Blois : la ministre de la santé Agnès Buzyn visse sa plaque

Agnès Buzyn est venue mardi 11 septembre poser une plaque commémorative au centre hospitalier de Blois, qui s’appellera désormais centre hospitalier Simone-Veil. Figure de la vie politique française, décédée le 30 juin 2017, Simone Veil était venue poser la première pierre de cet hôpital il y a 40 ans, en février 1978. Elle était alors ministre de la Santé. Elle avait probablement été moins chahutée que sa prédécesseur, à une semaine du dévoilement du très attendu autant que craint plan santé, annoncé comme une grande réforme du système de santé français…


« À l’aune d’une réforme du système de santé très attendue, je le sais, et au regard de ce que beaucoup déplorent – la dégradation des conditions de travail – l’hôpital est un symptôme du système de santé français ». Si Michel Audiard trouvait « curieux ce besoin chez les marins de faire des phrases », on pourrait adapter la citation à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, venue à Blois le 11 septembre inaugurer une plaque commémorative à la mémoire de Simone Veil, qui avait posé la première pierre d’un hôpital qui porte désormais son nom, en février 1978.

« 40 ans, l’âge de la maturité » dira à son tour le directeur Olivier Servaire-Lorenzet, après avoir présenté à la ministre son plan d’investissement de 120 M€ qui doit projeter le centre hospitalier Simone-Veil de Blois jusqu’en 2029. Agnès Buzyn ne sera sûrement plus ministre de la santé ; peut-être la remplacera-t-il ? « Ce changement de nom nous oblige » rajoutera-t-il encore, dans la salle polyvalente de l’Ehpad La Roselière, garnie d’invités filtrés à l’entrée, les syndicats étant invités poliment mais fermement à rester derrière les portes, mais ils se sont copieusement fait entendre. « Le principal ennemi, c’est le conservatisme. Nous devrons être ambitieux, audacieux mais aussi courageux » conclura-t-il. On ne saurait mieux dire. 

Rappelant à juste titre qu’un hôpital est bien souvent « le premier employeur d’une ville », surtout celles de même strate que Blois, Agnès Buzyn n’a pas éludé le principal problème de la surcharge des hôpitaux français : ils sont devenus le palliatif d’une médecine de ville défaillante, et combien plus dans les villes moyennes de départements peu attractif pour des étudiants en médecine déjà peu enclin à l’installation… « C’est la raison pour laquelle la réforme que je présenterai en conseil des ministres le 18 septembre n’est pas une réforme de l’hôpital, mais une réforme globale qui vise à mieux organiser la médecine de ville. Une réorganisation générale dont j’espère qu’à l’issue l’hôpital sera remis au cœur du système de santé, à sa juste place ».

Bénédicte Girolet, orthophoniste au Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP), essaie de se faire entendre de la ministre A. Buzyn.

Dans la salle, on a écouté religieusement la ministre, mais sans trop y croire. Chacun – et surtout chacune – y va de son commentaire, et, pour ceux – et celles – qui ont pu lire quelques indiscrétions sur ce fameux plan santé, c’est toujours le même refrain qui sort de la boîte : davantage d’économies à réaliser, des suppressions de lits, de postes, etc. Les orthophonistes ont bien tenté de lui remettre en main propre un rapport sur la revalorisation de leur diplôme à Bac + 5 (ce qu’il devrait être) au lieu du Bac + 3 actuel, avec les conditions salariales qui vont avec pour les praticiennes hospitalières. La ministre a écouté, indiqué qu’elle « savait », que « le dialogue allait reprendre »… (1)

« 24 lits sont gelés en réadaptation, il y a le projet de vente d’un Ehpad qui plane dans l’air, plus le reste, et le reste ça n’est pas un petit peu ! » exprimait avec ras le bol une aide soignante CGT à l’entrée du centre hospitalier Simone-Veil, en attendant l’arrivée de la ministre. Environ 150 syndicalistes hospitaliers lui avaient réservé un accueil sous les huées, rejoints par ceux de l’hôpital de Vierzon, en grève depuis le 11 juin (2).  Agnès Buzyn ne peut l’ignorer, partout où elle passe c’est la même chose : il n’est pas besoin d’appareil à mesurer la tension pour sentir qu’elle est palpable…

F.Sabourin

(1) Notamment Bénédicte Girolet, orthophoniste au Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) à l’hôpital, des consultations pour les 0 à 6 ans de tout le département soit actuellement 379 familles en besoin).

(2) Pour le maintien de tous ses services, le financement et la modernisation du bloc opératoire, la reprise de la dette structurelle et le maintien de 25,5 équivalent temps plein menacés de suppression.

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