Karine Gloanec-Maurin, eurodéputée : « Ne reculons pas sur l’esprit européen »

Eurodéputée depuis juin dernier en remplacement de Jean-Claude Denanot, la Loir-et-Chérienne Karine Gloanec-Maurin a fait part de son optimisme raisonnable sur l’avenir de l’Europe le 6 octobre dernier lors d’un échange de terrain avec les membres du think tank blésois du Cercle de l’Abbé Grégoire.

Présidé par Jean-Luc Malherbe, professeur de mathématiques à Orléans et conseiller municipal MoDem de Blois, ce cercle humaniste ratisse large sur le plan politique puisque dans l’assemblée présente pour assister à ce débat sur le thème de la “crise de l’Europe ou l’Europe en crise ?”, on trouvait Frédéric Orain, 1er secrétaire fédéral du PS, Louis Buteau conseiller municipal de Blois, co-animateur du comité LREM de Blois-Agglomération ou encore « le vétéran » de la politique locale Jacques Chauvin (L.R) également conseiller municipal.

“Ne pas opposer les gentils européens et les méchants populistes”

Animé avec par Hervé Mesnager (Parti radical de gauche et CFDT, ex conseiller municipal de Blois et ex candidat aux sénatoriales) le débat et les échanges avec cette militante de l’Europe, qui siège à commission agriculture et développement durable, a en tout cas mis en lumière les difficultés actuelles de l’Union européenne confronté à la crise migratoire mais aussi à la montée des populismes en Pologne, Hongrie ou encore en Italie.

« Même si l’intégration des pays de l’Est pose questions, ne dramatisons pas ce moment de notre histoire. Cette crise ne doit pas être jugée lors des prochaines élections européennes. Les flux migratoires font partie de l’histoire de l’Europe qui s’est construite à partir de populations venant de différents horizons. Mais, nous devons bâtir une vraie réglementation en mettant à plat par exemple les accords de Dublin (1) » a tout d’abord rappelé K. Gloanec-Maurin qui siège au sein du groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates. (1)

« Il ne pas faut pas masquer la crise de notre identité et ne pas opposer les gentils européens et les méchants populistes ! ». Hervé Mesnager a toutefois apporté un bémol à ce consensus. Une parole de bon sens alors même que les derniers sondages créditent les partis anti-européens de plus de 40 % des voix lors des élections du 26 mai prochain.

Quelles raisons d’espérer ?

La question de l’Europe bouc-émissaire des nombreux problème sociaux et économiques a aussi été abordée alors même que les décisions européennes vont souvent dans le sens d’une protection renforcée à l’image de la nouvelle législation des droits d’auteurs à l’ère du numérique. La position adoptée par le Parlement européen permettra en effet d’encadrer l’activité des GAFA en les empêchant de diffuser massivement les œuvres des artistes européens sans autorisation et rémunération. « C’est un acte d’affirmation de notre souveraineté européenne » a souligné Karine Gloanec-Maurin dont on connait l’engagement pour la culture.

Plusieurs intervenants ont aussi dénoncé « le pillage fiscal organisé depuis le Luxembourg » avec l’assentiment de la commission Juncker. Cette absence d’harmonisation fiscale engendre ainsi un important manque à gagner de ressources permettant le développement de politiques sociales par exemple. Ou encore les traités comme le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) avec le Canada dont l’esprit libre-échangiste est une menace sur les producteurs européens.

« C’est à nous d’envoyer un message positif, d’expliquer la complexité des votes et la nécessaire recherche de compromis. Nous devons rester sur nos valeurs. Pour ma part, j’aspire à une Europe fédérale avec moins de pouvoir pour le Conseil » a insisté avec force l’eurodéputée en avançant ses propositions pour contrer la crise politique : mise en place d’une gouvernance plus réactive, Parlement européen de plein exercice, plus d’intégration économique et financière pour les pays de la zone Euro…

Dans ce climat un brin morose, les raisons d’espérer existent cependant comme le succès des échanges universitaires du programme Erasmus + qui devrait être élargi aux publics défavorisés (2). Il faudrait y intégrer un module sur notre histoire commune a aussi suggéré un participant. Car c’est bien la jeunesse qui doit servir ce moteur à l’Europe. Faute de quoi, le retour des nationalismes pourrait mettre en péril la paix et la stabilité du Vieux continent, deuxième puissance économique mondiale derrière les États-Unis, rappelons-le.

Jean-Luc Vezon

(1) Le 9 novembre, KGM sera présente à la Fondation Jean Jaurès pour un débat sur le sujet avec l’historien Etienne François.
(2) Créé en 1987, le programme Erasmus permettait à l’origine aux seuls étudiants de partir suivre une année de cursus à l’étranger. Il n’a cessé de s’étendre, passant de 11 pays à 33 pays. Désormais nommé Erasmus+, il a été étendu aux élèves du primaire et du secondaire, des lycées professionnels, demandeurs d’emplois, etc.

Contact : abbe.gregoire.cercle@gmail.com

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Les commentaires pour cet article sont clos.