Côte d’Or, épique époque (4) : le MuséoParc d’Alésia chez les Gaulois réfractaires aux…Romains

Comme Marignan, 1515,  la Révolution, 1789, l’Armistice, 8 mai 45, voire mai 68, Alésia fait partie de ces fondamentaux numérotés de notre Histoire, aujourd’hui dites, « de notre roman national ». La date, -52 avant Jésus christ ne rajeunit pas le Gaulois qui sommeille en nous. Réfractaire ou pas au changement…

Une belle structure en béton à l’intérieur, habillée de bois à l’extérieur.

Mais le personnage qui personnifie Alésia a de la gueule et de la moustache à la José Bové. Et puis surtout disons les choses, le succès planétaire d’Astérix a permis à Alésia et à Vercingétorix de rester figure historique auprès des jeunes français de 7 à 77 ans. Notoriété d’autant plus remarquable que notre rassembleur des peuples gaulois s’y est inclinée, tablier de sapeur en berne, devant l’invincible et majestueux César.

Le monument phare du département

Ni un parc d’attraction, ni un musée.

Il n’en fallait pas plus pour que le Conseil départemental de la Côte d’Or caresse l’idée d’ériger sur le site de la bataille un MuséoParc, destiné à devenir le monument phare du département et qui ouvrit ses portes en 2012. « Ni un parc d’attraction, ni un musée », explique Stéphanie Focé, la responsable de la communication du site. Une fois sur zone, devant le beau et pertinent bâtiment érigé par le cabinet Tschumi, bardé de bois et coiffé de verdure, qui accueille en moyenne 80 000 personnes par an, le visiteur cherche en vain là haut sur l’oppidum à l’ouest du mont Auxois, la statue promise du héro gaulois qui mesure pourtant 6,60 mètres ! Pas de chance Vercingétorix avec son accoutrement hétéroclite, cheveux longs, bandelettes du moyen-âge dont on dit que Napoléon III a voulu y mettre un peu de son impérial personne (c’est pourquoi il l’a voulu très grand lui qu’Hugo traitait de “Napoléon le petit”), pas de chance le héro gaulois est caché par une rangée d’arbres…Cachez ce vaincu que je saurais voir.

Un Vercingétorix de 6,60 mètres.

La statue rénovée est pourtant classée monument historique, mais il faudra encore quelques années de procédures diverses et variées, à la Française, pour que la statue soit incluse dans le panorama, centre d’interprétation, fortifications et statue de Vercingétorix. Ils sont parfois fous ces Gaulois…

Les fortifications, comment ça marche ?

Une fois salués l’œuvre du sculpteur Aimé Millet, (un travail de Romain) et le héro des Gaules, il est conseillé d’aller prendre le pouls des fortifications. Longues de 35km cumulées ces défenses, faites d’une série de talus en gazon, de palissades, de tours, et de pièges plus ou moins mortels propre à briser net les charges de cavalerie ou de fantassins. De là on comprend mieux les deux lignes, imaginés par les Romains, l’une qui bloque les Gaulois sur l’oppidum. Et l’autre dite de circonvallation qui protège les hommes de César d’une attaque venue de l’extérieur. Mieux qu’une potion magique pour terrasser les derniers gaulois !

Ces fortifications ont été reconstituées à l’endroit même des fouilles archéologiques commencées sous Napoléon III et celles plus récentes qui ont tordu le cou définitivement à des thèses qui  situaient Alésia en Franche-Comté, dans le Jura.

Des fortifications en forme de circonvallation.

Pour bien comprendre ce dispositif militaire qui illustre le génie romain de l’époque et qui avec la capitulation de Vercingétorix livré aux Romains, marque la fin de l’indépendance gauloise et l’émergence de la Gaule romaine, la visite au MuséoParc s’impose.

