Pont transbordeur de Rochefort : un chantier emblématique pour Baudin-Châteauneuf-sur-Loire (Loiret)

Il est 14h30 ce samedi, journée nationale du patrimoine. C’est l’événement à Rochefort. Sur la rive gauche de la Charente, une longue grue de forte capacité (450t) maintient le premier tronçon du nouveau tablier au sommet du pylône. C’est une pièce en acier de 17 mètres de longueur, la première d’un ensemble de 22 pièces qui, assemblées, relieront les 2 bords de la rivière, à 50 mètres au dessus de l’eau. La manœuvre est lente et délicate. Autour, le public circule sur la promenade aménagée au pied de l’édifice. Une cabane de chantier installée à proximité expose photos et graphiques. Toutes les étapes de la restauration et de la mise en sécurité du célèbre pont centenaire sont détaillée. 

On photographie, on filme, on commente. 

Pose du premier élément du tablier.

Une vitrine de 17 millions d’euros

Derrière la barrière de sécurité, Christian Croisier surveille les opérations, un talkie-walkie à la main. Ce jeune ingénieur est le responsable d’exploitation du chantier pour l’entreprise Baudin de Châteauneuf-sur-Loire qui a remporté l’appel d’offre. Il a le sourire, tout se passe comme prévu et le public est nombreux. Pour la société spécialisée du Loiret, l’enjeu est de taille. Il pèse 17 Millions  d’€. C’est une formidable vitrine pour afficher son savoir-faire : « Pour nous, ce chantier est emblématique, par sa durée, par son budget. Nous avons engagé beaucoup de moyens humains, ici sur place et à Châteauneuf », précise le technicien. Les études, la fabrication et le montage ont été réalisés dans les ateliers du Loiret. 

Christian Croisier, responsable d’exploitation.

Un chantier emblématique pour une autre raison, historique celle-là ! Christian Groisier rappelle que Ferdinand Arnodin, le concepteur du pont transbordeur avait installé ses ateliers à Chateauneuf-sur-Loire au début du siècle dernier : 

« Châteauneuf, c’est la capitale des ponts ! » ajoute-t-il fièrement. Et on peut découvrir les souvenirs d’Arnodin, de ses réalisations et de ses innovations dans le musée de la  petite ville des bords de Loire.

Le pont transbordeur enjambe la Charente à Rochefort.

Le chantier de Rochefort va coûter à l’Etat, toutes dépenses confondues, 22,8 millions d’€. C’est le plus gros chantier financé par le ministère de la culture en province. Sa durée est exceptionnelle : 3 ans. 

Il s’agit d’une restauration complète et d’une mise en sécurité générale. 

Après la tempête Xynthia

Les dégâts provoqués par la tempête Xynthia en 2010 ont incité les affaires culturelles à réaliser ces gigantesques travaux. Le tablier de 175 mètres est remplacé. Les câbles sont inspectés et changées. Les pylônes sont nettoyés, débarrassés de l’amiante, et repeints. La nacelle est décapée et traitée contre la corrosion. Les massifs d’ancrage à l’arrière des pylônes sont percés pour installer les nouveaux tirants d’amarrage.

Les travaux ont démarré en septembre 2016. L’ouvrage avec sa couleur noire d’origine, sera rendu à la circulation l’an prochain si tout va bien. 

Le pont transbordeur de Rochefort est le dernier en France. Il n’en reste que 8 dans le monde.

Philippe Voisin

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