Bourges : l’Antre fait peaux neuves

Les arts contemporains, la musique électroacoustique, les performances d’artistes de toutes disciplines ont désormais un espace totalement dévolu, moderne, pratique et aux normes de sécurité dans la capitale du Berry. Un chantier débuté en 1992 par l’achat des locaux d’une usine désaffectée. Après les discours et le cocktail, expositions, concerts étaient au programme de la journée de fête.

Des élèves de l’Epide de Bourges ont réalisé un important travail photographique autour des peintures murales de l’Antre-peaux.

Débutée voilà plus de 25 ans avec l’implantation de l’association culturelle Emmetrop sur une friche industrielle, à Bourges, l’expérience Antre peaux a pris un nouveau tournant avec l’inauguration des travaux de la dernière phase commencée dès 2012. Une longue journée que celle inaugurale avec une inauguration officielle, des spectacles, des installations sonores et visuelles, des concerts et autres agitations sur le dance floor.

La Région Centre Val de Loire conduite par le président François Bonneau a été l’un des grands financeurs du projet.

Si élus locaux et régionaux étaient donc présents sur le site pour les discours, ils étaient aussi présents pour montrer leur intérêt dans la démarche artistique berruyère entamée à la fin du siècle dernier. L’Antre peaux est un lieu d’expression tout azimuts, une véritable institution dans l’univers culturel berruyer. Là, on accueille des concerts, des expositions d’art contemporain, des performances d’un jour ou d’un soir, un temps même des manifestations circassiennes. Plusieurs associations sont ainsi hébergées sur la friche comme Bandits-Mages ou Emmetrop.

2016, ouverture du Transpalette

En octobre 2016, la validation de la fin de la deuxième tranche des travaux, subventionnée par l’État et la Région Centre Val de Loire, essentiellement pour la mise aux normes des lieux en matière de sécurité et d’accessibilité, et notamment la réhabilitation totale de l’espace d’art contemporain, le Transpalette, avait déjà permis de mesurer le chemin parcouru depuis la prise de possession de la friche de la route de la Chapelle, les locaux des usines Leiseing. Avec la clôture de cette nouvelle tranche, c’est désormais l’ensemble du site qui peut accueillir expos, visiteurs, concerts et public. Emmetrop, par exemple, peut ainsi travailler à partir d’un studio de postproduction, d’un studio de danse, d’un centre de ressource et d’un nouveau local technique.
Le parcours a commencé en 1995. Cette année là, la musique actuelle avait été dotée de trois studios de répétitions. Trois ans plus tard, Transpalette, le centre d’art contemporain, voyait le jour. Puis Bandits-Mages, une association d’arts visuels, était venu s’implanter sur le site. C’est en 2000 qu’a ensuite été créé Haïdouc, la galerie de production de l’association. Et il faudra attendre 2008 pour que la salle de spectacle, Le Nadir, ouvre ses portes, et mette un terme à la première phase de travaux. Enfin, en 2012, le projet de réhabilitation, la phase 2 de l’Antre Peaux, était amorcée.

Une renaissance pour un lieu pionnier en Région Centre-Val de Loire

Certains bâtiments ont conservé leur cachet friche industrielle.

Pour Erik Noulette, coordinateur du secteur Art contemporain, entre autres fonctions, la nouvelle mouture est « Une renaissance pour notre lieu-projet pionnier en Région Centre-Val de Loire. Chancres urbains, friches, usines, gares, abattoirs… désaffectés ont tout d’abord constitué une réponse en urgence, des abris de fortune face à l’explosion des comportements, des aspirations, et des pratiques artistiques, associatives, activistes du début des années 80. Aujourd’hui ces hétérotrophies, vaisseaux fantômes, tapis volants, tentes d’indiens, terrains, friches artistiques, lieux hybrides poursuivent en France et ailleurs l’élaboration d’autres possibles ». Et de souligner que la programmation était « voulue exceptionnelle, truffée de pépites de diamants » pour une « fête en forme de rituel de transition, puisque l’on ne pend plus que rarement la crémaillère ».

L’Antre-peaux peut désormais afficher un plan complet.

Chaque secteur du site avait, de fait, une forme d’indépendance artistique. Le collectif Arthésis, pour une installation sonore, ou les travaux photographiques des élèves de l’Epide, avaient pris place au Transpalette. Jean-Claude Dreyfus, pour une lecture musicale et, en fin de soirée, une série de concerts – Les tétines noires, Christeene, Infecticide, Irène Dresel, Krak in dub feat tray Berkley – étaient au Nadir. Quant au spectacle Dub Lov, issu de la collaboration des chorégraphes François Chaignaud et Cecilia Bengolea avec le DJ de dub (genre musical issu du reggae) réunionnais High Elements, il se déroulait dans l’espace Houlocène. Autant de points d’intérêts que d’endroits réhabilités.

De quoi, de visu, mettre une image au regard de chacune des lignes budgétaires des travaux. Le coût global des travaux dépasse les 2,7 millions d’Euros. 20 % étaient à la charge de la ville de Bourges. Les 80 % restant étant répartis à part, presque, égale pour la région Centre-Val de Loire et l’État.

Fabrice Simoès

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