvrir un nouveau centre de distribution nécessite une trentaine de bénévoles. Il est vrai que l’association vit essentiellement du bénévolat : sur son budget annuel de 1,7 million, seuls 7,5% sont affectés aux frais généraux. Les donateurs sont ainsi rassurés sur le non dévoiement de leur générosité.

Distribution alimentaire à Montargis

L’ISF contre les dons ?

Car les Restos reposent encore sur de multiples générosités : des particuliers (notamment lors des collectes devant les grands magasins), des entreprises (hypers et supermarchés, grandes entreprises comme LSDH ou Antactic), dons de l’Europe, subventions des collectivités, etc.  « Mais les aides publiques se tassent, les collectivités stabilisent leurs subventions, et même la suppression de l’ISF avec ses facilités de défiscalisation peut nous être préjudiciable » regrette Yves Mérillon. Et pourtant aider les Restos n’est pas « jeter l’argent par les fenêtres » avec un « effet levier de 6 » : en clair quand une collectivité donne 1 euro cela génère 6 euros d’activités et de retombées annexes.

Un message qu’il convient de bien faire passer pour attirer de nouveaux bras. C’est pourquoi les Restos seront présents ce weekend partout dans l’agglomération et la ville d’Orléans pour les « journées de rentrée » des associations : un rendez-vous crucial puisque 80% des nouveaux bénévoles sont recrutés en septembre. 

 J.-J.T

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