Derrière le bardage de bois, se cache une architecture résolument contemporaine servie à l’intérieur par les derniers outils numériques, maquettes, diaporamas, cartes, films, le centre d’interprétation résolument didactique dans une atmosphère sombre, replonge le visiteur dans ces années de la conquête romaine.  Les zones d’ombre de la bataille d’Alésia deviennent alors lumineuses.  La scénographie ludique ne cède jamais à la facilité et au folklore. On n’est pas au parc Astérix. A chacun sa vocation.

Ch.Bidault

Le Coq et ses gauloiseries

Cela tombe bien, en 2018 c’est le  coq, image emblématique du Gaulois, qui est le thème de l’exposition temporaire. 2018, année de la France championne du monde de football, année par essence donc du « cocorico » jusqu’au bout des ergots. D’où vient cette association entre les Gaulois et le coq ? Comme souvent, tout est parti d’un jeu de mot, d’une association abracadabrantesque que vous découvrez en sillonnant l’exposition dont les panneaux et les éléments iconographiques ne manquent pas d’humour. Qui plus que le coq a bien besoin de se moquer de lui-même, gallinacé tellement satisfait de ses performances militaires, sexuelles, sportives et autres qu’elles lui permettent de réveiller les honnêtes gens à cinq heures du matin ? Comment cet animal, plutôt benêt mais gonflé d’orgueil et d’auto-satisfaction a-t-il pu devenir sacré chez les Gaulois et devenir un attribut des rois de France puis des révolutionnaires de 89 ?

Au fil de cette passionnante exposition, on découvre que ce  coq a été de fait bien présents tout au long de notre histoire depuis les Gaulois. Non seulement on le retrouve dans les fouilles archéologiques menées à Alésia, mais par la suite il met sa crête partout sur des iconographies chrétiennes,  des statues allégoriques comme celle de l’Arc de Triomphe à Paris, sur « La France guidant le monde » une œuvre de Janet Lange (1815-1872), mais encore à la une du Petit journal, le coq chevauche  un canon de 75 sur une assiette en céramique à la gloire de 14-18, dans les coupures de la presse satirique il est omniprésent et la Fontaine y alla de sa fable , « Le coq et le renard ». Bien plus tard Brassens dans l’inoubliable « Quatre-vingt-quinze fois sur cent …la femme s’emmerde en baisant », en fait le « coq imbécile et prétentieux perché dessus », l’amant satisfait de ses perf, pour mieux le brocarder.

Coq des stupides combats, le coq du vin (150% français), le coq en pâte, le chant du coq, il est partout dans notre langue.  « C’est le coq qui chante mais c’est la poule qui pond les œufs », aurait dit de lui Margaret Thatcher. Faisait-elle référence aussi à ce matches de rugby ou les supporters tricolores lâchaient un coq à la pause sur la pelouse… ? Mais le plus beau cocorico revient à Coluche qui explique réaliste « pourquoi les Français ont choisi le coq comme emblème ? Mais parce que c’est le seul oiseau qui arrive à chanter fièrement les pieds dans la merde ».

Sous le cerisier

Une fois que vous aurez réussi à trouver, même avec GPS en bon état, « sous le cerisier »,la chambre d’hôte proposée par Laurence et Dominique est un vrai dépaysement pour ceux qui n’ont jamais dormi dans une maison en bois. Spacieuse, avec salon mezzanine, accès à un spa, jardin arboré grâce à la chaleur confortable du matériau, cette maison de bon goût est un régal pour une étape proche des sites de la Côte d’Or et en particulier d’Alésia à un kilomètre,qui ne vous laissera pas de bois. Copieux petit déjeuner, accueil sympathique et chaleureux.

Sous le cerisier, à Venarey-les-Laumes – Côte d’Or 
21150 Venarey-Les-Laumes

Tel. 33 (0)3 80 96 09 32
Tel.2 33 (0)6 41 82 17 50
laurence.bellouin@club-internet.fr

La chambre pour deux personnes : 90€, pour trois personnes 110€, quatre 130€

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