Sénat : bon gré, mal gré, Benalla sera mercredi devant la commission

A la veille de l’audition d’Alexandre Benalla mercredi matin à 10 heures, le bras de fer continue entre les tenants de l’Elysée et la Haute assemblée.  François Patriat, le patron de la poignée de sénateurs LREM, a fait savoir que les trois sénateurs membres de son groupe siégeant à la commission n’y participeraient pas. « Nous pensons que le Sénat, sous couvert de raison, n’a qu’un seul but : faire de la récupération politique. Ce n’est pas Benalla qui intéresse la droite ou la gauche, c’est en fin de compte vouloir atteindre l’Elysée, viser directement le chef de l’Etat, et ça ne nous parait absolument pas acceptable », s’est écrié le sénateur LREM de Côte d’Or sur Europe1.

Alexandre Benalla au JT de TF1

L’audition d’Alexandre Benalla, ancien chargé de mission à L’Elysée, mis en examen notamment pour “violences en réunion” en marge du défilé du 1er mai, n’en finit pas de faire éructer l’exécutif. La semaine dernière, coup de fil du président de la République à celui du Sénat, mise en garde de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, qui accuse la commission d’enquête de ne pas respecter la séparation des pouvoirs et hauts cris du secrétaire d’Etat Christophe Castaner dénonçant une volonté de destituer le président Macron.

Il y a encore, aujourd’hui, des non-dits, des imprécisions (…)”

Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret.

« En dépit des polémiques et même des insultes, la commission d’enquête parlementaire constituée au Sénat sur ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Benalla » poursuit ses travaux avec calme, sérénité, vigilance et détermination »,  fait savoir Jean-Pierre Sueur qui en est le co-rapporteur. « La Constitution confie au Parlement la tâche de voter la loi. Elle lui donne, par son article 24 une deuxième mission, contrôler le gouvernement, évaluer les politique publiques et l’article 51 dispose que, pour l’exercice de ces missions de contrôle et d’évaluation des commissions d’enquête peuvent être créées. L’ordonnance du 17 novembre 1958 dispose que toute personne dont la commission d’enquête a jugé l’audition utile est tenue de déférer à cette convocation » ajoute-t-il.  Et le sénateur PS du Loiret de conclure : « Notre tâche n’est pas celle de la justice. Nous nous attachons donc à ce qui relève de l’Etat, de la puissance publique, des services publics. Nous nous attachons à connaître la vérité. Il y a encore, aujourd’hui,  des non-dits, des imprécisions, des ambiguïtés et des contradictions. Nous souhaitons à connaître tous les dysfonctionnements qui ont pu apparaître à tous les niveaux et nous ferons des propositions pour mettre fin à ces dysfonctionnements ».

“Ce n’est pas un crime contre l’humanité”

Invité du JT de TF1, le patron du MODEM, François Bayrou qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle, a affirmé qu’il « n’y a rien à craindre pour le Président de la République de l’audition du Sénat. Le rôle du président de la république est extrêmement clair, inscrit dans la constitution. Les actes d’Alexandre Benalla sont naturellement répréhensibles, mais ce n’est pas un crime contre l’humanité. Il faut relativiser et rééquilibrer ». Un conseil d’ami à Elysée.

Françoise Cariès.

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