Région : les «pôle de compétitivité» cherchent à évoluer, en visant l’international

Faire émerger des projets collaboratifs innovants de recherche et développement ; accompagner les entreprises lors de la mise sur le marché de nouveaux produits et services : les pôles de compétitivité, qui regroupent plusieurs entreprises sur un territoire donné autour d’une thématique précise, sont chouchoutés par la Région. Elle rassemblait ses présidents lundi 17 septembre, suite à l’appel à candidature nationale lancé par Édouard Philippe en juillet dernier, et les projets d’évolution de ces pôles en Centre-Val de Loire.

Les présidents des pôles de compétitivité, et des clusters de Centre-Val de Loire.

Une usine à gaz ? Vu de l’extérieur, ça y ressemble. Ils sont quatre, en région Centre-Val de Loire : Cosmetic Valley (les cosmétiques), S2E2 (systèmes d’énergie électrique), Elastopole (produits caoutchouteux pour l’aéronautique et l’automobile) et Dream (eau, assainissement). Ces pôles de compétitivité reçoivent 680.000 € de la Région. Ils ne sont pas seuls : dix « clusters » (1) reçoivent eux 748.000 € de « soutien et d’accompagnement ». Le président François Bonneau le répète sur tous les tons, tous les modes : « le développement économique des pôles de compétitivité de la région, en lien avec la DIRECCTE (2), c’est majeur ! ». Une fois qu’on a dit ça, on fait comment, s’interroge le contribuable régional ? « L’idée est d’augmenter l’ambition et la puissance des pôles de compétitivité sur le territoire » appuie Patrice Greliche, directeur de la DIRECCTE Centre-Val de Loire. On n’est pas beaucoup plus avancé.

Grand raout économique régional le 12 novembre prochain à Orléans

Pour faire partie de ces pôles de compétitivité, il faut pour un groupement d’entreprises pouvoir afficher au moins 150 adhérents au cours des six dernières années, avoir dégagé de la croissance entre 2013 et 2018, 50 % de financements privés minimums, et au moins 10 M€ de chiffre d’affaires. Aéronautique, agroalimentaire, biotechnologies, optique, chimie, transports, bioressources ; PME et grands groupes, organismes de recherche (laboratoires) et établissements de formation : derrière ces thématiques, de la recherche, de l’innovation, et – c’est ce que tout le monde espère, même en « traversant la rue » – des emplois. « Le développement de la plupart de ces entreprises se fera aussi et même surtout pour certaines à l’international. L’État nous dit : dans trois ans, il y aura 50 % de budget en moins. Il est donc vital pour nous de décrocher des financements européens, et d’être dans le bon wagon » explique René Revault, président d’Elastopole, qui envisage de se rapprocher d’un pôle de plastique à Oyonnax (Ain) et d’un pôle métallurgie à Metz.

Le 12 novembre prochain, à Orléans au centre de conférences, se dérouleront les rencontres régionales de l’économie sous l’égide de l’agence régionale de l’économie Dev’Up, avec 26 espaces de rencontres et deux tables rondes : une sur la place des clusters, des PME et le positionnement international ; l’autre sur la place industrielle de la région. Cette dernière, dans certains domaines notamment l’aéronautique, peut désormais rivaliser – toutes choses égales par ailleurs – avec les spécialistes reconnues du genre, l’Occitanie par exemple. Il sera toujours temps de dissiper un peu le brouillard qui entoure ces fameux « pôles »…

F.Sabourin

(1) Shop Expert Valley ; AREA ; NEKOE ; Polepharma ; Aérocentre ; Noveco ; Valbiom ; les Champs du Possible ; Agreen tech Valley ; GEAR.
(2) Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

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