Déboutée par le tribunal administratif, l’ADA Blois basket restera en Pro B

Le référé du Tribunal administratif de Paris, rendu par ordonnance le 4 septembre, a tranché : l’ADA Blois Basket n’accèdera pas à la Pro A, et restera bien en Pro B cette année. La saison débute dans quelques semaines. C’est la fin de plus de trois mois de combat judiciaire pour le club présidé par Paul Seignolle, qui se dit “déçu et abattu” par la décision, indique-t-il au Monde.

Quand la mariée était belle, le jour de la victoire en championnat de France Pro B, en mai dernier…

C’est la fin d’un feuilleton judiciaire qui a démarré en juin dernier, lorsque les instances de la Ligue nationale de Basket ont refusé l’accession du club de basket blésois en Pro A – pourtant acquise sportivement sur les parquets en devenant championne de France de Pro B – pour cause de non conformité de son centre de formation. Ce dernier a beau avoir été inauguré en grande pompe le 30 août dernier, rien n’y a fait. “L’ADA Blois prend acte de cette décision et maintient qu’en refusant son accession pour des raisons purement réglementaires, liées à l’absence de centre de formation agréé, le basket Français ne s’honore pas”, fait savoir le club par un communiqué.

Interrogé sur la légalité du refus de la LNB de voir accéder Blois à la Pro A, « Le juge a estimé que le refus ministériel d’agrément datant de juin était suffisant pour refuser l’accession en JEEP ELITE, nonobstant le fait de répondre à l’intégralité de ces critères deux mois plus tard (dont celui de l’équipe U18 Nationale qui dépend exclusivement de la FFBB), ajoute encore l’ADA Blois Basket. “L’injustice”, selon les propres termes de Paul Seignolle, président du club, qui s’est investi corps et âme dans ce combat judiciaire, ne sera donc pas réparée. Et Blois rejoint Luzenac dans la même communauté de destin des clubs qui, un jour, ont entrevu la lumière à travers la porte entrouverte de la division supérieure, pour se prendre finalement celle-ci dans la figure (1).

Place au sport !

Philippe Sudre (entraineur du centre de formation) et Paul Seignolle (pdt de l’ADA)

C’est aussi la fin du combat juridique, le club blésois ayant décidé de mettre un terme aux démarches menées par l’avocat Thierry Braillard, ancien secrétaire d’État au sport sous François Hollande, malgré « une injustice et une iniquité au niveau du basket français ». Nul doute que celui-ci va désormais envoyer ses honoraires au trésorier du club qui vont sûrement lui donner quelques sueurs froides dans le budget à venir… Mais qu’importe,“il est maintenant le temps de laisser la parole au Sport”, indique toujours le communiqué de presse de l’ADA, qui avait néanmoins anticipé le début de saison en Pro B. “Il n’aurait pas été sérieux pour l’avenir du club de ne pas anticiper”, indique Paul Seignolle toujours dans le Monde.

Cette affaire a été suivie de très près par les autres clubs de Pro B, qui ont eux choisi la voie classique pour l’accession en Pro A : ouverture d’un centre de formation en conformité avec les normes exigées par le LNB, puis bataille pour l’accession. Ce que ne semble pas avoir fait l’ADA, surprise elle-même de son succès en Pro B l’année dernière, même si, en cours de route, elle avait démarré le chantier de l’ouverture de ce centre de formation. Alain Béral, président de la LNB, se dit lui “rassuré par un jugement rendu sur le fond : les décisions prises par la Ligue nationale de basket sont souveraines”.

Les nombreux soutiens jusqu’au plus haut niveau – la ministre Jacqueline Gourault avait été appelée à la rescousse – et les interpellations de l’ex ministre des Sports Laura Flessel n’auront donc pas suffit. Cette dernière avait du reste refusé l’agrément le 6 juin dernier puis de nouveau à l’issue d’une demande de recours gracieux le 4 juillet. Les 8.000 signatures de la pétition n’auront pas non plus servi à sauver le club, pas plus que les appels désespérés des collectivités territoriales, ni les supporters, les abonnés, les partenaires. Pour les uns, c’est l’histoire du pot de terre contre le pot de fer. Pour d’autres, celle de la cigale et de la fourmi. Sur ce coup-là, le très confiant et très taurin Paul Seignolle s’est pris les pieds dans le panier, en espérant que cette décision ne coupe pas les jambes des basketteurs sur les parquets à compter d’octobre prochain pour le début de la saison en Pro B. Réponse le 12 octobre avec la réception de Caen sur le parquet du Jeu de Paume…

F.Sabourin

(1) En août 2014, le club de football de Luzenac, en Ariège, s’était vu refusé l’accès à la Ligue 2 de football pour des questions financières puis d’incompatibilité de son stade. Après de longues contestations – et le club avait même trouvé un terrain aux normes proche de Toulouse – Luzenac était finalement resté en nationale, et Châteauroux, qui devait descendre de Ligue 2, était restée.

Commentaires

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  1. On comprend leur déception, après une victoire sportive. Mais il existe des règles que les dirigeants doivent respecter. Idem pour les entraineurs de football qui doivent être diplômés, n’est-ce pas Bordeaux ?

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