École Espérance banlieues : les laïcs du Loiret se rebiffent

Gilles Kounowski, président du Laboratoire Loiret de la Laïcité, dénonce dans un communiqué ce qu’il nomme “la remise en cause pure et simple du principe d’école républicaine, laïque, gratuite et obligatoire”. Selon lui, les parents s’illusionnent sur la qualité des enseignements dispensés par ces écoles « venues d’ailleurs ». Une école Espérance banlieues, le cours Henri-Guillaumet, a ouvert ses portes le 3 septembre à La Source sur la commune d’Olivet.

« Il s’agit, ni plus, ni moins, de mettre en cause le principe de l’école républicaine, laïque, gratuite et obligatoire. Et même si les promoteurs de ces écoles hors contrat s’en défendent, elles servent aussi d’alibi à la re-confessionnalisation des élèves ». Gilles Kounowski, le président du Laboratoire Loiret de la Laïcité (association loi 1901) ne mâche pas ses mots, dans un communiqué envoyé aux médias lundi 3 septembre jour de rentrée scolaire. « L’an dernier la mairie d’Orléans n’avait pas souhaité leur donner un local, ils se sont rabattu sur Olivet », explique-t-il encore. « Mais il faut faire attention, des parents découvrent les rituels et sont parfois surpris ». Le lever des couleurs au chant de la Marseillaise chaque matin en arrivant est-il un « rituel » ? « Les pédagogies ne sont pas celles pratiquées par l’Éducation nationale, où des contraintes fortes sont imposées. Ces écoles sont un peu des Ovni, avec des pédagogies alternatives type Montessori ». Et il ajoute : « Les témoignages des professeurs du collège de Montfermeil, qui accueillent des élèves de l’école Espérance Banlieues de leur secteur, font de la situation de ceux-ci un tableau bien loin des espérances de leurs parents, qui regrettent mais un peu tard. C’est un risque pour eux qui pensent trouver une alternative à l’Éducation nationale ».

“Mettre son enfant dans l’école qu’on veut ne fait pas une société”

Autre sujet de préoccupation du président du Laboratoire Loiret de la Laïcité, « le modèle économique de ces établissements ? On sait qu’ils sont financés par de grands groupes privés, comme la fondation Total ou Bouygues par exemple ». Pour autant – et nous l’indiquions dans un précédent article sur l’ouverture de cette école Espérance banlieues à La Source – il faut, pour ouvrir une école hors contrat, que la mairie où elle s’installe envoie un récépissé au procureur de la République, au Préfet et aux services académiques, qui doivent tous examiner la demande et donner leur accord. On peut difficilement mettre en doute les compétences de ces institutions et des personnes qui en sont garantes… « Les autorités publiques concernées n’ont pas de dispositifs légaux pour s’opposer à l’ouverture de ces écoles. Les conditions sanitaires et de sécurité doivent être aux normes. Je suis cependant circonspect quant à l’expérience du directeur de cette école, très jeune (31 ans) et ancien cadre chez Bouygues. On peut d’ailleurs légitimement s’interroger sur le respect du critère désormais imposé par la loi, exigeant des chefs d’établissements scolaires hors contrat une expérience d’au moins cinq ans d’encadrement ou d’enseignement ! ».

Reste qu’en France depuis Jules Ferry, le choix de l’école est libre, ce que Gilles Kounowski modère un peu : « Mettre son enfant dans l’école qu’on veut, ça ne fait pas une société. C’est prendre le risque de désagréger un peu plus l’école publique, et c’est aussi une façon de ne pas affronter les problèmes qui se présentent à cette école publique ! ».

F.Sabourin

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