Innsbrück en roue libre

Les championnats du monde de cyclisme se dérouleront du 22 au 30 septembre 2018 dans la capitale du Tyrol. L’occasion pour les cyclotouristes de pédaler au cœur des Alpes autrichiennes. Et pour les autres de découvrir une cité vivante enserrée dans un écrin montagneux.

La colonne Sainte-Anne dans le centre-ville © YH

Les adeptes de la petite reine doivent s’attendre à un parcours exigeant. La boucle de 168 km accumule les montées : au total, 1770 mètres de dénivelé. Autant dire que l’épreuve sacrera un champion complet féru de pentes redoutables.

Exposition sur l’histoire du cycle au musée du Zeughaus. Le grand bi en vedette © YH

Avant ce prochain spectacle, rien n’interdit de faire un tour au musée de l’Arsenal, le Zeughaus, non loin du centre-ville. Il a eu la bonne idée de programmer une exposition sur l’histoire du cycle. On y découvre l’un des premiers vélocipèdes à pédales des années 1860. Lui succèdera une dizaine d’années plus tard le grand bi : le diamètre de sa roue motrice ne cessera d’augmenter au fil du temps, tandis que la petite roue arrière se contente d’équilibrer l’ensemble. Puis, dans les années 1900, la bicyclette prend son envol : elle se perfectionne et s’allège à chaque décennie. Quelques affiches évoquent l’engouement pour le vélo et signalent que les femmes n’étaient pas en reste et soignaient aussi leurs mollets.

Entre ville et montagne

Innsbrûck est entourée de montagnes. Ici, la chaîne du Tyrol du Nord © YH

Histoire de prendre de la hauteur et d’admirer les reliefs qu’emprunteront les coureurs, nous délaissons notre deux roues pour le funiculaire. Il nous transporte dans la chaîne montagneuse du Nord jusqu’à 2300 mètres d’altitude, en compagnie de bouquetins et de chamois.

Le tremplin de saut à ski du Bergisel réalisé par l’architecte Zaha Hadid © YH

Au passage, joli panorama sur la ville de 140 000 habitants. On aperçoit également, plein sud, le tremplin de saut à ski du Bergisel, artistiquement dessiné par l’architecte Zaha Hadid.

À Innsbrück, vous vous remettrez vite de vos efforts. Dans la matinée, à l’heure du brunch, nos hôtes nous proposent sans façon de déguster une bonne ration de boudin blanc, assortie d’un pain local, une couronne tressée, et d’un grand bock de bière. De quoi voir venir ! On peut même rejoindre dans la foulée une auberge typique. Au menu, des « knödel », boulettes frites au fromage, une escalope viennoise ou le « tafelspitz », une sorte de pot-au-feu. À moins que vous préfériez, une truite ou un omble chevalier, fraîchement pêchés dans les eaux environnantes.

Vu la topographie des lieux, ces eaux abondent et l’on apprend que de l’eau fraîche descendue des montagnes est disponible en abondance à toutes les fontaines de la ville.

Désaltéré, on peut entreprendre une promenade digestive dans le cœur historique. Salut à l’arc de triomphe local qui commande l’entrée de la rue Marie-Thérèse. Une haie de pigeons sculptés en bleu accueille notre passage. La Vierge est à l’honneur, que ce soit au sommet de la colonne Saint-Anne ou sur des mosaïques murales. Selon la légende, elle aurait jadis épargné la guerre au Tyrol. Peut-être, mais elle n’a pas évité l’Anschluss, l’annexion par l’Allemagne nazie en 1938 !

Arrêt obligé au monument-phare, le Petit Toit d’or, composé de 2657 bardeaux de cuivre dorés à l’or fin. Cette demeure fut la première résidence des Habsbourg. Son « Petit Toit d’or » fut ajouté par l’empereur Maximilien 1er en 1500. On pousse un peu plus loin jusqu’à la rivière Inn qui baigne la ville.

Maisons colorées de l’autre côté de la rivière Inn © YH

Sur l’autre rive, on aperçoit une succession de maisons colorées qui se détachent sur le blanc-gris du cirque montagneux. L’hiver, nous signale Elisabeth, notre guide, toute la ville est illuminée, de l’Avent jusqu’à la Saint-Sylvestre par les marchés de Noël.

Concert de musique ancienne au château d’Ambas à Innsbrück © YH

Pour l’heure et jusqu’à la fin de l’été, l’atmosphère est bercée par de multiples concerts de musique (jazz, classique) : ceux du château d’Ambas constituent le point d’orgue. Animations garanties aussi car la cité accueille 30 000 étudiants.

Bref, à vélo, à pied, en voiture ou à ski, et en toute saison, Innsbrück mérite d’être découverte.

 

 

 

Yves Hardy

Pratique

⇒ Y aller. Vol Air France Paris-Munich (1h30), puis 2 h de route par la navette (minibus « Fourtravel Seasons » jusqu’à Innsbrück). Réservation : www.tirol-taxi.at

⇒ Y séjourner : Hôtel Nala, Müllerstrasse 15. Hôtel moderne et confortable, situé à proximité du centre-ville. https://www.nala-hotel.at/

⇒ Y déjeuner. L’auberge en face de l’hôtel, Glasmalerei 10, Müllerstrasse.

⇒ À voir. Exposition sur l’histoire du cycle au musée de l’Arsenal, le Zeughaus. Jusqu’au 6 janvier 2019. www.tiroler-landesmuseen.at

⇒ Guide : Petit futé Autriche 2017/2018 (12,95 €). www.petitfute.com

⇒ Renseignements. Innsbrück Tourism. Burgrabben 3. www.innsbruck.info et https://fr.tyrol.com/

Commentaires

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  1. Espérant que l on n y détectera pas des cas de dopage ou d assistance électrique qui transformeraient l épreuve en “Vélo…triche” !

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