Yann Moix : « grossier sur la forme, indécent sur le fond »

Les regrets Yann Moix, natif d’Orléans, arrivent un peu tard. Samedi dernier, il aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de balancer tout à trac devant des policiers  présents dans « Terriens du samedi », l’émission de Thierry Ardisson sur C8, « la peur au ventre, vous n’avez pas les couilles d’aller dans des endroits dangereux ». Pensait-il que ces fonctionnaires  souvent caillassés en intervention, dont plusieurs sont morts en intervention, allaient entendre une telle sortie sans réagir ?

Le talentueux écrivain qu’est Yann Moix ne semble pas avoir mesuré la distance qui existe entre l’écrit et la parole et que, même à l’écrit il vaut souvent mieux donner plus de place à la raison qu’à l’émotion. Que sait-il vraiment de l’engagement quotidien des policiers ? Que sait-il vraiment de leur engagement, de leur vécu ?

Sa « merveilleuse sortie » a immédiatement créé la polémique chez les intéressés et sur les réseaux sociaux. Après avoir saisi le CSA, les syndicats de police ont hier déposé une plainte. « On ressent du mépris, de la haine, un irrespect », a expliqué Denis Jacob, le secrétaire général du syndicat Alternative police CFDT. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a également réagi : « Grossier sur la forme, indécent sur le fond : M. Moix a, à nouveau, tenu des propos intolérables à l’encontre de nos policiers. Je les condamne sans réserve et réaffirme mon soutien à nos forces de l’ordre dont je veux rappeler l’action exemplaire, partout sur le territoire », a posté sur Twitter le ministre, dans la matinée de dimanche.

Yann Moix semble avoir  pris conscience de la portée des propos qu’il a tenus à l’endroit des policiers. Interrogé ce mardi matin sur la chaîne d’information de LCI, l’écrivain a reconnu qu’il  « regrettait » les mots utilisés sur le plateau des « Terriens du Samedi, » qu’il juge désormais « grossiers. Mes propos n’ont pas été intelligents, il faut être fou pour être anti-flic ». Et de poursuivre, pour tenter de justifier son intempestif et démesuré agacement à l’antenne, la semaine dernière : « On a le droit de temps de se mettre en colère, ça sert parce que ça lance le débat », a-t-il lancé comme une bouteille à la mer.

F.C.

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