Hop pop hop: la musique nouvelle est arrivée

C’est dors et déjà devenu une tradition à Orléans: depuis trois ans la déambulation des amateurs de patrimoine croise celle, non moins nombreuse, des amateurs de musique innovante se retrouvant parfois dans les mêmes lieux comme la salle de l’Institut ou à l’évêché. Et il faut bien dire que le festival Hop Pop Hop lancé par l’Astrolabe gagne chaque année plus d’adeptes puisque la journée du samedi affichait complet sur les six lieux de concerts du centre ville, ce qui prouve au passage qu’un festival fusse-t-il payant, peut attirer un large public avec une proposition de qualité, renvoyant la gratuité culturelle à une forme de démagogie…

Baloji photo Marie Line Bonneau

Mais revenons à cette impressionnante programmation de Hop Pop Hop,  avec pas moins de trente cinq concerts en six lieux sans compter les concerts décentralisés, proposant un véritable panorama plutôt haut de gamme de la jeune création européenne en musique amplifiée (parfois un peu trop…). Et pendant deux jours, on a eu droit à Orléans à un véritable catalogue de musique live, un vrai Lab’O qui mêle tous les genres musicaux, dans des registres qui vont du très expérimental au plus traditionnel en passant par le clairement dérisoire et humoristique, juste histoire de se reposer un peu les neurones acoustiques.

The Liminanas photo Marie Line Bonneau

Quelques coups de cœur dans une programmation qui réalise le tour de force de ne jamais décevoir par l’originalité et l’éclectisme de ses choix: on a aimé les africains de Baloji, mélange épicé transgenre avec un look de sapeurs et chapeau de clergyman pour une chanson dédiée à Bolloré, l’italien Mister Milano qui chante avec les mains un glamour de “lacrima”, Malik Djoudi, un duo instrumental sophistiqué qui s’aventure dans une voix de haute contre, Aaron Cohen venu de New York pour un rap plutôt sombre, October Lieber, deux filles (il en manque un peu pour la parité dans ce petit monde…) plutôt synthétiques, Control Z, du dancefloor sympa venu de Nesploy en circuit court, le poético-électro Héron cendré pour se détendre l’oreille, la batterie de cuisine en folie de l’italien Dario Rossi pour une rave de récup, les londoniens de Gramme pour une pop aérienne et pour finir une mention spéciale pour les Orléanais du Bobun fever pour une grand messe érotico-tropicale avec baptême musical collectif qui fit danser jusqu’au fond de la salle!

Bobun Fever photo Marie Line Bonneau

Bref impossible évidemment de tout entendre durant ces deux jours un peu fous qui finirent tard dans la nuit de samedi, ( mais ce n’est pas le but du festival Hop Pop Hop, dont l’organisation était plutôt au top dans cet enchainement de concerts), mais il y a une vraie curiosité à découvrir ces artistes innovants  qui nous offrent un authentique plaisir musical, fait d’originalité et d’invention, en quelque sorte pour nous rincer l’ouïe d’une musique trop souvent “musicalement correcte” !

Gérard Poitou

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L’album photo du festival

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