Faites ce que je dis…

Même en temps de nouveau monde, les vieux adages tiennent toujours bon : « faites ce que dis, ne faites pas ce que je fais », s’applique toujours. Un exemple en haut de l’affiche : François de Rugy le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, le petit bleu du gouvernement qui fut vert à ses débuts. Déjà lors de ses tout premiers pas ( !) après son intronisation à Matignon, il lui avait fallu une voiture officielle pour parcourir les quelques centaines de mètres qui le séparaient de son ministère.

À peine descendu de son perchoir le voici reparti vers les cimes… Dans un précédent numéro, le Canard Enchainé  narre la façon désopilante dont François De Rugy s’est fait transporter en hélicoptère à 1.700 mètres d’altitude pour une opération de com sur la réintroduction de l’ours dans le Béarn. Que n’a t-il accompagné les journalistes qui eux ont du grimper deux heures et quart sous le cagnard. Ensuite de quoi le ministre écolo a été contraint de faire la distance Pau-Bordeaux dans un Beechcraft affrété depuis Toulouse.

Le vélo dans toutes les bouches

François de Rugy, ministre de la transition écologique.

Il suffit de redescendre dans le plat pays du Centre-Val de Loire pour constater que la maxime « faites ce que… », S’applique partout. Voilà une région particulièrement tournée vers le vélo, les transports collectifs et la lutte contre la pollution. Ces jours derniers, les élus, François Bonneau, le président en tête, n’avaient que le  vélo à la bouche : plan vélo national, Loire à vélo succès planétaire et “le développement des pistes cyclables dans les agglomérations sont un impératif”. Or, il suffit de passer place Saint-Pierre-Lentin devant l’entrée de service du Conseil régional pour s’apercevoir que ces belles envolées ne s’appliquent pas aux élus. Un quarteron de limousines étaient en effet stationnées, collées à l’entrée, c’était un vendredi matin jour de commission permanente. Or, le Conseil régional bénéficie de places de parking à deux rues de là, maximum à cent mètres. Une distance que les élus ne peuvent donc pas parcourir à pieds ou… à vélo sait-on jamais.? Que doit penser l’automobiliste moyen qui lui, n’a pas l’autorisation de stationner sur le trottoir et qui se prend une prune salée si son ticket d’horodateur déborde de dix minutes ?

Le portable, interdit au collège, mais compagnon indispensable dans les “classes” démocratiques

Faites ce que je dis… suite.  Tous les élus dignes de ce nom et les Français ont applaudi des deux mains à l’interdiction du portable en classe dans les collèges. À juste titre. Mais il suffit de s’attarder un peu dans une assemblée délibérante, conseil municipal, conseil régional… pour flasher des élus braqués sur leur  portable, leur tablette, leur ordi, tandis que leur collègue ou le Président s’expriment. Élégant.

Comment s’étonner dès lors que le vote pour les extrêmes, on le verra encore aux Européennes, continue de grimper. Ce sont ces petites rivières de « détails » qui font les torrents de rejets populaires.

Certains élus (et hauts fonctionnaires) adorent les transports gratuits… lorsque c’est le contribuable qui paye le chauffeur et la voiture. Un DGS (Directeur général des services)  de Blois se faisait, avant sa retraite, raccompagner chaque soir chez lui à Orléans par une voiture du Conseil départemental. Et un vice-président de région, étiqueté PC, chargé des transports ferroviaires ne se déplaçait entre Orléans et Tours, qu’en voiture avec chauffeur.

Dès lors on ne voit pas bien pourquoi ces “élites” seraient contre la gratuité du transport collectif pour le bon peuple.

Ch.B

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