Aznavour, un visage de la France

D’où il est Charles Aznavour n’a pas du bouder son plaisir devant l’hommage que la France lui a rendu aux Invalides. L’homme et l’artiste ont toujours eu besoin d’une légitime reconnaissance. Dans ce haut lieu de la République au cours d’une émouvante et sobre cérémonie à laquelle participait le premier ministre d’Arménie notre pays l’a reconnu comme l’un des siens et lui a montré combien il  est fier de le compter parmi les siens.

Enfant de la diaspora arménienne, le chanteur a toujours dit qu’il était « Français à cent pour cent et que ses racines étaient en Arménie ». Il était donc important que le premier ministre d’Arménie soit présent et que, devant le cercueil recouvert d’un drapeau tricolore, il dépose une gerbe de roses aux trois couleurs du drapeau arménien. Dans son hommage, l’homme fort d’Erevan a dit sa fierté et celle de sa nation toute entière pour cet homme petit par la taille mais si grand par le talent, la volonté, l’empathie et la justesse de vue, ce petit homme qui n’a jamais oublié le pays de ses origines et a soutenu à sa cause, ce petit homme qui rêvai de devenir centenaire.

Notre président de la République qui aligne les impairs quand il s’adresse aux gens de France  dans ses déplacements a su porter une parole juste dans son hommage à Charles Aznavour. « Charles Aznavour est devenu unanimement un des visages de la France », a commencé Emmanuel Macron, remettant inlassablement son propos dans le contexte  national. « Au fil des années, cette présence, cette voix, cette intonation reconnaissable entre toutes s’est installée dans nos vies, quelle que soit notre condition, quel que soit notre âge … Il fut un artiste qui n’a cessé de s’abreuver à la langue française  qu’il sut faire vivre … Ses chansons furent pour des millions de personnes un baume, un remède, un réconfort », a-t-il encore ajouté.

La langue et la chair

Emmanuel Macron a évoqué les parents arméniens de Charles Aznavour, né Shahnourh Varinag Aznavourian à Paris en 1924, et devenu « français par la langue. C’est par là qu’Aznavour devint ainsi français et même disait-il parisien, ancrant par les mots son imaginaire dans une identité qui n’était pas celle de ses parents, prenant pied dans la longue tradition des conteurs, des poètes. Il savait, dans sa chair, que la France véritable est celle qui accueille, qui ne se racornit pas dans la peur obsidionale mais continue de vivre dans l’hospitalité », a souligné le président apportant ainsi un vigoureux démenti à tous ceux qui font l’éloge du communautarisme et du déclinisme de notre pays, et leur opposant un message d’ouverture et de fraternité  qui grâce aux media a retenti dans le monde entier et fera son chemin. Ce message-là aurait bien plu à Charles Aznavour qui devait se rendre en Arménie la semaine prochaine avec Emmanuel Macron, pour le sommet de la Francophonie.

F.C.

Commentaires

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  1. Charles Aznavour : “La France m’a tout donné.”
    … je vis en Suisse.
    Petit rappel à l’usage des zélateurs béats.

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