Prélèvement à la source, avez-vous dit ?

 

Edouard Philippe vient d’annoncer que le prélèvement à la source sera bien appliqué dès 2019. Que de tergiversations et de gesticulations pour en arriver là !

Par Gérard Hocmard                                             Gérard Hocmard

            Se pourrait-il qu’il y ait des inconvénients ou des difficultés d’application ? Pas possible ! On nous bassine pourtant depuis belle lurette, et bien avant l’élection de M. Macron, à propos des immenses et innombrables avantages d’un prélèvement à la source, censé en particulier résoudre tous les problèmes de trésorerie de l’État et nous mettre au diapason de l’Europe. Pour nous faire honte, on nous aura suffisamment cité l’exemple de tous les pays éclairés qui ont adopté ce système tandis que nous, arriérés du village gaulois — qui avons au passage apprécié l’humour et l’élégance de notre Président plaisantant sur notre dos depuis l’étranger — resterions attachés à la déclaration suivie d’un prélèvement sur les revenus de l’année antérieure.

            Les difficultés rencontrées ne viendraient-elles pas de la complexité du système fiscal français qu’il serait impossible d’adapter au prélèvement à la source ? Et si, comme je le pense, c’est le cas, ne pourrait-on pas, avant tout et d’urgence, s’appliquer à simplifier le code fiscal pour résoudre l’obstacle ? Depuis que l’on en parle, il n’a pas manqué en cours de route d’articles de presse comparant ses milliers de pages couvrant tout un tas d’abattements, niches et compensations, à la minceur des codes fiscaux ceux de pays voisins. Pourquoi n’a-t-on pas cherché l’erreur ?

            Au gré de postes divers, j’ai déclaré et payé des impôts au Royaume-Uni et au Canada. Les déclarations étaient simples. Ce n’était pas un dossier de quatre pages en petits caractères assorti d’annexes Cerfa. Cela ne prenait pas tout un dimanche après-midi de mai pour être bien sûr que l’on n’avait rien oublié, que l’on remplissait bien la bonne case… il y avait certes toujours un remboursement pour trop-payé — les gouvernements d’où qu’ils soient sont incorrigibles ! – mais il arrivait vite, dans la quinzaine qui suivait la déclaration.

 

L’exonération des footballeurs

            Si l’État a besoin d’argent, puisqu’il ne paraît pas capable, contre toute promesse électorale, de réduire son train de vie, n’y aurait-il pas moyen de raboter quelques niches, privilèges et abattements corporatifs afin de rendre l’impôt plus productif sinon plus populaire, mais en tout cas plus égal ? Celui-ci, par exemple, introduit en douce en profitant de la torpeur de l’été, tout comme la loi Schiappa sur la « protection » — tu parles ! – de l’enfance, et qui concerne les footballeurs. Beaucoup de gens auront remarqué que certains d‘entre eux ont des salaires tout à fait enviables pour ne pas dire plus. Comme cela ne suffisait apparemment pas, ils se sont vu faire une très jolie fleur dans le dos des contribuables avec un abattement sur la part de leurs revenus liée à l’exploitation de leur image ou de leur nom. Au passage, leurs clubs ont été exonérés des cotisations patronales sur cette partie des revenus de leurs joueurs. Ce n’est pas beau, ça ? Si cela ne va pas représenter un manque à gagner pour l’État, qu’on nous explique comment. Qu’on l’explique surtout aux retraités dont l’indexation de la pension par rapport à l’inflation est gelée et que le projet de budget va envoyer se  faire tondre encore un peu plus. 

            Ce gouvernement se rend-il compte de ce vers quoi il est « en marche « ? Pendant qu’il était en vadrouille, le couple présidentiel aurait pu faire un crochet sur la route du retour par Chemnitz, par exemple, pour y admirer les nuances brunes des costumes folkloriques, aller faire coucou à Orban et visiter sa Grande Muraille ou encore à Salvini pour parler d’Histoire, d’assèchement des Marais pontins voire de Fosses adréatines. Ça enrichit, les voyages.

                                                                                   Gérard Hocmard

 

 

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