Orléans : qui a voulu la peau des bancs de la station tram Royale-Châtelet ?

Les usagers – surtout âgés – du tramway orléanais ont sûrement remarqué la disparition des bancs de la station Royale-Châtelet. Il n’en fallait pas plus pour que Michel Ricoud prenne sa plume pour alerter le banc et l’arrière banc sur la disparition des… bancs.

C’est un courrier de réclamation envoyé à la société Keolis en juillet dernier, au sujet du remplacement des bancs de la station tram Royale-Châtelet par des appuis « ischiatiques » (voir photo pour plus de compréhension) et que Magcentre a pu consulter, qui a révélé l’affaire. Mais pourquoi diable avoir mis de si inconfortables choses en échange des bancs ? Il n’en fallait pas plus pour incriminer l’Architecte des bâtiments de France, souvent accusé d’être un empêcheur de tourner en rond. « Permettez-moi de vous dire mon total désaccord avec cette décision car ce sont les usagers notamment les plus âgés qui sont pénalisés », s’insurge Michel Ricoud, conseiller municipal de La Source et élu Métropolitain (Front de Gauche).

La réponse à ce courrier est faite par l’adjointe au maire d’Orléans déléguée au centre-ville Brigitte Ricard : « Ce choix de mobilier a été validé pour des raisons esthétiques et architecturales, avec avis de l’ABF, la station étant en zone classée. De plus, la mise en place de ces appuis ischiatiques a été privilégiée afin d’aérer l’espace sous les arcades et, ainsi, faciliter la circulation des piétons ».

Interrogé sur le sujet d’un possible « retoquage » des bancs par l’ABF, nous avons donc sollicité Pascal Parras, Architecte des bâtiments de France. Ce dernier, pas autorisé à répondre directement aux journalistes, nous renvoie au service de communication de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), qui elle indique que : « le service n’a pas été sollicité sur l’installation de bancs au niveau des arrêts de TRAM. Il n’a donc pas émis d’avis négatif ».

Un avis de l’ABF sur l’ensemble du projet des arcades de la rue Royale

Mais alors qui donc a décidé d’ôter ces fameux bancs, et qui a donné l’autorisation d’installer les inconfortables – pour les personnes âgées – « appuis ischiatiques » ? Brigitte Ricard dissipe le brouillard qui commençait à monter des rives de la Loire : « La rénovation de la rue Royale et des Arcades a été l’occasion de revoir l’ensemble du mobilier urbain de la rue (panneaux, nouvelles corbeilles) et également les assises de la station Royale-Châtelet. Des riverains mais également des usagers se plaignaient de leur occupation permanente par des squatteurs bruyants et indélicats, de jours comme de nuits. Par conséquent, encore avec les riverains et les commerçants il a été décidé de supprimer les bancs et de les remplacer par un mobilier plus adéquat tout en restant confortable. Le choix s’est porté sur des appuis « assis- debout » permettant aux usagers de s’appuyer dessus en attendant le Tram sans pour autant permettre les attroupements. La suppression des bancs, installés parallèlement à la station entre les piliers, a permis de fluidifier la montée et descente des usagers du tram ».

Par ailleurs, et concernant l’ABF, la maire adjointe déléguée au centre-ville indique qu’il « a été associé à l’ensemble des Comités de Pilotage de la rénovation de la rue Royale. Le permis de construire pour lequel l’avis de l’ABF est demandé, mentionnait bien les « assis-debout ». L’ABF s’est prononcé sur l’ensemble du projet mais n’avait pas à émettre un avis spécifique pour le mobilier ».

En attendant, les personnes qui souhaiteraient s’asseoir en attendant le tramway à la station Royale-Châtelet peuvent soit rester « assis-debout », soit tester les fameux « appuis ischiatique », qui portent bien leur nom…

F.Sabourin

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